Hamidou Sagna
12 Janvier 2009
Les prochaines élections locales sont en passe d'être inédites dans la région de Kolda. Car des femmes sont décidées à devenir maires de leur collectivité locale. Des ambitions qui naissent suite à la sensibilisation du projet Gouvernance pour l'autonomisation des femmes porté par l'Ong Fodde en partenariat ave l'Unifem.
Ça y est ! Les femmes de la région de Kolda vont en découdre avec les hommes aux prochaines locales de mars 2009. Deux d'entre elles ont affiché leur volonté de porter l'écharpe de maire. Ceux qui s'empressent de découvrir les visages de ces téméraires doivent encore garder leur mal en patience. Tout ce que l'on sait, c'est que la première a décidé de déclarer sa candidature à la mairie de Vélingara (125 km de Kolda). La seconde est native de Pata, une localité érigée en commune avec le dernier découpage administratif.
A force de les sensibiliser sur leurs capacités, les femmes, du moins deux d'entre elles pour le moment, ont fini par franchir les barrières érigées devant elles par les pesanteurs sociales. C'est le résultat d'une enquête réalisée par le projet Gouvernance pour l'autonomisation des femmes (Gaf).
Pata est une commune rurale, frontalière de la Gambie. La localité est sortie de l'anonymat grâce à ses périmètres maraîchers. C'est dans ce dur travail d'autonomisation financière que les femmes de Pata ont pris conscience de leurs capacités. Des femmes leaders, il n'en manque pas dans cette nouvelle commune. A Vélingara, par contre, la candidate déclarée à la mairie aura, à coup sûr, du fil à retordre. Car la ville est des plus politisées du pays. Aujourd'hui, en cette veille d'élections locales, le Pds y est traversé par des luttes de tendances quasi-mortelles. De quoi décourager la femme la plus téméraire.
'Dès les prochaines élections locales de 2009, nous voulons voir des femmes élues dans les conseils ruraux et municipaux', avait, cependant, lancé la responsable du volet Genre et services sociaux de base de Fodde, Mame Yacine Diop. Elle s'exprimait lors de l'atelier de lancement du Gaf à Médina El Hadj, une communauté rurale située à une quinzaine de kilomètres de la commune de Kolda. C'est, en effet, au cours de ces ateliers, au total quatre, que la sensibilisation avait commencé.
C'était au mois de septembre dernier. Pour faire sauter les barrières et libérer les femmes, le projet Gaf, fruit d'un partenariat entre l'Ong Fodde et l'Unifem, va mettre en place une plateforme régionale. Cette instance va fédérer les quatre autres plateformes qui seront mises en place dans les quatre collectivités locales où intervient Gaf. Elle va porter le plaidoyer des femmes auprès des collectivités locales, des partis politiques, des autorités administratives et des leaders d'opinion.
Des difficultés ne manquent pas. 'Au cours du premier trimestre de la mise en oeuvre effective des activités du projet, on était confronté aux tentatives de positionnement des femmes leaders pour soit être dans les organes de direction des plateformes, soit se préparer à être investies aux prochaines échéances électorales, ce qui est tout à fait légitime et montre l'intérêt qu'elles portent à l'accès aux instances de décision', souligne Amadou Yéro Diallo.
'Sur un autre plan, la logistique disponible ne nous permet pas d'avoir les moyens de notre ambition. En effet, imaginez l'étendue de la communauté rurale de Ndorna, deux fois plus grande que Thiès, pour ne prendre que cet exemple. Or, les animatrices recrutées et formées par le projet ne disposent pas de moyens de déplacement adéquats pour parcourir les villages du Kabada au Niampampou, distant parfois de 100 km pour un appui/conseil efficace des activités des groupements et des plateformes', déplore-t-il.
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