Abidjan — Amadou Toumani Touré fustige les dérives constatées dans la libre circulation des hommes et des biens entre les États de l'Afrique de l'Ouest. Le Salon international des transports en Afrique de l'Ouest s'est ouvert, hier, dans la capitale malienne. Le Président de la République du Mali, Amadou Toumani Touré, n'est pas du tout content de la fluidité routière au sein de l'Union monétaire ouest-africaine (Uemoa).
Il constate que les nombreux postes de contrôle mis en place par les différents Etats pour lutter contre le grand banditisme conduisent à «des dérives dans l'application de cette mission. Qui se traduisent par des contrôles intempestifs enfreignant la libre circulation des personnes et des biens». Aussi, invite-t-il à «combattre efficacement ce fléau pour éradiquer très rapidement les mauvaises habitudes».
Le Président malien a fait cette remarque forte, hier, à la cérémonie d'ouverture du premier Salon international des transports en Afrique de l'ouest (Sitrao) qui se tient à Bamako jusqu'au 15 mars. Le sujet abordé par le Chef de l'Etat malien est en bonne place dans les travaux du Salon. D'où sa joie, comme il l'a dit lui-même. Il espère que les Etats et la Commission de l'Uemoa seront attentifs aux recommandations visant à améliorer la qualité des moyens et des services des transports dans l'espace communautaire.
En attendant que les différentes conférences et autres communications produisent des recommandations, ce sont de nombreuses institutions et entreprises évoluant dans le secteur des transports en Afrique de l'ouest, avec une forte dominance du secteur maritime, qui ont pris d'assaut les couloirs et halls de l'immense Centre international de conférences de Bamako. Dans leurs stands, ils exposent, expliquent, vantent, proposent leurs savoir-faire afin de convaincre et de nouer des partenariats.
Parmi les participants, il y a principalement le port autonome d'Abidjan. Sponsor officiel, il trône sur l'événement. Un stand digne de son rang. Un camion d'animation publique dans la cour bref. Tous les ingrédients qui instruisent tous ceux qui ont pu écouter le Président Toumani Touré lorsqu'il a bravé la bousculade de la cohorte de photographes pour monter sur le stand du port et saluer le directeur général, Marcel Gossio, et ses collaborateurs. «Il était impossible pour nous d'organiser un tel événement sans le Port autonome d'Abidjan.
Il est une composante essentielle des transports au Mali». Et puis, «connaissant la capacité et le rang qu'occupe le port dans la sous-région, vous comprenez tout l'intérêt que le Mali et moi lui portons», a-t-il dit aux journalistes.
De tels propos ne peuvent que conforter les dirigeants du Port dans leur décision de venir au Sitrao. Au nombre de ceux-ci, le directeur général adjoint, chargé de l'administration, des finances et de l'exploitation, Pierre Mambé, et le directeur général adjoint technique, Christophe Yéhiri. Le directeur général, Marcel Gossio, justifiant sa présence, a estimé effectivement que compte tenu de ce que «le port est un maillon important du transport international, partout où ce sujet est traité, nous ne pouvons que répondre présents».
L'autre motivation qui explique la présence du port d'Abidjan au Sitrao, est, selon Marcel Gossio, liée au fait qu'il a répondu positivement à la demande de sponsoring que lui a exprimée le ministre malien des Transports et de l'Equipement, Hamed Diane Séméga. Au-delà même de l'institution qu'il dirige, il pense qu'en ces temps de crise financière mondiale, ces forums sont les bienvenus.
Dans la mesure où ils permettent aux participants de «discuter véritablement afin de prendre des décisions courageuses concernant les transports dans la sous-région. Parce que comme le Président Toumani Touré et le représentant de la Commission de l'Uemoa l'ont dit, le transport est un outil majeur d'intégration de nos économies».
En ce qui concerne, le port autonome d'Abidjan, c'est une bonne occasion, poursuit le directeur général, d'échanger avec tous ces partenaires institutionnels et privés des différents pays de son hinterland afin de prendre en compte leurs préoccupations dans le but d'y répondre efficacement.
Un ancien haut cadre du port autonome d'Abidjan, rencontré dans les allées du salon, a indiqué, hier, que des participants le chahutant, lui ont dit que le port avait envahi le Sitrao et qu'il «étouffait» les autres. Cela est effectivement visible dès qu'on met les pieds dans les lieux de l'événement. En fait, il ne s'agit pas seulement de l'autorité portuaire. La communauté portuaire d'Abidjan s'est déplacée de façon très significative.
On note la présence de l'Office ivoirien des chargeurs (OIC), Simat, Athena Shipping, Global Manutention, USC, le groupe Bolloré, les Grands moulins d'Abidjan. Toutes ces entreprises, excepté, la dernière, tiennent des stands bien en vue. A côté de la communauté portuaire d'Abidjan, il y a le port autonome de San Pedro et l'Académie régionale des sciences de la mer.
Comments Post a comment