Le Potentiel (Kinshasa)

Guinée: Pressions sur la Guinée

12 Janvier 2009


Kinshasa — Les putschistes guinéens auront beau tenir leur discours de séduction, ils ne pourront desserrer la pression qui s'exerce sur eux. Disons, sur la Guinée. Certes, le président sénégalais est allé à leur secours. Il trouve «normal» leur geste politique et plaide pour qu'ils bénéficient des circonstances atténuantes.

Il en est de même de la France qui se montre tolérante à l' égard de la junte militaire. Elle n'a pas encore envisagée des mesures contre la Guinée mais a pourtant déclaré qu'elle se tenait «aux côtés du peuple guinéen».

Nonobstant ces deux attitudes « flexibles», l'épée de Damoclès reste suspendue sur la tête de la junte militaire et les premières décisions son en train de tomber. Il y a eu d'abord cette décision de l' Union africaine portant suspension de la Guinée en demandant aux putschistes de rétablir l'ordre constitutionnel. Et évidemment, d'organiser les élections conformément aux dispositions constitutionnelles. C'est- à -dire, dans soixante jours qui suivaient le décès de l'ancien président Lansana Conté.

La CEDEAO vient de réagir dans le même sens en excluant la Guinée. Elle exige également l'organisation des élections dans les meilleurs délais et demeure prête à apporter son concours pour ce faire.

La succession de ces décisions ne surprend pas les personnes avisées. Alors que les premiers discours de la junte commençaient à séduire, la tentative d'arrestation d'un opposant guinéen a été une première erreur politique de l'équipe au pouvoir. Malgré les explications fournies à ce sujet, qualifiant l'acte d'un fait isolé de quelques militaires trop zélés, ces arguments n'ont pas convaincu. Et comme pour donner raison à ceux qui ne croyaient pas à un acte isolé, l'interpellation de 20 généraux guinéens a mis en doute la volonté des putschistes de ne pas s'adonner à la chasse aux sorcières. C'est ainsi que les Etats-Unis, pessimistes, ont suspendu toute aide en direction de la Guinée, et ce jusqu'au déroulement des élections.

Cette pression risque de s'accentuer si les putschistes ne se décident pas à avancer la date de ces prochaines élections. A en croire plusieurs observateurs, celles-ci pourraient se tenir dans un délai de six mois. Période de grâce accordée justement à la junte militaire pour s'y pencher sérieusement tout en clarifiant sa position.

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A l'allure où vont les choses, les nouveaux dirigeants guinéens n'ont pas le choix. En fait, le capitaine Camara, désormais Commandant de par la volonté de la junte militaire, a été pris au mot. Lui qui avait déclaré n'avoir aucune ambition politique ni des penchants de conserver le pouvoir. Le seul moyen d'être compris, c'est d'avancer les dates des échéances électorales.

Il est un fait que la Guinée vient de rejoindre la Mauritanie dans le «box des mauvais élèves». Partant, l'Union africaine, l'Union européenne ou autres instances régionales ou internationales ne peuvent se dédire. Elles doivent être conséquentes avec elles-mêmes pour mieux véhiculer les convictions démocratiques. C'est là le problème fondamental et toute prise de pouvoir, quelles que soient les circonstances, est inacceptable.

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