2 Mars 2009
Le cinéaste burkinabé Gaston Kaboré a estimé que donner le nom d'une rue à Ousmane Sembène (1923-2007) est "le minimum" que le Burkina Faso pouvait faire pour le cinéaste sénégalais qui était devenu, selon lui, "une figure familière" pour le grand public local.
"Sembène Ousmane était aussi connu au Sénégal qu'au Burkina Faso. Quand il sort dans la rue, les gens le connaissent. En fait c'est une figure familière dans notre pays pour le grand public populaire. C'est ça qui est incroyable", a dit Kaboré interrogé par l'envoyé spécial de l'APS à l'issue de la cérémonie de baptême de l'Avenue Ousmane Sembène.
Longue de 2.300 mètres, l'artère (ancienne rue 15862) est limitée à l'ouest par le boulevard Mouammar Kadhafi et à l'est par la rue 15989 en allant vers la frontière du Ghana. Elle est située dans l'arrondissement de Bogodogo. La décision de lui donner le nom du cinéaste a été prise par le Conseil municipal de Ouagadougou par arrêté en date du 25 février 2009.
"Quelque chose nous manque et cette rue va continuer de nous rappeler qu'un homme venu d'un autre pays a pris fait et cause pour une manifestation née au Burkina Faso et qui appartient à toute l'Afrique aujourd'hui", a dit le cinéaste burkinabé ; "Je trouve que c'est le minimum que le Burkina pouvait faire. Et j'espère que chacun de nous porte Sembène Ousmane dans son coeur et dans sa tête parce que ce qu'il nous a enseigné, nous sommes loin d'en avoir appliqué le quart de la moitié.
Le réalisateur a dit que les Africains peuvent continuer de tirer des enseignements sur le témoignage que fut la vie de Sembène. "Il y a une Avenue Ousmane Sembène, a-t-il poursuivi. Quand on y viendra, ce sera toujours avec beaucoup d'émotion et j'espère que quand les gens viendront, ils seront émus de fouler cette rue qui porte le nom de cet homme qui est probablement une figure les plus importantes de l'Afrique."
Ousmane Sembène est l'un des pères fondateurs de la Semaine du cinéma africain devenu ensuite Fespaco. Pour Gaston Kaboré, donner le nom du cinéaste sénégalais à une artère de la capitale burkinabé est une manière de faire en sorte qu'il soit "toujours présent". "C'est une manière d'être toujours là pour quelqu'un qui se faisait un devoir d'être présent au Fespaco", a-t-il indiqué.
Il a ajouté que "les jeunes réalisateurs africains continueront de découvrir ses films, d'entendre son discours et sa parole et de continuer de vouloir faire des films, pour se raconter, raconter leur société, raconter cette Afrique pour laquelle Sembène avait un amour infini".
Gaston Kaboré, 57 ans, lauréat de l'Etalon de Yennenga en 1997 avec "Buud Yam" est le président du jury de compétition Long métrage de la 21-ème édition du Festival panafricain du cinéma panafricain et de la télévision de Ouagadougou.
La cérémonie de baptême s'est déroulée en présence de plusieurs personnalités dont les ministres burkinabé et sénégalais de la Culture, Philippe Sawadogo et Mame Birame Diouf, l'ingénieur Cheikh Modibo Diarra, parrain de la 21-éme édition du Fespaco, le délégué général du festival, Michel Ouédraogo. Il y avait aussi le fils aîné de Sembène, Alain, Clarence Delgado, assistant du cinéaste pendant plus de 25 ans, Thierno Faty Sow, coréalisateur de "Camp de Thiaroye" en 1988.
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