Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Enseignement technique et professionnel - Les acteurs déplorent le manque d'infrastructures et de personnel

Mamadou Sarr

14 Janvier 2009


Les Centres d'enseignement technique féminin (Cetf) qui existent au Sénégal sont pour la plupart logés dans des locaux inadaptés et vétustes. Pour booster ce secteur, une politique volontariste de construction d'infrastructures s'impose.

La perception tordue des Centres d'enseignement technique féminin (Cretf) et des Centres régionaux d'enseignement technique féminin (Cretf) considérés comme des structures de formation de domestiques continuent à les desservir. En effet, sur les Centres d'enseignement technique féminin (Cretf) implantés dans les régions de Kaolack Kaffrine et Dioubel, seul celui situé dans la capitale du Baol répond aux normes.

Et ce centre a vu le jour grâce à la volonté du Conseil régional qui a financé les travaux de construction. Tous les autres sont logés dans des maisons conventionnelles prises en location ou sont hébergés par d'autres structures qui menacent de les expulser du jour au lendemain. Qui plus est, ces Cetf sont dans un état de délabrement et de dénuement avancé, sans parler du déficit de personnel enseignant.

Au point que la majorité continue à dispenser des formations dans les filières classiques comme la couture, la restauration et la coiffure. Ceux qui sont dotés en personnel enseignant relativement suffisant, ont ouvert cette année des filières comme les techniques de collectivité, la santé communautaire ou l'agri-élevage.

'Les infrastructures font défaut', déplore Sidy Fall, inspecteur départemental de l'éducation de Mbacké. 'Le Cetf est dans une maison conventionnelle. C'est la raison pour laquelle toutes les activités ne peuvent pas se dérouler ici. Ce qui pose aussi des problèmes d'accès, car on ne peut prendre un grand nombre', renchérit Awa Faye Diouf, directrice du Cetf de Nioro du Rip, à 45 km de Kaolack.

Quatre-vingt quinze filles comme garçons qui avaient échoué à l'école, suivent des cours dans cette structure d'enseignement professionnel, la seule de ce vaste département. Comme à Nioro, la demande est forte partout, mais seuls quelques chanceux parviennent à trouver une place à la limite des places disponibles. Pourtant, la coopération belge, partenaire du gouvernement dans le cadre du Projet d'appui à la formation professionnelle féminine (Forprofem), avait posé comme conditions la construction de centres modernes dotés d'ateliers de transit pour les sortantes. Mais plusieurs projets de construction de Cetf sont toujours à l'état de projet. Un état de fait qui n'encourage pas les bailleurs à soutenir ce secteur longtemps laissé en rade et qui commence à sortir de l'ornière.

Faute d'école française : 40 à 60 % des élèves de Mbacké viennent de Touba

Malgré, son poids démographique et économique qui fait de Touba la deuxième ville du Sénégal après Dakar, il n'y a pas d'école française dans la capitale du mouridisme. Les différents khalifes qui se sont succédé à la tête de la communauté, ont opposé un niet catégorique à ce sujet. L'on se rappelle que, de son vivant, feu Serigne Saliou Mbacké, cinquième khalife et dernier fils vivant du fondateur du mouridisme, avait refusé l'ouverture de salles de classes ouvertes dans le périmètre de la ville religieuse. Les deux écoles élémentaires les plus proches de Touba sont à Ndame, chef-lieu d'arrondissement qui est situé à 3 km de Touba.

Ce qui fait que les habitants de Touba qui sentent l'impérieuse nécessité de scolariser en français leurs enfants ayant déjà achevé leurs humanités coraniques, les envoient à Mbacké, la ville la plus proche et distante de 7 km. Aujourd'hui, sans pour autant avoir le chiffre exact, on estime le taux de fréquentation des écoles, tous niveaux confondus, des écoles de Mbacké par des habitants de Touba entre 40 et 60 %.

Et cela les potaches le font au prix de mille sacrifices. Un chemin de croix qui amène certains à prendre trois charrettes au moins avant de rallier le point de départ des voitures qui font la navette Touba - Mbacké. Et face à la forte demande, il n'est pas aisé de trouver un moyen de transport. D'après un enseignant de Mbacké qui a requis l'anonymat, au niveau de l'ensemble des écoles, l'on s'accorde à tolérer au moins jusqu'à trente minutes de retard pour les élèves venant de Touba. Toujours d'après notre interlocuteur, il y a beaucoup de fils de Mbacké Mbacké dans le lot.

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