Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Ziguinchor - L'école des eaux et forêts en eaux troubles

Le cycle des perturbations a été ouvert à l'Ecole des eaux et forêts de Ziguinchor. Depuis lundi, les élèves ont déserté les salles de classe pour réclamer de meilleures conditions d'études. C'est lundi dernier que les élèves de l'Ecole des eaux et forêts ont ouvert les hostilités dans ce centre de formation des agents techniques des eaux, forêts et chasse, sis à Djibélor, un village proche de Ziguinchor.

Courroucés par les conditions de vie dans cette école, jadis fleuron de la formation, les futurs agents techniques ont décidé de s'inscrire dans une dynamique de confrontation avec les autorités. Parce que depuis plusieurs années, les élèves vivent un véritable calvaire dans cet établissement.

Le premier motif de revendication reste lié à la modicité de la bourse dont le taux n'a pas varié depuis 1960, si l'on en croit les grévistes. 'Depuis l'indépendance du Sénégal, la bourse est restée à 17 500 F dans notre école', se plaignent-ils. Pour les élèves, cette modique somme qu'ils n'ont d'ailleurs pas encore reçue depuis janvier, suffit simplement à faire face au loyer. 'Il n'y a plus d'internat.

Ce qui fait qu'on est contraints d'aller loger à Ziguinchor', déplorent en choeur les grévistes, obligés de trouver un moyen de locomotion pour parcourir les quatre à cinq kilomètres qui séparent Ziguinchor de leur école. Un établissement où la couverture sociale fait également défaut. Ce que dénoncent les 75 pensionnaires qui semblent livrés à eux-mêmes, sans une quelconque assurance ou prise en charge sanitaire.

Qui plus est, les voyages d'études qui devraient renforcer la formation de ces élèves sont très mal rémunérées, nous affirme-t-on. 'Journalièrement, nous recevons 700 F. Que peut-on faire avec cet argent dans une ville comme Dakar ?', s'interrogent les grévistes qui pensent pourtant qu'au plan interne, leur situation pouvait être améliorée. 'Nous exploitons chaque année 150 ha de forêt.

Le fruit des récoltes pourrait régler certaines questions dans l'école', argumentent-ils. Tout cela pousse les élèves à réclamer l'audit de l'Ecole nationale des eaux, forêts et chasse de Djibélor. Aussi, demandent-ils le départ de leur directeur, Moussa Cissé. Les autorités de l'établissement ne sont pas les seuls sur la ligne de tir des élèves. Ces derniers dénoncent également le mutisme de leur ministre de tutelle.

A en croire les grévistes, depuis qu'il est à la tête du ministère de l'Environnement, Djibo Kâ n'a jamais mis les pieds à Djibélor. Une attitude qu'ils assimilent à du mépris. 'Un mépris qui fait d'ailleurs que dès notre sortie, on est obligés de se soumettre à un autre examen avant d'être recrutés', déplorent les futurs techniciens qui ne comprennent pas cette façon de faire au moment où il y a une réelle carence en agents, surtout au niveau du parc national de Niokolokoba. C'est contre tous ces manquements que s'élèvent aujourd'hui les élèves du centre de Djibélor, en grève depuis lundi dernier.

Hier, ils ont haussé le ton en décrétant 96 heures renouvelables. Une décision assortie du dépôt d'une autorisation de marche qui devrait permettre aux futurs agents techniques de traduire en acte leur volonté de barrer la route du Cap-Skirring pour montrer leur détermination à aller jusqu'au bout de leur lutte.

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