Kimp.
12 Janvier 2009
Le fils de l'ancien président libérien Charles Taylor vient d'être condamné à 97 ans de prison. La justice américaine l'a ainsi sanctionné lourdement pour les crimes (massacres, tortures, mutilations, exactions diverses) commis par lui-même ou sous ses ordres à l'époque où il dirigeait les services de sécurité du Liberia, sous le règne de son père.
Né aux Etats-Unis mais mal éduqué et peu instruit, Mc Arthur Taylor avait trouvé le moyen de briller dans la cruauté et les extravagances en tant que dignitaire du régime de son père. Agé d'une trentaine d'années, il est presque assuré de passer le reste de sa vie entre les quatre murs d'une cellule.
Manifestement, ce verdict n'a pas intéressé grand monde dans notre pays. Et, pourtant, la République Démocratique du Congo offre l'exemple parfait de l'alternance au pouvoir au gré des coups de force, depuis 1965.
Même ceux qui passent pour des élus du peuple et qui siègent présentement dans les institutions républicaines, gèrent les entreprises publiques ou qui opèrent au sein des services spéciaux (Armée, police, ANR, DGM, ex-Demiap) traînent pour la plupart un passé noir.
Combien d'auteurs de crimes de guerre et crimes contre l'humanité se recrutent-ils au sein de la nouvelle bourgeoise politique congolaise ?
Combien de ministres, de députés, de sénateurs, de gouverneurs de provinces, d'officiers supérieurs de l'armée et de la police, de diplomates, de cadres de la sécurité, de membres de cabinets politiques congolais ne méritent-ils, sinon pire que le fils de Charles Taylor, au moins le même sort ?
La République Démocratique du Congo apparaît comme un Etat bien singulier où tous ceux qui, hommes, femmes comme enfants, dans un passé encore récent, ont massacré, volé, violé, pillé, saccagé, sans s'être confessés publiquement et avoir demandé pardon, à défaut de répondre de leurs actes devant la justice, ont réussi à effacer, leurs crimes multidimensionnels d'un revers de la main.
Pire, certains poursuivent leur funeste besogne consistant à se moquer éperdument des droits de la personne humaine, à saigner le pays à blanc, à faire régner la terreur autour de leurs semblables, à exercer le droit de vie et de mort sur les autres, à les affamer, à les chosifier, à user et abuser du pouvoir d'Etat.
Si ceux qui entretiennent une double ou une triple nationalité avaient le malheur, comme Taylor fils, de tomber dans les filets de la justice de leurs pays d'adoption, peut-être beaucoup y réfléchiraient par deux fois avant de considérer leur parcelle de pouvoir d'Etat comme un instrument d'oppression des plus faibles.
Puisse la leçon de la justice américaine interpeller les Taylor congolais, assurés jusque-là de progresser allègrement dans la voie de l'impunité.
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