Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Au Congo on avance d'un pas et on recule de deux

opinion

Kinshasa — Au Congo-qui-se-veut-démocratique, on avance d'un pas et on recule de deux. Et dans le cas d'espèce, il y a risque que l'on revienne à la tumultueuse «transition démocratique congolaise» des années 2003 à 2006. Le Kaléidoscope indique que c'était mouvementé, saccadé, coupé-décalé alors que le «ndombolo» national périclitait. L'on se rendait coup pour coup. L'on ne se faisait aucun quartier. Dans la perspective d'un dédouanement par rapport à un passé politico-sécuritaire et économico-social peu reluisant.

La paix ayant été celle des braves, l'on se disputait la palme du vrai démocrate et du champion de la bonne gouvernance. Démocratie obligeait. Mais c'était de bonne guerre pour des protagonistes qui changeaient les armes d'épaules ou troquaient carrément leurs treillis contre des tenues de ville dans le but de séduire le souverain primaire en plein processus de reconnaissance et de réhabilitation.

Il y a deux ans cela se contait au passé. Mais le passé, quand il récent, il colle souvent à la peau. Surtout lorsque les mêmes causes tendent à refaire surface, peut-on s'attendre à des effets contraires?

Les inimitiés d'hier, individuelles et collectives, refusent d'être ensevelies. Pendant ce temps, la coalition au pouvoir est déchirée par des querelles internes qui se terminent par un éclaboussement au grand jour. On s'entraccuse de trahison même au sein d'une même famille politique. A telle enseigne que les institutions issues des élections sont secouées dans leurs fondements.

Quid? Les démons de division s'accrochent comme des sangsues dans les caboches des animateurs des institutions. Il semble, selon mon voisin de gauche, que c'est surtout la différence d'approches sur des questions sécuritaires qui justifieraient les multiples sons de cloches. Il s'en est suivi des sautes d'humeurs et des saute-moutons mais aussi des branle-bas que l'opinion a pu enregistrer des derniers jours.

Cela sent le roussi au regard de la crise financière internationale qui vient tisonner une crise interne multiforme: sécuritaire, sociale et économique. La crise institutionnelle, qui s'annonce en filigrane, va ramener le pays plusieurs décennies en arrière où les animateurs des institutions se destituaient mutuellement jusqu'à ce que neutralisation s'en suive.

Une date reste déterminante. C'est le samedi le 31 janvier 2009. Donc, demain. Le chef de l'Etat va fixer l'opinion sur toutes ces questions, par le truchement d'une conférence de presse. Ça va casser ou passer. Wait and see.


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