Infos Plus Gabon (Libreville)
Envoyée spéciale, Célia Lebur
9 Janvier 2009
Le parc W, situé au carrefour du Niger, du Bénin et du Burkina Faso, auquel les méandres du fleuve Niger ont donné son nom, s'étend sur les trois pays qui se partagent la gestion de cette biosphère.
Le parc qui est l'emblème d'une intégration régionale ouest africaine soucieuse de la protection de ses écosystèmes, est classé parmi l'un des derniers sanctuaires des mammifères d'Afrique de l'Ouest, et constitue, tout particulièrement au Niger, une ressource rare dans un pays sans cesse menacé par la désertification. Seulement, il faudrait concilier ces priorités environnementales avec le bien-être des populations.
Au départ de Niamey, si la route permet d'accéder en quelques heures à l'orée du parc, rien ne vaudra la descente en pirogue, qui glisse en douceur le long de la berge, et après deux jours de traversée de paysages désertiques. Seuls les baobabs et quelques cases de villages peuls émergent avec un sentiment de fourmillement, de foisonnement de vie, que les yeux devront distinguer, dans la végétation du parc.
Les Peuls constituent une ethnie présente dans une quinzaine de pays, en Afrique de l'Ouest, mais également au Tchad, en République Centrafricaine et au Soudan - une implantation géographique liée aux besoins des troupeaux de zébus et de chevaux, que la plupart élevaient à l'origine.
Dès les premiers abords du parc, les singes, curieux des touristes approchant, ne tardent pas à montrer le bout de leur museau. Et avec un peu de patience, l'oeil bien entraîné, il ne faudra pas non plus longtemps pour apercevoir troupeaux de buffles, hippotragus, céphalophes en tous genres, bien que l'on ne puisse parler ici de l'opulence de l'Afrique australe.
Sur le lit de la rivière Tapoa, encore bien irriguée après la saison des pluies, loin de l'agitation du fleuve Niger, où les embarcations des hommes filent sans cesse, où un peu plus bas, au village, les femmes pilent bruyamment le grain, un vieil éléphant, mâle solitaire, vient s'asperger, c'est l'heure de sa toilette. Car les habitants des alentours, en principe, ne vont plus dans le parc depuis qu'il est devenu zone protégée.
Déjà, au temps de l'Afrique occidentale française, la parc W avait été classé par l'administration coloniale, lorsqu'il n'y avait pas encore de frontières. Après l'indépendance, l'idée pour les trois pays de préserver ensemble la richesse de ces 10 000 km2 de nature sauvage en voie de dégradation émergera en 1984, et fait son chemin, jusqu'à aboutir le 12 mai 2000 à la Déclaration de la Tapoa, réaffirmant la volonté politique des trois Etats de lancer le projet de gestion durable du parc, à cheval sur leurs territoires.
Quand à l'Union européenne (UE), la source principale de financement du parc, elle y met en oeuvre un programme baptisé Ecopas (Ecosystèmes protégés de l'Afrique sahélienne).
« Ce formidable foyer de biodiversité animale et végétale, réunit près de 70 espèces de mammifères et 360 espèces d'oiseaux migrateurs », commente Assane Seidou, un zoologiste du parc. On y trouve des espèces en voie d'extinction ou quasi disparues, telles les girafes, autruches ou lamantins...
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