Sénégal: "Une partie de la production du pays est condamnée à la consommation locale", selon Omar Pène

Une partie de la production musicale sénégalaise est "condamnée" à la consommation locale, au vu de l'évolution du paysage musical, même si, à côté, un certain style n'aura jamais de peine à s'exporter, a analysé Omar Pène.

A l'état actuel des choses, "on remarque beaucoup de genres, franchement". De sorte que "chacun a le droit aussi de faire ce qu'il veut et comme il le veut", a fait observer le lead-vocal du Super Diamono dans un entretien accordé à l'APS.

"Aujourd'hui, ont voit qu'il y a une multitude de genres musicaux (...). On peut toujours choisir son camp, ça c'est vrai". Cela n'empêche que "la musique, c'est un produit" à proposer aux consommateurs" et quand il faut le faire, il est nécessaire d'y associer "un confort" d'écoute, a-t-il estimé.

"Quand ça les tympanise, ils (les consommateurs) vont voir ailleurs, ils vont voir autre chose", sans que cela exclut le fait que "toute forme de musique aujourd'hui au Sénégal a son public".

Les courants musicaux, dans leur ensemble, "arrivent à trouver un public qui consomme. Mais comme la musique n'a pas de frontières, il nous faut aussi proposer notre musique à l'autre public qui n'est pas sénégalais, c'est là que se trouve le problème", a-t-il indiqué. Le public européen, par exemple, "n'a pas l'habitude d'être agressé", a-t-il fait valoir.

"Donc, il y a une musique qui est condamnée à être locale, tout simplement, consommable seulement au Sénégal, mais il y a une musique aussi qui peut s'exporter", a conclu le lead-vocal du Super Diamono, célèbre pour l'originalité de son style et la qualité de ses textes.

"Nous, ce qu'on a voulu faire" au début du Super Diamono dans les années 1970, c'est de "travailler un peu sur les différents rythmes qui composent notre patrimoine culturel", a-t-il expliqué. Il a rappelé que cette perspective avait amené à l'époque le groupe à voyager "un peu à l'intérieur du Sénégal" pour des recherches sur les différents rythmes du pays.

"C'est à partir de ce moment-là qu'on s'est dit que, effectivement, il nous faut travailler sur nos propres rythmes, parce que comme on a su très tôt que le Sénégal regorge de richesses culturelles, essayer d'exploiter cela", a-t-il insisté.

Cette expérience fait "aujourd'hui le cachet musical du Super Diamono". "Notre façon de jouer est très proche de notre environnement culturel : il y a le rythme sérère qui est le ndiouck, et nous travaillons aussi un peu avec le rythme diola. Et comme on le dit souvent, c'est le rythme qui caractérise la musique".

Mais depuis, "il y a eu des évolutions, il y a eu de nouvelles données, il y a eu aussi de nouveaux musiciens, de nouveaux artistes, de nouvelles idées" qui ont investi le paysage musical sénégalais, selon Omar Pène.


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