Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Insertion professionnelle des femmes - L'espoir renaît chez les sortantes des Cetf

Mamadou Sarr

13 Janvier 2009


Loin de Dakar avec ses structures de formation privées et publiques à foison, dans les régions et les départements de l'intérieur du Sénégal, des Centres d'enseignement technique féminin offrent à une jeunesse en situation d'échec scolaire une formation professionnelle éprouvée. Le problème de l'insertion professionnelle, qui a toujours était un casse-tête majeur, est en passe d'être solutionné par les acteurs.

Que cela soit à Bambey, Mbacké, Diourbel ou à Gossas, la complainte des enseignants, des directrices, des parents d'élèves sortantes des Centres d'enseignement technique féminin (Cetf) et des Centres régionaux d'enseignement technique féminin (Cretf) est la même :

L'insertion. Les Cretf et Cetf, qui étaient pendant longtemps victimes de clichés péjoratifs du genre : 'Ecole de bonnes', ont eu toutes les peines du monde à recruter des pensionnaires à plus forte raison de trouver des emplois pour leurs diplômées.

L'équation majeure, qui est restée sans solution, est celle de l'insertion dans le tissu productif des sortantes de ces centres d'enseignement technique. Moins de 10 % ont trouvé un emploi par le passé. 'Il y a un problème d'insertion qui se pose pour les sortantes qui sont laissées en rade.

Ce qu'on constate, c'est qu'à leur sortie elles n'ont aucune structure d'embauche pour exercer le métier qu'elles ont appris', déplore l'inspecteur départemental de Bambey, Seydi Bèye.

Depuis 2001, les assises de l'enseignement technique et de la formation professionnelle ont débouché sur de nouvelles orientations et stratégies pour améliorer les capacités d'accès à la formation et d'accompagnement des sortants.

Parmi ces réponses, il y a l'organisation des sortantes en Gie pour financer les ateliers de transit dans lesquels elles 'taquinent' le milieu professionnel avant de se mettre à leur propre compte.

Pour soutenir les sortantes des neuf Cetf des régions de Diourbel, Fatick, Kaolaack, et Kaffrine, la Belgique par le biais de sa coopération technique finance le Projet d'appui à la formation professionnelle féminine des régions de Diourbel, Fatick et Kaolack pour un montant d'un milliard 300 millions de francs Cfa pendant trois ans.

L'objectif du Forprofem est d'améliorer le taux d'insertion par le développement de l'auto-emploi. Ainsi, grâce à des conventions de partenariat, signées entre le projet, les structures financières mutualistes, les sortantes peuvent obtenir des crédits pour financer leurs projets professionnels.

Une visite des différents centres de formation d'enseignement féminin renseigne sur l'attente suscitée par ce projet au niveau des pensionnaires de ces structures chez qui l'espoir commence à renaître.

Pour ces filles, en grande majorité rejetée par le système d'enseignement général formel, avec la formation professionnelle en artisanat, restauration, couture/coiffure, techniques de collectivités, les rêves sont permis.

Au point qu'aujourd'hui, les directrices des Cetf disent être confrontées à une forte demande de formation, mais elles n'ont pas les moyens matériels et les infrastructures pour prendre tout le monde.

En effet, dans des localités comme Bambey, Gossas, Mbacké, les Cetf sont les seuls centres d'enseignement pour fournir la main d'oeuvre locale. Or ces centres sont aujourd'hui inadaptés, étroits et ils manquent de personnels et de moyens.

Un constat fait au niveau des différents centres visités. Mais de tous les Cetf, c'est celui de Mbacké qui mérite d'être agrandi en urgence.

Ce centre, qui a débuté ses activités en 1980, va livrer sa quinzième promotion. Il polarise Touba et Mbacké. Les 127 filles inscrites font leurs cours en plein air faute de locaux.

En outre, signale-t-on, les effectifs des Cetf, qui étaient exclusivement féminin, commencent à être mixtes.

Ce qui démontre que les Cetf et Cretf sont aujourd'hui valorisés. Et l'enseignement technique et professionnel est devenu la voie royale pour lutter contre le chômage et le sous-emploi des jeunes, en général et des filles en particulier.

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