Directeurs de festivals, de compagnies théâtrales, metteurs en scènes et autres professionnels, venus de quinze pays africains francophones, ont appelé samedi, à la Maison de la Culture Douta Seck de Dakar, à un engagement en faveur du développement du 4e art, à travers le réseau Afric'arthéâtre lancé à Bamako, il y a deux ans.
Difficultés à faire circuler leurs oeuvres, manque de canaux de diffusion du théâtre dans leurs pays respectifs, sont quelques unes des raisons qui ont amené des responsables de festivals et structures de théâtre africain francophone à porter, il y a deux ans à Bamako, le réseau Afric'arthéâtre.
Regroupant des opérateurs culturels du Bénin, du Mali, du Sénégal, de la Mauritanie , du Togo, de la Guinée , de la Côte d'Ivoire, du Burkina Faso, de la République du Congo, du Cameroun, du Maroc, de la Tunisie et du Niger, le réseau Afric'arthéâtre entend jeter les bases d'un circuit de diffusion fiable. Ils entendent en même temps aborder la problématique du financement du théâtre en Afrique, la qualité des créations, la formation ainsi que de la cartographie des lieux.
« Nous avions constaté un certain monopole de la coopération étrangère sur la distribution de nos oeuvres théâtrales. Chaque fois, nous regardons vers le Nord et nos populations ont besoin de voir nos productions.
C'est fort de ce constat que directeurs de festivals, de théâtres, comédiens, scénographes, journalistes, etc. nous nous sommes rencontrés en 2006 à Bamako, pour mettre en place ce réseau » a rappelé Macodou Mbengue son administrateur, lors de l'ouverture des deuxièmes rencontres professionnelles d'Afric'arthéâtre, samedi, à Dakar.
Le théâtre, comme du reste tous les autres secteurs de la Culture, connaît un problème d'interlocuteurs au sein de nos pouvoirs publics, regrette Ousmane Alédji, metteur en scène et écrivain béninois.
Membre fondateur du réseau, il confie que le gouvernement de son pays alloue une somme symbolique d'un milliard de francs Cfa à la Culture, mais le Bénin manque de Théâtre municipaux, de lieux de créations, et de productions de diffusion de spectacle. Un mal que partagent presque tous les autres pays des membres du réseau Afric'arthéâtre.
Macodou Mbengue, par ailleurs metteur en scène, trouve que les acteurs culturels ont désormais leur mot à dire pour l'élaboration d'une véritable politique culturelle dans nos pays. « Nos pays manquent d'infrastructures, de formation, de production et diffusion. Les acteurs culturels doivent être présents pour défendre leurs priorités » a-t-il martelé.
Le réseau est un cadre idéal pour les comédiens, metteurs en scène et autres acteurs afin de diagnostiquer le mal du théâtre, selon également Ibrahima Mbaye Sopé, comédien.
La rencontre de Dakar devrait permettre aux membres du réseau de valider les travaux de Bamako, créer des outils juridiques, un bureau de fonctionnement du réseau Afric'arthéâtre et élaborer un plan d'action à soumettre aux autorités nationales et à leur principal partenaire l'Organisation International de la Francophonie (OIF).

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