L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Andry Rajoelina discret

Fano Rakotondrazaka

13 Janvier 2009


C'est ce soir à minuit que l'ultimatum fixé par le maire d'Antananarivo à l'adresse de l'État expire. Si ce dernier ne rouvre pas la station Viva TV, la marge de manoeuvre d'Andry Rajoelina semble assez réduite.

Le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, reste discret sur la suite à donner aux revendications qu'il avait adressées le 17 décembre au pouvoir.

Il avait exigé, entre autres, la réouverture de la chaîne de télévision Viva TV, fermée récemment par le régime, ainsi que l'accès de toutes les tendances à l'audiovisuel public. Mais aucun mouvement n'est organisé, une journée avant l'expiration de l'ultimatum du 13 janvier.

Le fait est que la marge de manoeuvre du maire d'Antananarivo semble assez réduite face au rouleau compresseur qu'est l'État. On voit mal quelles actions il peut entreprendre, si jamais l'État ne réagit pas.

Ce qui semble d'ailleurs être plus qu'une probabilité. Andry Rajoelina se trouve ainsi dans un cul-de-sac. Si son ultimatum ressemble à un pétard mouillé, la belle solidarité témoignée par des milliers de fidèles, dimanche à Mahamasina, risque de fondre comme neige au soleil. Il n'a donc aucun droit à l'erreur.

Le premier magistrat de la ville entretient ainsi le suspense. Joint au téléphone hier soir, il s'est contenté de préciser que «l'ultimatum en question expirera le

13 janvier à minuit, mais pas dans la journée».

Contrairement à une source proche de la mairie, Andry Rajoelina a démenti par la suite sa présence à la réunion des opposants, tenue hier au domicile du président du Rassemblement du parti social démocrate (RPSD), Marson Evariste, à Androhibe.

Malgré tout, Andry Rajoelina a exprimé clairement à La Rotonde de Besarety, il y a moins d'un mois, que ses revendications devraient obtenir des résultats. Une déclaration qui l'engage à passer à l'acte, faute de réponse de la part du pouvoir.

Rassemblement

Dans la logique des choses, le maire de la capitale pourrait procéder à l'expulsion de la société audiovisuelle MBS appartenant au président de la République, Marc Ravalomanana, du domaine de la commune urbaine d'Antananarivo (CUA), à Anosipatrana.

Cette démarche est la moins risquée. Soutenu par la majorité des membres du conseil municipal, Andry Rajoelina exerce dans ce cas sa compétence de maire pour sanctionner la station dont les conditions d'installation à Anosipatrana sont déjà jugées injustes par des collaborateurs à la CUA.

Evariste Marson, quant à lui, n'exclut pas le rassemblement de forces avec le mouvement mené par Andry Rajoelina. Mais cela devrait respecter une stricte coordination.

Le chef de parti a avancé que l'opposition se chargera de l'amplification des revendications des libertés démocratiques dans les provinces. «Nous laissons Andry Rajoelina affronter le pouvoir dans la capitale», a-t-il soutenu hier.

Evariste Marson n'a pas non plus confirmé l'entrevue d'Andry Rajoelina avec les opposants à Androhibe. «Nous avons rencontré Andry Rajoelina auparavant, mais pas aujourd'hui», a-t-il souligné hier.

Dans le camp du pouvoir, réverend Andrianalijohn Ndriamanampy surnommé Satrobory, veut attaquer le maire de la capitale même s'il a déclaré que son approche n'a rien à voir avec l'affaire opposant Andry Rajoelina avec le régime. Satrobory a aussi lancé un ultimatum jusqu'au 12 janvier à minuit pour la démission du maire d'Antananarivo.

Il reproche à ce dernier de ne pas remplir ses obligations au sujet de l'assainissement, surtout des bas quartiers. Il menace de faire des manifestations contre Andry Rajoelina.

Encadré

Le préfet de police prêt à gérer les éventualités

Sur le plan du maintien de l'ordre, le préfet de police d'Antananarivo, Edmond Rakotomavo, a confié hier qu'aucune demande d'autorisation en vue de manifestations n'a été reçue à la préfecture de police à Tsimbazaza.

«Cela veut dire que rien n'est prévu. Aucune mesure n'est ainsi prise», a-t-il soutenu hier au téléphone.

Le responsable de sécurité qualifie de rumeurs les bruits qui circulent sur une éventuelle organisation des manifestations après l'expiration de l'ultimatum du

13 janvier ou de celui du 12 janvier. Il a ajouté que les dispositifs de sécurité à adopter dépendront de l'évolution de la situation.

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