Sidwaya (Ouagadougou)

Mali: Rébellion touarègue - Tarir la source du mal

Des centaines de rebelles touaregs ont déposé les armes, mardi 17 février 2009 à Kidal, ville du septentrion malien. La région Nord du Mali était le principal foyer de la rébellion touarègue née au début des années 90. Après notamment la signature de l'Accord de paix d'Alger en 2006, une partie de la rébellion avait accepté "le retour à la maison", à l'exception des éléments restés fidèles au chef rebelle, Ibrahim Ag Bahanga.

Le président malien, Amadou Toumani Touré (ATT), las de mener la politique de la carotte pour amadouer les renégats, avait finalement hausser le ton, optant pour la manière forte qui s'est révélée efficace. Soumis à une pression continue des forces gouvernementales, la bande à Ag Bahanga qui n'en pouvait plus, s'est désolidarisée de son chef. Ibrahim Ag Bahanga connu pour son intransigeance (il n'a jamais accepté l'accord de paix) erre désormais comme un loup solitaire.

Si ATT a triomphé des rebelles réputés "maîtres du désert", il ne faut pas perdre de vue les éventuels soutiens notamment en renseignements dont les forces gouvernementales ont pu bénéficier. Car ce sont ces mêmes fidèles à Ag Bahanga qui, il y a quelques mois, infligeaient des pertes humaines à l'armée régulière. Ce qui pose la question de la nécessaire synergie d'action pour lutter contre les rebellions surtout dans la bande sahélo-saharienne. Pour cela, il faut une franche collaboration. Les pays doivent jouer carte sur table et refuser d'alimenter ces rebellions ni de leur servir de base- arrière.

Sous le couvert de l'autonomie, voire l'indépendance de la région touarègue du Mali, Ag Bahanga voudrait en réalité, préserver sa lucrative activité de trafiquant. En effet, bandits à la petite semaine, trafiquants de grands chemins, terroristes, rebelles bref, les malfrats de tous poils ont pignon sur rue dans la bande sahélo-sahérienne aux frontières étatiques plus que poreuses. Les trafics de toute sorte : armes, drogue, cigarettes, carburant, immigration clandestine y prospèrent. Les prises d'otages surtout d'Occidentaux y sont devenu monnaie courante.

Tout récemment, le Mali et le Niger se sont rejeté la balle quant à savoir dans quel pays des touristes occidentaux avaient été enlevés. De plus, les autorités nigériennes sont toujours à la recherche des fonctionnaires onusiens dont l'enlèvement vient d'être revendiqué par l'ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) reconverti en Al-Qaïda pour le Maghreb, nébuleuse terroriste. Les libérations d'otages sont d'ailleurs le plus souvent conditionnées par le versement de fortes rançons. Tout une "industrie" donc qui alimente les mouvements de subvertion dans la bande sahélo-saharienne et qu'il faut démanteler pour ramener la paix et la quiétude. Une entreprise qui ne peut réussir que de concert.

Au-delà de l'oeuvre commune qui consiste à sécuriser la bande sahélo-saharienne, ATT doit tenir ses promesses de développement de la région du Nord-Mali. "On n'a même plus besoin d'argent pour développer la région de Kidal. L'argent est là. Près de 12 milliards de francs CFA...Nous attendons une petite sécurité", avait affirmé le président malien en décembre 2008. Les rebelles viennent de déposer les armes, nonobstant Ibrahim Ag Bahanga. Un boulevard s'ouvre donc à ATT pour mettre en oeuvre son plan de développement. La réalisation de ce plan permettra sans nul doute d'empêcher des trafiquants comme Ag Bahanga d'exploiter la pauvreté et le désespoir de populations naïves pour assouvir leur soif de profit bassement égoïste.


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