L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Seth Andriamarohasina
12 Janvier 2009
Un incendie d'une rare intensité a dévasté, samedi, l'entreprise Pilatex à Antanetibe Ivato. Les difficultés rencontrées par les sapeurs-pompiers ont empêché de limiter les dégâts.
Les flammes ont dévoré une entreprise franche à Antanetibe-Ivato, samedi vers 6 heures 30 du matin.
Le feu a commencé dans les pièces P1 et P2 de la société Pilatex, productrice et exportatrice de foulards, de cravates et de sacoches, tissus et cuir qui ont aggravé la tâche des sapeurs pompiers. Ces derniers ont combattu le feu pendant trois heures d'affilée.
En même temps, l'équipe de secours d'urgence de la Jirama a coupé le courant qui alimente les locaux. Quatre véhicules de secours de la caserne de Tsaralalàna ont été dépêchés sur place.
Quatrième incident
Face aux flammes indomptables, l'eau contenue dans les citernes a été très vite épuisée. Elle a cependant permis aux soldats du feu de circonscrire l'incendie in extremis. La situation a été compliquée par l'absence de bouche d'incendie aux abords du bâtiment en feu.
Et ce fut une véritable course contre la montre. Les pompiers ont été obligés de s'approvisionner en eau dans un bras du lac d'Amboaroy à environ un kilomètre du sinistre, près des villas présidentielles.
Chaque camion-citerne devait faire une dizaine de déplacements pour venir à bout du redoutable embrasement.
À 8 heures, les sapeurs-pompiers de l'Asecna sont venus à la rescousse. Les sauveteurs ne sont retournés à la caserne que vers 14 heures. La partie Est du bâtiment a été à 95% détruite d'après un bilan provisoire.
«Un court-circuit dans les installations de l'entreprise est à l'origine de l'incendie», indique un responsable de l'équipe de secours de la Jirama. Il a mis en évidence que la société est alimentée par un courant force de 380 volts de tension et de 250 ampères d'intensité.
D'après lui, le poteau électrique source est doté de dispositifs de sécurité sensibles aux courts-circuits et à la moindre surtension. Un disjoncteur est installé sur le poteau et un autre prend le relais en cas de défaillance.
«Curieusement, aucun de ces dispositifs n'a sauté», a-t-il fait remarquer. Il a présumé qu'un problème au niveau du système électrique de l'entreprise aurait déclenché le feu.
La presse venue sur les lieux n'a pu pénétrer dans l'enceinte de la société. «La réponse est tout de suite non aux journalistes qui veulent entrer», a signifié une responsable.
Des ouvriers étaient attroupés devant le portail. Ceux qui ont travaillé la veille, ont relevé que c'est le quatrième incident de ce genre, le troisième se serait produit vendredi vers 15 heures.
Des électriciens ont alors effectué quelques réparations. Mais vers 17 heures, la situation s'est compliquée et l'électricité a dû être coupée dans l'enceinte. Le pire s'est produit le lendemain lorsque le courant a été rétabli.
L'incendie s'est déclaré dès que l'équipe de 6 heures a commencé à travailler. D'après les informations recueillies sur place, la même entreprise aurait frôlé la catastrophe en décembre 2008 pour la même raison.
Fouilles systématiques
Les sauveteurs bénévoles ont dû être fouillés systématiquement à leur sortie. En décembre, l'entreprise aurait été victime d'une attaque à main armée d'où la prise d'une telle mesure. Le gardien aurait été blessé au cou pendant le cambriolage.
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