Parmi les clubs sénégalais qui vont faire leur entrée sur la scène africaine en fin de semaine, c'est la Casa Sports qui semble avoir tiré le plus gros morceau avec le Djoliba de Bamako. En effet, nos sudistes vont affronter les garçons de Heremakono (centre d'entraînement des « Rouges ») qui viennent de réaliser le doublé dans un championnat du Mali qui prend du galon par la qualité de ses infrastructures et la bonne valeur de son football ce qui, par ricochet, attire nombre de joueurs de la sous région.
Les beaux et grands stades construits pour la CAN Mali 2002 à Bamako, Ségou, Sikasso, Mopti et Kayes et les terrains d'entraînement qui les jouxtent sont autant de facteurs de performance qui aident au développement du football malien. C'est à partir de ce préalable et de cet important acquis infrastructurel, liés au pragmatisme des dirigeants que les clubs de Bamako et de l'intérieur veulent asseoir une hégémonie sous régionale avant d'aller à la conquête de l'Afrique.
Et comme tout ce marché attire du monde, le football malien accueille actuellement un nombre impressionnant de joueurs des pays limitrophes et autres ouest Africains. Hormis le cadre et les salaires, la réputation des joueurs maliens à l'extérieur (Momo Cissoko, Seydou Keïta, Fred Kanouté, Djila Diarra ,Cédric Kanté etc...) font que Bamako est devenue une destination très prisée par les recruteurs étrangers.
Comme l'était Dakar il y a quelques années quand on y jouait un championnat régulier et que les « Lions » de Schnittger puis Metsu et Laye Sarr étaient une vitrine attractive et servaient de tremplin pour nos voisins : Momoh Wandel Soumah (Guinée), Aba Koné (Mali), Narcisse Ouedraogo (Burkina), Abdourahmane Conateh (Gambie) etc...
Signe des temps, aujourd'hui c'est Bamako qui attire les jeunes de la sous région ,ce qui fait qu'il y a beaucoup de joueurs et d'entraîneurs étrangers dans le championnat malien comme jamais auparavant. Il y a forcement des joueurs d'origine sénégalaise au Mali ,mais ces Diop ,Ndiaye, Bèye ou Traoré qui ont des parents là-bas obtiennent presque tous la nationalité malienne, comme lorsqu'ils vont jouer en Mauritanie
La palme revient au Stade malien qui compte une demi douzaine d'expatriés venant du Burkina, de la Côte d'Ivoire et du Nigeria (l'excellent avant-centre Umoh Emmanuel) avec en plus un technicien ivoirien (Laciné Koné dit Parreira). Le Djoliba qui nous intéresse et qui va jouer contre le Casa Sports n'est pas en reste avec 4 internationaux étrangers que sont le pionnier béninois Nohoum Kobina qui évolue depuis 5 ans au Mali, le Guinéen Ibrahima Sory Bangoura et les Ivoiriens Ibrahim Sacko et Tapko.
En fait, il n'y a que quatre clubs qui n'alignent pas d'internationaux étrangers. Même la Jeanne d'Arc de Bamako qui vient d'accéder en première division compte trois internationaux burkinabés et un béninois, alors que le règlement ne permet d'en aligner que trois par match.
Tous ces joueurs sont logés et salariés par les clubs, tout comme nombre de leurs collègues maliens, comme le souligne le président de la J.A, Seydina Oumar Sow avant d'ajouter que « la présence de ces joueurs expatriés dans notre pays s'explique par deux raisons : le niveau de notre championnat et la bonne image dont jouit le football malien sur la scène internationale. En quelque sorte, le Mali est devenu une bonne porte sortie vers l'extérieur pour les footballeurs de la sous-région ouest-africaine ».
Sans tambour ni trompette, le football malien s'installe dans le professionnalisme avec l'aide de l'Etat, des sociétés et du public qui vient très souvent nombreux garnir les gradins des stades de Bamako, Tombouctou, Koulikoro et Ségou.
Pendant qu'au Sénégal il y a encore des réticences au niveau de certains dirigeants de clubs ajoutées à un silence inquiétant de l'Etat, nombre de nos voisins ont pris le taureau par les cornes pour entrer de plain-pied dans l'ère obligée du professionnalisme. Certes, c'est toujours une aventure au départ, mais il faut oser y aller car comme le dit cet aventurier de Napoléon : « Celui qui, au départ, veut savoir où il va et par où il passe n'ira pas loin ».

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