Faustin Kuediasala
20 Janvier 2009
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Il suffit simplement de continuer l'assainissement déjà entamé de ce marché et de le doter en plus d'instruments financiers performants, tout en jouant à fond la carte de l'intégration régionale pour que le Congo réalise des performances tout à fait à sa portée. La future autorité du marché congolais doit également tout mettre en oeuvre pour redonner confiance et proposer une nouvelle alliance aux consommateurs ».
Le plus important aujourd'hui est de recadrer le débat dans le sens de la réforme non seulement de la Sonas, comme entreprise publique, mais surtout de l'arsenal juridique sur lequel est bâti le marché congolais des assurances. Orienter le débat dans le sens de la protection ou non du monopole de la Sonas dans un secteur à très forte mutation serait tout à fait prématuré.
Car, il y a « des points les plus symptomatiques et qui requièrent une attention particulière » sur lesquels il y a une « forme d'urgence à agir », indiquait le professeur, dans un autre entretien à notre rédaction. Il s'agissait, rappelait-il, de : « Le cadre juridique et réglementaire: -l'absence d'une législation efficace en matière d'assurance :
là où les pays de la zone franc exhibent le code CIMA (Conférence interafricaine de marché d'assurances), la RDC ne peut opposer que les lois de 1966 et 1973 qui brillent par leur singulière pauvreté puisqu'elles ont seulement la prétention d'établir le monopole d'Etat et de définir les branches exploitées par la Sonas, sans pour autant répondre aux questions toujours sans réponse des structures nécessaires au fonctionnement efficient des assurances au Congo.
Et surtout, cette législation sommaire pêche par son silence sur la définition des obligations et des droits entre assureurs et assurés, les conditions de la solvabilité de la compagnie nationale ne sont pas plus définies. Les points d'ordre institutionnel : - Inadaptation du statut de la société ;
- Une relation avec les autres institutions à redéfinir (CIMA, FANAF, Banque centrale, ministère de tutelle) ; - Une autorité de contrôle indépendante et crédible à mettre en place sur le modèle de la CIMA si possible. Le cadre macro économique : Les assurances sont en Afrique un des secteurs qui offrent le plus de marge de progression, compte tenu de leur niveau actuel de développement ».
Aujourd'hui, comme le reconnaissait, d'ailleurs le prof Mbonyo, avant son arrivée à la tête de cette entreprise publique, « la Sonas est aujourd'hui à l'image du pays, un convalescent en voie de rétablissement, cela probablement grâce aux remèdes qu'ont commencé de lui administrer ses derniers dirigeants.
La Sonas doit apporter sa part à l'essor de l'économie nationale par la mobilisation de l'épargne longue, nécessaire au financement des projets d'envergure ; ce rôle d'investisseur institutionnel est nécessaire à la crédibilité de la Sonas et utile pour la nation en pleine reconstruction ».
Au ministère des Finances, qui en assure la tutelle technique, et au ministère du Portefeuille qui en détient la tutelle administrative et financière, la réflexion devait préalablement être orientée dans ce sens.
Multiplier des structures parallèles ou complémentaires à la mission de la Sonas, renverrait aux calendes grecques le projet de modernisation d'une entreprise qui a plus besoin de se restructurer. Car, tôt ou tard - les autres lois du 7 juillet 2008 relatives à la réforme le confirme - la Sonas devra se défaire de son monopole pour s'ouvrir à la concurrence.
42 ans après, l'entreprise en a besoin, de même l'Etat congolais, son principal actionnaire.
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