Infos Plus Gabon (Libreville)
28 Février 2009
Détaché pour quelques années à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour présider aux destinées de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping devrait revenir au Gabon jouer un rôle majeur au cours des prochaines années. Il avait été coopté le 25 janvier 2008 Vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de la Francophonie et de l'Intégration régionale. Avec un peu plus de 65 ans, est depuis le 1er février 2008, nouveau président de la Commission de l'Union Africaine (UA).
Il succède au Malien Alpha Oumar Konaré et avait été désigné lors du 13e sommet ordinaire des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) qui s'était tenu à Brazzaville comme candidat à la présidence de la Commission de l'Union africaine (UA). La CEEAC regroupe 11 Etats : Cameroun, Gabon, Guinée Equatoriale, Tchad, Congo Brazzaville, Burundi, RCA, RDC, Sao Tomé et Principe, Rwanda, Angola.
Jean Ping ancien Vice-Premier ministre et en charge de la diplomatie gabonaise fut aussi député. Il fait partie des hommes politiques gabonais les plus écoutés par le président Omar Bongo Ondimba. Cet économiste de formation et diplomate de carrière est un familier des Nations unies.
Jean Ping, fin diplomate de carrière, avait présidé la 59e session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York. Il avait débuté sa carrière dans les années 70 comme fonctionnaire international au sein de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris, auprès de laquelle il fut ensuite le délégué permanent du Gabon, avant de devenir membre de son conseil exécutif dans les années 80.
En sa qualité d'ancien chef de la diplomatie gabonaise, M. Ping avait participé à de nombreuses conférences de cette organisation et notamment aux Assemblées générales à New York.
Titulaire d'un doctorat en Economie de l'Université de la Sorbonne (France), M. Ping a réellement débuté sa carrière politique au Gabon en 1984 en devenant directeur du cabinet civil du président Bongo. Brièvement ministre de l'Information en 1990, puis ministre des Mines jusqu'en 1991, il enchaîna sans interruption depuis 1992 les postes ministériels : aux Affaires étrangères une première fois, avant de devenir ministre délégué à l'Economie et aux Finances, puis d'hériter du portefeuille de la Planification.
En 1999, M. Ping revient nouveau ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie, poste-clé dans le Gabon d'Omar Bongo Ondimba, qui entend faire de Libreville un carrefour diplomatique en Afrique francophone, et notamment en Afrique centrale. Le Vice Premier ministre Ping s'était impliqué il y a quelques années, au nom du chef de l'Etat gabonais, dans la résolution de plusieurs conflits en Afrique centrale, notamment lors de la tentative de coup d'Etat à Sao Tomé et Principe en juillet 2003 et du putsch en Centrafrique en mars de la même année.
Né le 24 novembre 1942 à Omboué, au sud de la capitale économique gabonaise Port-Gentil, il fut élu pour la première fois en 1996, sous les couleurs du Parti démocratique gabonais (PDG, ex-parti unique, au pouvoir), après un premier essai infructueux six ans plus tôt, il a été réélu en 2001. Jean Ping a publié en 2002 chez l'Harmattan un livre intitulé "Mondialisation, paix, démocratie et développement en Afrique : l'expérience gabonaise", préfacé par Hubert Védrine. En 2006, il a été élevé au grade de Grand Officier de la Légion d'honneur par l'ambassadeur de France au Gabon, au nom du président Jacques Chirac.
Fonctions occupées par Jean Ping
26/02/1990 - 29/04/1990 : ministre de l'Information, des Postes et des Télécommunications, du Tourisme et des Loisirs, de la Réforme du secteur parapublic, chargé des relations avec le Parlement, et porte-parole du gouvernement. 29/04/1990 - /06/1991 : ministre des Mines, de l'Énergie et des Ressources hydrauliques. 28/08/1992 - 24/03/1994 : ministre des Mines, de l'Énergie et des Ressources hydrauliques. 25/03/1994 - 29/10/1994 : ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. 30/10/1994 - 25/01/1997 : ministre délégué auprès du ministre des Finances, de l'Économie, du Budget et de la Privatisation. 27/01/1997 - 25/01/1999 : ministre de la Planification, de l'Environnement et du Tourisme. 25/01/1999 - : ministre d'État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie. 2004 - 2005 : 59e Président de l'Assemblée générale des Nations unies. 2007 : Vice Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de la Francophonie et de l'Intégration régionale. 1er février 2008 : Président de la Commission de l'Union Africaine.
Homme de terrain, notamment à Port-Gentil (dans l'Ogooué Maritime), Ping a montré sa capacité de mobilisation lors de la présidentielle de novembre 2005 et lors des élections législatives de 2006 au cours desquelles le Parti démocratique gabonais (PDG-au pouvoir) est remonté dans l'opinion de cette deuxième ville, capitale pétrolière du Gabon.
C'est aussi la région de Ping où il a le plus de sympathisants. Modeste et rassembleur, il a toujours su se placer au-dessus du lot et il est connu par ailleurs pour son amour pour le travail bien fait et pour sa sérénité. Il ne fait jamais la une des journaux consacrée aux hommes politiques locaux mais se trouve beaucoup plus tourné vers des missions de résolution des conflits externes, en Afrique centrale.
L'homme a acquis une plus forte popularité et une stature qui lui vaut le respect de la classe politique gabonaise après son passage aux Nations Unies, à New York. Ses nouvelles responsabilités à la présidence de la Commission de l'Union africaine lui apporteront plus d'expérience pour mieux servir son pays.
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