Agence de Presse Sénégalaise (Dakar)
16 Janvier 2009
Dakar — Des responsables de l'ONG Enda Tiers-monde ont fait part, vendredi à Dakar, de voir l'Union européenne (UE) se sentir libre d'imposer ses exigences à travers un accord sur les APE, devant la démobilisation des pays de la zone ouest-africaine et le relâchement du contrôle exercé sur les négociateurs.
Un an après les grandes périodes de mobilisation contre les Accords de partenariat économique (APE) prônés par l'UE, "nous nous sentons un peu déçus", a déclaré au cours d'une conférence de presse Tawfiq Ben Abdallah, coordonnateur de programme à Enda Tiers-monde.
Evoquant la faible mobilisation actuelle contre les APE, il a ajouté qu'il "ne se passe plus grand-chose" mais "peut-être que les motivations politiques de départ n'existent plus".
Le Sénégal, un des pays de la zone ouest-africaine qui a pris la tête de la mobilisation contre les APE, en envoyant des membres de son élite politique, économique et sociale marcher à Bruxelles, militait en fait pour qu'un contenu lié à la problématique du développement soit donné aux APE.
Depuis, un programme de l'APE pour le développement a été élaboré, qui identifie différents projets dans le domaine des infrastructures et de la productivité des entreprises, en collaboration avec les objectifs arrêtés dans ce domaine par la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).
De fait, il est apparu que l'opposition manifestée par le Sénégal ne concernait pas outre mesure le principe pour les deux parties de se doter de règles commerciales conformes à l'OMC, mais a à voir plutôt avec la forme et le contenu des APE.
Du fait que la mobilisation faiblit de plus en plus, il est à "craindre que l'UE n'ait plus en face d'elle une opinion publique mobilisée" et se sente libre "d'imposer ses exigences", a soutenu Tawfiq Ben Abdallah.
Il a aussi évoqué le risque de voir les négociateurs se sentir moins concernés, moins alertés et moins contrôlés, avec la conséquence de les voir s'abstenir de négocier "au mieux des intérêts de la région" ouest-africaine.
Depuis juin 2008, des accords ont été trouvés avec l'UE dans certains domaines, a fait savoir pour sa part Cheikh Tidiane Dièye, coordonnateur du programme commerce à l'ONG Enda Tiers monde. "Il y a malheureusement ou heureusement, c'est selon, une foule" de sujets sur lesquels les deux parties n'ont pu jusque-là s'accorder, a-t-il ajouté.
L'UE s'oppose à l'Afrique de l'Ouest à propos notamment des prélèvements effectués sur les taxes douanières pour financer les organisations communautaires (CEDEAO, UEMOA), de même qu'elle veut la suppression des transitaires et souhaite la disparition de droits de douane et la baisse de la protection à hauteur de 80 pour cent.
L'Afrique de l'Ouest est favorable, quant à elle, à une libéralisation du commerce avec l'UE à hauteur de 60 à 65 pour cent, sur un délai de transition de 25 ans, tandis que la partie européenne milite en outre pour une ouverture du secteur des services, refusée par la zone ouest-africaine.
De même, l'Afrique de l'Ouest souhaite introduire une clause sur l'obligation mutuelle d'interdiction d'exportation vers le territoire de l'autre partie de produits interdits à la consommation dans le pays exportateur.
Aussi veut-elle dans l'accord une clause de révision qui permettrait à la région de revoir le calendrier de libéralisation convenu en cas de difficultés économiques. Ces différents points, plus d'autres encore, ne rencontrent pas l'assentiment de la partie européenne.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Agence de Presse Sénégalaise. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.