Infos Plus Gabon (Libreville)

Gabon: Mise en liberté provisoire pour les leaders d'ONG incarcérés

13 Janvier 2009


Libreville — Les autorités gabonaises ont remis lundi soir en liberté provisoire les responsables d'Organisation non gouvernementale (ONG) incarcérés depuis 5 jours , Marc Ona Essangui, Grégory Ngbwa Mintsa, le journaliste Gaston Asseko et le gendarme Jean Poaty, sur ordre du procureur de la République. L'instruction de cette affaire se poursuit.

Les leaders de la société civiles sont soupçonnés de « détention d'un document en vue de sa diffusion dans un but de propagande » et de « propagande orale ou écrite en vue de l'incitation à la révolte contre les autorités ».

Grégory Ngbwa Mintsa, constitué partie civile dans la plainte des ONG françaises contre trois chefs d'Etat, Marc Ona Essangui, porte parole de la coalition Publiez ce que vous payez, Georges Mpaga,membre de la coalition, Gaston Asséko,directeur technique de la radio Sainte Marie et le gendarme Jean Poaty, avaient été interpellés le 31 décembre, puis mis en détention provisoire.

Lors du point de presse animé la semaine dernière par le ministre gabonais de l'Intérieur, André Mba Obame, ce dernier avait précisé que " le Gabon n'a pas la prétention de dire que tout est parfait, et d'ailleurs avec tout ce qui se passe dans le monde, qui le dirait...y compris de la part des ONG soit disant bienséantes (cf. scandale de l'Association des recherches contre la Cancer ; nous avons encore en mémoire les problèmes des fonds occultés des organisations patronales et syndicales en France)".

"En un mot, balayons d'abord devant notre porte, avant de donner des leçons aux autres...", avait-t-il dit.

M. Mba Obame avait ouvertement accusé les ONG internationales de vouloir organiser « un vaste mouvement de contestation des institutions gabonaises sur le territoire gabonais et à l'étranger » pour contraindre la justice française à donner une suite favorable à la 3ème plainte déposée en France, le 2 décembre dernier contre les présidents Denis Sassou Nguesso (Congo), Theodoro Obiang Nguéma (Guinée Equatoriale) et Omar Bongo Ondimba (Gabon).

Les ONG françaises Transparence international, Sherpa et Survie accusent ces chefs d'Etat d'avoir acquis un important patrimoine en France avec de l'argent public.

La libération lundi des leaders d'ONG intervient alors qu'une tension sociale monte au Gabon avec les grèves en chaîne dans le secteur de la Santé, dans l'éducation nationale ( qui se dirige vers une sortie de crise) et dès ce mardi au sein de l'université Omar Bongo de Libreville.

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