Edouard Tamba
5 Mars 2009
Le verdict n'est pas tombé. Jean Marie Atangana Mebara sera fixé sur son sort le 10 mars prochain. L'audience examinant sa demande de remise en liberté a été mise en délibéré mardi 3 mars 2009. C'est aux environs de 14h que l'ex secrétaire général à la présidence de la République est arrivé au tribunal de grande instance (Tgi) du Mfoundi, Centre administratif. Veste noire, pantalon gris, chemise bleue et cravate. Celui que certains appelaient « vice-dieu » descend d'un véhicule 4x4 de la gendarmerie nationale, une casquette à la Dina Bell vissée sur la tête. Otele Essomba, sanglé dans un costume noir sort du même véhicule. Ils sont escortés par cinq gendarmes et deux éléments de l'administration pénitentiaire.
Ils se dirigent vers le cabinet du président du Tgi du Mfoundi, Gilbert Schlick. Jean Marie Atangana Mebara est reçu le premier. Près de deux heures de débat à huis clos. Me Nguini et Me Atangana Ayissi, ses conseils demandent que leur client soit remis en liberté. Ces derniers relèvent que le mandat de détention préventive dont leur client fait l'objet est arrivé à expiration le 6 février dernier. Et depuis lors, ledit mandat n'a pas été prorogé. L'ex « grand cop's » des étudiants est toujours détenu à la prison centrale de Yaoundé. Une violation des dispositions du Code de procédure pénale selon ses avocats. Une argumentation que rejettent les représentants du ministère public. Le fait que le concerné soit toujours en prison n'a rien d'illégal selon eux. Cet échange d'arguments ne suffira pas. Le président du tribunal renvoie la cause en mettant l'affaire en délibéré.
Place à Hubert Otele Essomba et ses avocats. Même cause. Mêmes arguments. Mêmes contre-arguments. Même issue. Rendez-vous le 10 mars pour le verdit. Atangana Mebara communie avec sa famille, le temps que dure l'audience. Assis sur un banc, il est entouré de son épouse, ses frères et soeurs et d'autres proches. Il prend la peine de se lever pour accueillir chacun. Accolades, embrassades, et boutades sont de mise. « Je vis, j'ai même l'air plus en forme que toi », lance Atangana Mebara à l'une de ses connaissances. Il semble avoir le sens de la formule pour chacun de ses interlocuteurs. Chacun éclate de rire en le saluant. On échange en français, quand ce n'est pas en ewondo. L'ambiance est joyeuse. On grignote des pâtisseries, on boit un peu, on se raconte des histoires toutes drôles apparemment.
C'est à 18h30 qu'Hubert Otele Essomba sort du bureau du juge. Son compagnon de détention, lui et leur cinquantaine de proches quittent le Tgi. Les deux premiers rentrent dans leurs cellules de la prison centrale de Yaoundé. Jean Marie Atangana Mebara y est depuis le 6 août 2008, après avoir été interpellé le 1er du même mois. Il fait l'objet d'une instruction judiciaire suite à des soupçons de détournements de deniers publics dans le dossier de l'acquisition foireuse d'un aéronef pour le président de la République. Une affaire qui a d'abord emporté Hubert Otele Essomba le 31 juillet 2008.
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