Entretien Réalisé Par Sérikpa Benson
24 Janvier 2009
interview
Dothy Z., artiste-musicienne, est le porte-parole de la Fédération des associations des artistes ivoiriens de France (FAAIF). A travers cet entretien, elle situe les objectifs de ce regroupement créé le 25 octobre 2008 et présidé par Bloco, ex-lead vocal des Solapards.
Qu'est-ce qui a motivé la création de ce regroupement des associations d'artistes ivoiriens de France ?
Le 25 octobre 2008, nous avons créé la FAAIF à la demande expresse des artistes eux-mêmes. Mais aussi grâce à SEM Pierre Kipré, ambassadeur de la Côte d'Ivoire en France.
C'est ainsi qu'on a décidé de fédérer les cinq associations d'artistes qui existaient déjà. Nous avons créé cette fédération des artistes un peu à l'image de l'Union nationale des artistes de Côte d'Ivoire (UNARTCI).
La FAAIF regroupe donc les artistes toutes tendances confondues. On a les musiciens, les peintres, les littéraires, les photographes, les comédiens, les cinéastes, les chorégraphes En fait, toutes les disciplines artistiques sont représentées dans la FAAIF qui compte un peu plus de 300 adhérents.
Comment cela a-t-il été organisé ?
Ça n'a pas été facile d'amener tous les artistes à comprendre le bien-fondé de la création d'une telle fédération.
Comme vous le savez, chacun est toujours attaché à ses privilèges en tant que président d'association.
Mais, Dieu merci, les gens ont fini par comprendre le message de SEM Pierre Kipré. Ainsi, après la bataille de sensibilisation, il y a eu les élections, remportées par Bloco, ex-lead vocal du défunt groupe zouglou, Les Salopards, qui mène aujourd'hui une carrière solo en Europe.
Il a gagné les élections avec 70% des suffrages exprimés. Son adversaire était Zoug Casto, qui occupe en ce moment dans le bureau, le poste de vice-président.
Les artistes, notamment les jeunes, se sont déplacés nombreux. Et tout s'est déroulé sous l'oeil vigilant du représentant de SEM Pierre Kipré, et sous la supervision de l'Union des journalistes panafricains de la diaspora.
Quels sont vos projets ?
En ce moment, nous préparons l'investiture du bureau qui se tiendra le 21 février 2009 à l'UESCO.
L'événement sera marqué par un vernissage, la projection d'un téléfilm réalisé par Eléonore, la prestation d'une dizaine de musiciens et une chorégraphie de Georges Momboye. C'est à cette occasion que le programme d'activité sera présenté. Mais déjà, je peux vous dire que nous allons nous doter d'une licence d'entrepreneur de spectacle. Ce qui va nous donner l'opportunité d'organiser des manifestations culturelles et artistiques d'envergure telles que le festival de la musique ivoirienne que nous préparons en ce moment. L'accent sera mis aussi sur la formation des artistes. Il y a par ailleurs un problème qui nous tient à coeur. C'est le cas des artistes ivoiriens de France sans-papiers. La FAAIF va les aider à régulariser leur situation. Vous savez, c'est à travers la culture qu'on reconnaît un pays. Nous voulons donc être la vitrine de la culture ivoirienne en France.
Avez-vous des rapports avec l'UNARTCI ?
Nous représentons la culture ivoirienne en Europe. L'UNARTCI travaille aussi pour revaloriser la culture ivoirienne en Côte d'Ivoire. Nous avons donc pratiquement les mêmes objectifs. Par conséquent, nous devons mutuellement nous aider pour avancer.
L'UNARTCI a félicité récemment le président de la République pour avoir cédé le BURIDA aux artistes à travers un décret. Comment avez-vous accueilli la nouvelle au niveau de la FAAIF ?
Très bien. Mais personnellement, je suis sceptique. Parce que dans le milieu artistique, ce sont ceux qui ne font rien qui parlent. Je souhaite vraiment qu'on mette à la tête du BURIDA, les compétences qu'il faut pour le bonheur des artistes. Nous, au niveau de la diaspora, nous allons présenter des candidats au poste de président du conseil d'administration et de la direction générale. Nous souhaitons que les choses se déroulent dans la démocratie et la transparence. Parce que nous voulons aussi qu'on nous prenne en compte désormais.
Il y a des artistes ivoiriens de la diaspora qui sont des sociétaires du BURIDA. Mais, on a le sentiment qu'ils sont rejetés. Nous sommes quand même 450 artistes dont 350 chanteurs et 100 autres de différentes corporations. Nous avons notre mot à dire dans la gestion de notre maison.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 Notre Voie. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.