Ndakhté M. Gaye
10 Février 2009
Les professionnels du tourisme et du voyage affichent leur optimisme de grignoter encore des parts de marché en 2009 dans ce contexte de crise.
L'Afrique pourrait tirer son épingle du jeu en 2009 dans le contexte de crise financière et économique internationale, d'après les experts de l'Organisation mondiale du tourisme (Omt). Le représentant régional de cette organisation pour l'Afrique l'a dit hier devant les nombreux professionnels de l'industrie du voyage. 'L'Afrique a gagné des parts de marché dans le tourisme international et le panel des experts de l'Omt lui donne pour 2009 un rating (ratio, Ndlr) de confiance de 100, soit 50 % de plus que les autres régions du monde', a déclaré Ousmane Ndiaye, dans un discours prononcé à l'occasion du 11e congrès de la Fédération inter-africaine des syndicats des agences de voyages et du tourisme (Fisavet).
Selon lui, deux régions ont connu en 2008 un essor soutenu : le Moyen-Orient, + 11 % par rapport à 2007 et l'Afrique avec 5 % de plus au total, avec une croissance lente, cependant, positive au second semestre. Selon lui toujours, cela n'a pas été de même partout dans le monde où la volatilité du second semestre de 2008 a conduit à une baisse de 1% du tourisme international pour la même période que l'année précédente, après un premier semestre qu'il a jugé 'très bon' avec plus de 5 % de croissance.
Le représentant de l'Omt a, à cet égard, signalé que l'année 2008 a connu globalement une croissance du tourisme international avec un nombre d'arrivées qui a atteint 924 millions, soit 16 millions de plus qu'en 2007, une augmentation de 2 %. Mais pour Ousmane Ndiaye, il n'est pas question pour les professionnels africains du tourisme de dormir sur leurs lauriers car les prévisions sont pessimistes en Europe pour cette année. 'Pour 2009, en Europe, des études toutes récentes comme celles qui ont été préparées pour une réunion de l'Itb (salon tourisme, Ndlr), le 11 mars prochain, montrent que les intentions de vacances sont beaucoup moins importantes et plus instables que les années antérieures, presque 30 % en moins ; les réservations se feront au dernier moment et l'on choisira les zones où le taux de change sera favorable à l'euro', a-t-il averti. Et d'ajouter : 'Les arrivées de touristes en provenance des Etats-Unis et des principaux pays asiatiques, sauf l'Inde, seraient en baisse.' Cependant, M. Ndiaye a apporté un brin d'espoir lorsqu'il signalera que les mêmes enquêtes présentent une soif de vacances qui exploserait dès la fin de la crise. 'Des records d'affluence seraient atteints comme en 2003-2004 après la crise de 2001-2003', a-t-il prévu.
Le directeur des recettes et gestion de la compagnie aérienne Ethiopian s'est montré beaucoup plus optimiste que Ousmane Ndiaye. Dans son intervention, Kagnew Fisseha a mis l'accent sur les voyageurs afro-américains qui s'intéressent à l'Afrique. 'Tout n'est pas sombre pour l'avenir de l'industrie du voyage en Afrique. Les Afro-américains sont à la recherche de leur origine. Ils veulent découvrir leur racine. Les voyages entre les deux continents peuvent tripler s'il y a des vols réguliers entre l'Afrique de l'Ouest et les Etats-Unis. Les Afro-américains veulent visiter l'Afrique avec des compagnies aériennes africaines pour avoir plus de satisfaction', a-t-il fait savoir à l'assistance. Et ce ne sont pas seulement les Africains-Américains qui veulent faire le déplacement en Afrique. D'après lui, les autres Américains s'intéressent aussi au continent noir en raison de sa riche histoire. Pour lui, l'élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis d'Amérique constitue une opportunité pour l'Afrique. Pour saisir ces opportunités, il a invité les professionnels du voyage et du tourisme à faire un package pour inciter les Africains-Américains à se déplacer. 'Les Africains-Américains ne veulent pas faire un long trajet pour visiter un seul pays. Ils veulent visiter en même temps un ensemble de pays. Ils aimeraient par exemple visiter la maison des esclaves de l'Ile de Gorée au Sénégal, voir les plages de la Gambie, aller voir la forêt du Kenya, etc.', a souligné M. Fisseha.
Pour le transport des futurs voyageurs, l'on peut compter sur la Royale Air Maroc (Ram). Le Directeur Pôle Afrique et Long courrier de la compagnie aérienne du royaume chérifien envisage une deuxième offensive après un investissement important depuis 2004 où l'offre aérienne sur l'Afrique a été multipliée par quatre. 'L'an 2009 va être une année charnière en termes de développement de lignes aériennes sur l'Afrique de l'Ouest et Centrale. La Ram va continuer à ouvrir de nouvelles destinations à Kigali (Rwanda), Banjul (Gambie), Luanda (Angola), Bangui (Centrafrique) et probablement l'Afrique du Sud et le Kenya', a annoncé Mourad El Kanabi. 'Ces nouvelles destinations nous permettront d'être la première compagnie aérienne à s'accaparer de l'essentiel du trafic aérien en Afrique avec 26 destinations', a-t-il ajouté.
Pour lui, l'Afrique est plus rentable pour la Ram. 'Actuellement, notre part de marché dans ce continent est de 18 % et nous ambitionnons d'atteindre 25 % pour devenir la première compagnie aérienne en Afrique devant le leader actuel qui est Air France', a-t-il déclaré. Pour y arriver, il compte s'appuyer sur leur flexibilité et leur proximité avec le réseau de distribution de l'Afrique où réside la force de la Ram.
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