Demain, le théâtre de verdure du Centre culturel français (Ccf) de Cotonou reçoit une invitée de marque en la personne de Pauline Croze. La jeune chanteuse française de 27 ans ouvre le bal des spectacles de haute facture qui s'annoncent au Ccf pour le compte des mois de janvier et février, avec au programme notamment Gilles Lionel Louèkè, les frères Koud'akoll, Seun Kuti et Mina Agossi.
C'est en 2005 que Pauline Croze fait son entrée sur la scène musicale française avec un premier album à son image : fragile et délicat, sensible et sensuel. Riches en confessions intimes, ses titres (« t'es beau », « m'en voulez-vous ») permettent d'explorer son univers intérieur et de dévoiler ses sensibilités, sa bouche collée au micro et ses mains fines sur les cordes de sa guitare.
La sentence est immédiate : l'album est double disque d'or, et la fragile Pauline a tout de même le punch d'honorer 150 concerts sur différentes scènes de France : les Transmusicales de Rennes dont elle fut l'une des révélations en 2003, le Festival des Inrockuptibles, la scène de l'Olympia, pour ne citer que ceux-là.
En 2007, elle affiche plus d'audace sur son 2è album, « Un bruit qui court » chez Wagram. « Il y des gens dans le milieu du spectacle qui en profitent un peu lorsqu'ils sentent que quelqu'un est fragile. Le fait de s'exposer comme une personne vulnérable dans ses chansons vous détermine comme vulnérable dans la vie. J'en ai un peu souffert et je voulais corriger cette image, pourtant j'étais déjà contente d'avoir une image, même celle-là », affirme-t-elle.
Finie la fragile Pauline, celle qui se limitait à sa voix et à sa guitare. Elle compose désormais avec une palette musicale élargie : électro-rap (« Un bruit qui court »), jazz (« les gens qui jasent »), ambiance cabaret (« Sur ton front »), reggae (« la couleur de la mer »). Elle écrit ses propres textes (sauf « baiser d'adieu », qui porte la plume de Arthur H.) où se sentent « plus de précision, de maturité et de liberté ».
Sur « Un bruit qui court », Pauline Croze outrepasse ses frontières vocales et se retrouve dans un no man's land où se côtoient allègrement saxo et calebasse, guitares, gamelan, etc. Sa venue à Cotonou sera l'occasion pour un public connaisseur de savourer sa musique, à l'image du vin qui sera en dégustation juste après son concert. Et ça, ce n'est pas un bruit qui court.

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