L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Conditions drastiques pour les partis politiques

Iloniaina Alain

13 Janvier 2009


Les partis politiques devront avoir les reins solides pour subsister. Les dispositions contenues dans le projet de loi relatif aux partis sont très strictes, à l'image des articles concernant les obligations des formations politiques.

Chaque parti dûment enregistré devra disposer d'une structure composée de cinq individus au niveau des communes, dans au moins 12 régions, pour pouvoir exister.

Il sera tenu d'organiser un congrès au moins tous les trois ans, sous peine de radiation. La suppression est également prononcée pour les formations politiques qui ne participent pas à trois élections successives au suffrage universel direct.

Pour ce qui est du financement des partis, il faudra attendre les prochaines élections pour le réglémenter. Les subventions étatiques sont en fonction des voix obtenues par les formations politiques.

Avec les dispositions contenues dans le texte, la tendance à la suppression du phénomène indépendant se confirme. Il en est de même pour les partis d'envergure régionale.

Dans l'exposé des motifs du projet de loi sur les partis, le gouvernement évoque la nécessité de «maîtriser ce multipartisme effréné et débridé», pour justifier les dispositions prévues dans le projet. Il rajoute la nécessité de «professionnalisation de la politique».

Le texte déplore le multipartisme généré par l'ordonnance régissant les formations politiques actuelles.

Lois scélérates

Les quelques dirigeants de partis, présents à Iavoloha le 17 décembre pour une réunion de travail sur le projet de loi, n'ont pas encore réagi vis-à-vis de la version finale du texte. Ils affirment ne pas l'avoir encore eu entre leurs mains.

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Pour le Tiako i Madagasikara (TIM), le problème ne se pose pas. La formation a bouclé en l'espace de six mois le programme de mise en place de ses structures jusque dans les fokontany, juste avant l'annonce de l'élaboration du projet de loi sur les partis.

La formation politique fondée par l'ultralibéraliste Ravalomanana, devenu entre-temps président de la République, dispose également d'un soutien de poids.

Le parti communiste chinois, par l'intermédiaire de Wo Ruidi, ambassadeur de Chine, avait fourni son appui, ne serait-ce que pour la confection des cartes des membres du Tim.

L'Avant-garde pour la rénovation malgache voit dans les textes soumis au parlementaire des «lois scélérates», selon son coordonnateur national Samuel Ralaidovy. Il dénonce ce qu'il considère comme une «entreprise liberticide», avec une «monopolisation au profit d'un seul homme».

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