Sidwaya (Ouagadougou)

16 Mars 2009

Burkina Faso: Journée nationale du paysan : Amorce d'une rupture

Le président du Faso, Blaise Compaoré a pris part, vendredi 13 mars 2009 à Koudougou, au meeting des producteurs, place de la mairie qui a encore réaffirmé la nécessité d'une politique de diversification des productions agro-sylvo-pastorales, gage de stabilisation et de sécurisation des revenus des producteurs ruraux.

Blaise Compaoré congratule les braves paysans du Burkina Faso.

Scène de liesse à Koudougou à l'occasion du meeting entre le président du Faso et les producteurs.

Le ministre chargé de l'agriculture l'a reconnu. La monoculture n'a plus sa place au Burkina Faso. Produire varié semble l'option prise pour garantir aux millions de producteurs ruraux des revenus sûrs, stables et impulser, pourquoi pas, la sécurité alimentaire. Laurent Sédogo qui s'exprimait, vendredi 13 mars place de la mairie de Koudougou, au cours du meeting à l'occasion de la XIIIe Journée nationale du paysan (JNP) prévient que la diversification ne doit pas être perçue comme un slogan politique ou un mot d'ordre en vogue, avertissant cependant que toute autre option pourrait conduire à des lendemains incertains. Ces propos semblent traduire une rupture dans la façon dont l'agriculture burkinabé veut se bâtir dorénavant. Mais en même temps, M. Sédogo se convainc qu'il n'est pas question de remettre en cause la culture du coton. Car, à chaque fois que cette filière éternuait, c'est toute l'agriculture du pays qui s'enrhumait. Si le coton a fait son Å"uvre, soutenu les braves et vaillants producteurs, il faut cependant reconnaître que les temps ont bien changé. C'est d'ailleurs l'avis du président du Faso qui pense que les contraintes de l'agriculture sont mouvantes d'une année à l'autre. "Le monde bouge, nous devons bouger avec pour bâtir une agriculture forte, au service de l'économie nationale et des populations. Parler de diversification signifie s'adapter aux défis nouveaux", a soutenu Blaise Compaoré devant un parterre de paysans. Et les défis sont aussi nouveaux. Crise alimentaire, énergétique et économique, changements climatiques, difficile accès aux crédits et aux intrants, inorganisation des circuits de commercialisation... Les problèmes sont à la fois endogènes et exogènes. Face à ces défis, le président Compaoré appelle à définir une politique agricole intégrant les changements climatiques. Il s'agit d'anticiper sur les effets pervers (risques environnementaux, destructions d'infrastructures, baisse de rendement)des péjorations climatiques en asseyant une agriculture durable. Il faut une réponse politique audacieuse pour favoriser l'accès des pauvres ruraux aux ressources naturelles, à la terre, à l'eau, ajoute pour sa part le président de la Confédération paysanne, Bassiaka Dao. Mais aussi, ajoute-t-il, ils ont besoin de vendre leurs produits à bon prix dans un marché régularisé et équitable. Ce souci commande aux acteurs du développement rural d'identifier, de développer, de fortifier et consolider de nouvelles filières dans les secteurs agricoles, de l'élevage, de la foresterie et de la faune. Et le ministre Sédogo de renchérir que pour progresser, les Burkinabè doivent accepter le changement dans la production, la transformation et la commercialisation des produits agro-sylvo-pastoraux ainsi que les habitudes de consommation. Mais l'agriculture pour prendre son envol a besoin de s'adosser au progrès de la recherche. Laurent Sédogo rappelle qu'autrefois en Europe, il fallait mille heures de travail pour produire un quintal de blé. L'intégration de la chimie dans l'agriculture et la mécanisation ont permis de réduire ce temps respectivement à une centaine d'heures dans les années 40 jusqu'à un quart d'heure de nos jours.

90 agents du développement rural décorés

«Le progrès c'est la liaison production-marché, c'est l'organisation en filière, c'est la production transgénique, c'est la transformation des produits, c'est la valeur ajoutée», a plaidé Laurent Sédogo. En cela, la diversification des productions agro-sylvo-pastorales se présente comme une alternative capable de provoquer le changement des systèmes de productions et d'accroître les revenus paysans.

Ce qui va par là même assurer la sécurité alimentaire. Entre discours, animation de troupes et bain de foule du président du Faso, le meeting des producteurs a été une occasion de récompenser les acteurs du développement rural.

L'un des temps forts du meeting a été sans conteste, la décoration

Remise des conventions de financements du PNGT2 d'un montant de plus de 6 milliards de F CFA aux 13 gouverneurs de régions.

des agents du développement rural. Ainsi, 90 agents ont été élevés au rang de chevalier de l'Ordre du mérite avec agrafe développement rural. Il y a eu la remise de convention de financement du Programme national de gestion des terroirs, phase 2 (PNGT2) d'un montant de plus de six milliards de F CFA répartis entre les treize régions. Ces financements sont destinés à appuyer le développement régional par l'aménagement de périmètres irrigués, la construction d'infrastructures socio-éducatives et la protection de l'environnement.

Le président du Faso se prononce...

"C'est un plaisir pour moi de prendre part à cette rencontre traditionnelle avec le monde paysan. Elle constitue une école pour le développement économique et social. Nous avons l'occasion d'évaluer le travail abattu, de corriger les insuffisances, de mieux apprécier les contraintes pour assurer le progrès du monde rural. Nous sommes dans un contexte de crise économique et de vulnérabilité climatique. Cela nous commande de réfléchir sur les moyens pour sortir les paysans de la pauvreté. C'est pourquoi le présent thème de la JNP est très important pour nous. Nous allons harmoniser la compréhension du mot diversification sur le plan économique, écologique et social. C'est d'un grand intérêt pour le monde rural. Nous allons diversifier nos productions agro-sylvo-pastorales, donner plus de revenus aux paysans en vue d'assurer une cohésion sociale durable et empêcher qu'il y ait des migrations comme on le voit. Nous allons mieux conserver la diversité biologique pour nos plantes, notre faune et nos forêts et commercialiser les produits agricoles. C'est un ensemble à la fois économique et social que nous voulons construire pour moderniser davantage notre agriculture en la diversifiant. Cela va nous amener à intégrer d'autres productions et d'autres activités de nature à amplifier nos productions locales".

Propos recueillis par S.N.C

Blaise Compaoré et les producteurs, main dans la main, contre la pauvreté

Les Etats généraux de l'agriculture burkinabè se sont tenus du 12 au 14 mars à Koudougou. Le président du Faso, Blaise Compaoré, comme il est de coutume, a eu des échanges avec les producteurs.

De 9 h à 15 heures, soit 6 heures d'horloge, Blaise Compaoré a échangé avec les producteurs, le samedi 14 mars. Ce dialogue direct entre le Président du Faso et les paysans, devenu une tradition depuis treize ans est toujours un moment d'émotion et d'intense communion entre les plus hautes autorités du pays

Entouré des membres du gouvernement, Blaise Compaoré a prêté une oreille attentive aux préoccupations des producteurs.

et les populations paysannes, au cours duquel les uns et les autres renouvellent leurs engagements à faire de l'agriculture, le moteur de l'économie nationale.

La XIIIe édition n'a pas fait exception à la règle. Le chef de l'Etat, accompagné du Premier ministre Tertius Zongo et des membres de son gouvernement se sont prêtés aux questions des producteurs. Le sens de l'humour de Blaise Compaoré, la rhétorique de Tertius Zongo et les thèses du praticien Laurent Sédogo se sont mêlés et entrecoupés pour donner un éclat particulier à la cérémonie. Quant aux paysans, avoir le chef de l'Etat et tous ses collaborateurs à leur écoute est à la fois émouvant et galvanisant. Tout est donc réuni pour dire : "Yes we can". Et c'est cet optimisme qui transparaît dans les propos des participants à cette XIIIe journée du paysan. "La crise alimentaire actuelle est à la fois une difficulté et une opportunité pour le Burkina Faso", a soutenu le président du Faso. Pour cela, a t-il poursuivi, "nous devons bouger davantage et nous adapter aux changements". C'est en cela que la contribution des chercheurs est vivement attendue. Le Premier ministre Tertius Zongo et le président du Faso ont joint leur voix pour appeller les acteurs de la recherche à se mobiliser pour accompagner le gouvernement et les producteurs pour relever les défis de la sécurité alimentaire. "Nous devons mettre fin aux lamentations et aux plaintes inutiles pour regarder de l'avant," a déclaré Tertius Zongo. Avec un engagement plus fort, en faisant confiance aux chercheurs, a-t-il soutenu, le Burkina Faso, malgré la rigueur du climat, peut tirer son épingle du jeu, pour peu qu'on donne les moyens aux chercheurs de mettre à la disposition des producteurs des semences améliorées adaptées au climat et à la qualité du sol. Tertius Zongo a également invité les producteurs à moderniser leur agriculture. Car les semences améliorées à elles seules ne suffisent pas pour produire suffisamment en qualité et en quantité. En effet, a-t-il conseillé, la daba, outil traditionnel de production doit être abandonnée aux profits d'équipements plus modernes comme la charrue et mieux, le tracteur. C'est la condition sine qua non pour nourrir cette population burkinabè qui s'accroît de jour en jour. Le gouvernement, pour sa part, s'engage à accompagner les paysans dans ce combat vers la modernité à travers la fourniture d'équipements et d'engrais à des coûts bien étudiés.

Le ministre de l'Agriculture est, quant à lui, revenu sur le thème de cette XIIIe édition des JNP qui le passionne tant, à savoir la diversification de la production agricole. De son avis, le Burkina Faso, ne saurait continuer à tout miser sur le coton au regard des incertitudes qui planent sur le secteur. Diversification, intensification et modernisation doivent, selon lui, être les maîtres-mots de la production agro-sylvo-pastorale du pays. "Tout producteur doit considérer son activité comme une entreprise", a t-il relevé. C'est pourquoi selon Laurent Sédogo, l'accent sera mis sur la formation et le partage d'expérience afin d'amener les producteurs à mieux comprendre les grands défis de l'heure et de les relever.

Car l'agriculture ne se résume plus au simple fait de semer et de récolter, elle doit prendre en compte, selon le ministre, tous les autres aspects qui l'entourent tels que la distribution, la transformation et la commercialisation.

Aux préoccupations des producteurs qui ont tourné autour des question de coton, de crédits, de semences et de commercialisation, le gouvernement a essayé de donner des réponses plus au moins satisfaisantes. Et comme il est de coutume, les paysans ont pris de nouveaux engagements et le gouvernement a fait de nouvelles promesses. C'est là toute l'originalité de la Journée nationale du paysan.

Fatouma Sophie OUATTARA

La JNP s'internationalise

La XIIIe édition de la JNP a marqué une rupture d'avec les autres en ce sens qu'elle a pour la première fois connu la participation de représentants de pays amis, à savoir le Togo, la France et le Luxembourg.

"Le Togo est venu pour observer, apprendre, écouter les expériences du Burkina", a confié son ministre en charge de l'Agriculture et de la Pêche. En effet, ce pays a emboîté les pas du Burkina Faso en organisant la première édition du Forum national du paysan, le mois dernier. La JNP a également servi de tribune aux partenaires techniques et financiers pour réaffirmer leur soutien au Burkina Faso et à son agriculture. Des organisations non gouvernementales ont aussi partagé avec les producteurs burkinabè, leur expérience en matière d'élevage, d'agriculture et de protection de l'environnement.

.S.O.

Les sept recommandations de la XIIIe JNP

1- L'oragnisation et la structuration des acteurs par approche filière

2- Disponibilité et accessibilité des intrants de qualité

3- Faciliter l'accès au financement à travers la réduction des taux d'intérêts et des mesures adaptées

4-Renforcer les capacités par l'appui-conseil et la professionnalisation des producteurs

5- Accélération de l'électrification rurale pour faciliter la transformation et la commercialisation des productions agro-sylvo-pastoraux

6- Promouvoir la mécanisation agricole par des équipements adéquats

7- Adopter une loi d'orientation agricole

Les engagements de la XIIIe JNP

a) Environnement

-Structurer et animer les filières de production végétale

-Pormouvoir l'aviculture

- Valoriser la filière karité, néré, balanitès et gomme de raisine

b) Agriculture

-Accroître la production de niébé de 30 % de 724 000 tonnes à 940 000 tonnes en emblavant 0, 24ha par ménage

- Augmenter la production de sésame de 36 % de 46 000 à 60 000tonnes en emblavant 0,5 ha par ménage

-Les chambres régionales d'agriculture s'engagent à faire respecter les clauses contractuelles

-Relever le taux de consommation de la semence améliorée de 6 à 15% d'ici à 2012

-Réaliser une fosse fumière par ménage

C) Ressources animales

-Collecter et traiter 4 millions de litres de lait

-Produire 6 millions de bottes de fourrages de 10 kg

-Produire 45 000 tonnes de viande

-Vacciner 18 millions de volailles contre la peste aviaire

- Reboiser 9 millions de plants

-Construire 50 zones villageoises d'intérêt cynégétique

Le gouvernement répond aux préoccupations des producteurs Des morceaux choisis

Vu l'intérêt de l'entretien direct entre Blaise Compaoré, président du Faso et les délégués du monde rural sur leurs préoccupations, nous vous proposons quelques points saillants ...

Pourquoi l'Etat ne peut-il pas intervenir pour fixer les prix des céréales comme cela se passe ailleurs?

L'augmentation des prix des céréales sur le marché est le fait que la demande est supérieure à l'offre. Tant qu'il sera ainsi, les prix vont continuer à grimper. Fixer un prix n'est pas la meilleure solution. Tout ce que nous pouvons faire est d'accroître notre production. Toutefois, il faudrait accepter que les paysans eux-mêmes ont besoin que les prix grimpent afin de tirer le maximum de profit de leurs efforts. Il y a 20 ans cela n'était pas possible. L'agriculture ne nourrissait pas son homme. Nous devons donc comprendre qu'aujourd'hui le paysan aussi doit vendre ses produits pour acheter du carburant, soigner et nourrir sa famille, instruire ses enfants...

La loi foncière en cours d'élaboration contient-elle des dispositions pour faciliter l'accès des femmes à la terre?

La question de la femme et l'accès à la terre des femmes est une question d'intérêt pour l'Etat. Sur ce point, les femmes peuvent se rassurer, leurs aspirations légitimes et leurs droits ont été pris en compte dans le projet de loi sur la sécurisation foncière.

A quand une retenue d'eau par commune ?

Dans le cadre de l'hydraulique agricole, nous envisageons de faire un programme de construction de barrages et de retenue d'eau. Il s'agira d'identifier les zones qui ont le plus besoin et au fur et à mesure, de pouvoir couvrir toutes les communes.

Pourquoi les travaux du barrage de Samandéni tardent-ils à démarrer ?

C'est une question de coordination des bailleurs de fonds. Le processus est long. Les questions financières sont souvent difficiles. Les financiers ont des procédures qui échappent parfois à notre compréhension. Pour le barrage de Samandéni, il y a neuf bailleurs de fonds dont l'Etat burkinabè. Mais le bout du tunnel n'est pas loin. Nous avons déjà indemnisé les victimes. A partir de cette saison, les travaux du barrage vont effectivement commencer. C'est un engagement et nous veillons à le respecter.

Pourquoi la livraison des tracteurs par le FEER traîne-t-elle toujours alors que les producteurs ont versé leur acompte depuis août ?

Jusqu'à présent, le FEER, sur plus de 700 tracteurs, a vendu seulement 250. Avec l'UNPCB, nous avons pu placer des tracteurs, au niveau des producteurs cotonniers. Une trentaine de tracteurs a déjà été livrée sur le terrain. Il reste toujours un peu plus d'une centaine. Simplement parce que le FEER qui a reçu mandat de conduire cette opération, connaît quelques difficultés. Nous allons travailler au niveau du gouvernement pour que le FEER ait la capacité de suivre les producteurs sur le terrain.

En effet, pour chaque tracteur livré, l'Etat devrait prendre en charge les huiles, la batterie, etc. Malheureusement, cela est encore à la charge du FEER. Mais rapidement avec le ministre des Finances, nous allons débloquer cette situation, afin que d'ici la campagne prochaine, tous les producteurs soient satisfaits.

Quelle place le gouvernement accorde au Jatropha par rapport aux cultures vivrières ?

Le Premier ministre a instruit le gouvernement de mettre en place une politique dans ce sens. Depuis quelques temps, à la faveur de la hausse du prix du pétrole, les biocarburants ont pris de l'importance. Dans notre pays, sous l'instigation du gouvernement, beaucoup de producteurs ont adhéré à cette culture. Il y a également de la valeur ajoutée en ce sens que la mélasse peut servir comme composte. Ce qui est une très bonne chose.

De plus, cette plante est indiquée pour couvrir les zones particulièrement dégradées. Ce qui est également important dans la mesure où elle permettra de récupérer les terres dégradées. Par contre, ce que nous avons comme inquiétude, c'est de voir de grandes étendues occupées par le Jatropha en monoculture. Malheureusement, les semences proviennent de partout (Inde, Ghana, etc.) et ne sont pas certifiées. En cas d'attaque, nous allons avoir des difficultés au plan environnemental.

F.S.O

S.N.C

Blaise Compaoré visite la foire

L'une des innovatioins de la XIIIe JNP a été sans doute la foire régionale. C'est ce pan de la diversité des productions que Blaise Compaoré est allé visiter et saluer, le vendredi 13 mars 2009 à Koudougou.

"Le constat qui se dégage de la visite est que le potentiel existe au Burkina Faso pour organiser la diversification des productions agro-sylvo-pastorales. Non seulement ce potentiel existe comme nous l'avons vu, mais nous sentons une émergence d'expertise locale qui gagnerait à être renforcée, à être utilisée intensément dans le sens de la diversification. Cette visite à la foire nous a donné beaucoup d'idées, et surtout nous a permis de comprendre qu'il y a dans notre terroir des possibilités immenses pour promouvoir le développement agricole de façon plus importante. Le message que j'adresse à tous

"Nous restons à côté des producteurs

pour les pousser à aller de l'avant", a rassuré Blaise Compaoré, à l'issue de la visite de la foire.

ces producteurs, c'est de leur dire que nous restons à leurs côtés afin de voir ensemble dans quel sens nous pouvons agir pour consolider ces acquis et les pousser à aller de l'avant".

Propos recueillis

par François Kaboré.

Le Sanguié fortement représenté à la foire régionale

Les producteurs du Sanguié ont dominé la foire régionale destinée à mettre en valeur le potentiel agro-sylvo-pastoral de la région du Centre-Ouest.

L'Union provinciale des producteurs des fruits et légumes du Sanguié (UPPFL/S)est venue en force à la foire régionale tenue à Koudougou, du 12 au 14 mars 2009, à l'occasion de la XIIIe Journée nationale du paysan. Environ 73 exposants de cette Union sur trois cents ont

Les produits exposés par les producteurs du Sanguié.

présenté divers fruits et légumes : choux, oignons, tomates, carottes, ail, aubergines, concombres, pomme de terre... Dans les stands, le Sanguié a fait une démonstration de force. Le président de l'UPPFL/S, Bernadin Bado, explique cette présence massive par le souci de rechercher des nouveaux débouchés et de planifier la commercialisation de leur production. La province du Sanguié est positionnée comme une grande zone de production de fruits et légumes estimée à la campagne écoulée à plus de 21 000 tonnes d'oignons. Une activité qui a beaucoup amélioré les revenus des producteurs. "Ça permet de scolariser les enfants, d'entretenir les familles et de diminuer considérablement l'exode rural", explique M. Bado ajoutant que les producteurs se débrouillent mieux de nos jours. Si hier, les producteurs avaient de la peine à assurer la scolarité de leur progéniture jusqu'au secondaire, aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Mieux, ils n'ont plus besoin d'aller à Abidjan pour réaliser leur rêve. Grâce à la production des fruits et légumes, les jeunes du Sanguié construisent ou s'achètent des engins à deux roues, certains réalisent des revenus de 1 million de F CFA, souligne Bernadin Bado. Et Elisabeth Kambine fait partie de ceux qui tirent profit de cette activité. Productrice de fruits et légumes, elle reconnaît que "ça rapporte de l'argent. je suis contente d'être à cette foire". Outre les revenus, l'activité procure aussi des honneurs. C'est ainsi que Mme Kambine a été lauréate du premier prix au cours de la journée des fruits et légumes à Réo.

S.N.C

Des exposants s'expriment

Zoungrana Claude, producteur de bananes à Salbisgo (Boulkiemdé): Nous avons commencé la production de la banane il y a deux ans. Mensuellement nous pouvons récolter entre trois et quatre tonnes de banane que nous écoulons uniquement sur le marché de Koudougou. C'est vrai que tout est écoulé sur place à Koudougou, mais avec beaucoup de difficultés ; il est donc souhaitable que le marché de la banane soit bien organisé pour nous permettre de tirer un profit qui puisse être à la hauteur de nos efforts.

En fait, c'est au nom du Centre d'accueil et de rééducation des enfants en difficultés de Salbisgo que nous produisons la banane. C'est donc une façon pour nous, d'initier tous les enfants qui viennent de tous les coins du Burkina Faso au jardinage et particulièrement à la production de la banane ; mais aussi l'oignon, la papaye, l'aubergine ...

Notre souhait, c'est d'avoir un soutien qui nous permettra de bien encadrer les enfants que nous recevons, car l'objectif c'est de leur permettre de s'autogérer à partir du jardinage à leur sorti du centre de Salbisgo. Pour le moment, nous exploitons trois hectares et demi et un soutien nous permettra d'aller au-delà.

Kanyala Siata, productrice d'oignon du village de Kyon dans le Sanguié: C'est depuis 1997 que j'ai abandonné l'école en classe de 6 e par manque de moyens. Depuis lors, je me donne annuellement à la production de l'oignon après avoir travaillé avec mon papa durant deux ans. Maintenant, je suis productrice à part entière, et je parcours le même circuit que les hommes pour me ravitailler en semences comme en intrants, le plus souvent jusqu'à Ouagadougou.

A chaque saison, je peux comptabiliser 350 à 400 sacs d'oignon que je vends.

Pour mes revenus, je gagne au minimum 500 000 F CFA comme bénéfice par an.

Le seul problème que je rencontre, et il faut le dire avec regret, c'est le problème de parcelle pour exploiter. Nous femmes, nous sommes considérées comme des gens qui n'ont pas droit à la terre. Pour ce qui me concerne, je paie annuellement un montant arrêté au propriétaire terrien. En plus de cela, lorsqu'il a un problème ponctuel d'argent, il s'adresse à moi, et pour ne pas perdre ma parcelle, je fais tout pour lui trouver ce dont il a besoin.

Bamouni Arsène, producteur de pomme de terre à Ténado (Sanguié): Nous produisons environ deux à quatre tonnes de pomme de terre par an que nous vendons sur les marchés de Réo et Koudougou notamment. Pour le moment nous vendons le kilogramme à 300 F CFA.

Le problème que nous rencontrons c'est le ravitaillement en semences. Ce qui nous amène à limiter notre superficie de pomme de terre à deux hectares alors que nous pouvons faire plus. Pour le problème d'écoulement, il faut dire que le problème ne se pose pas. Nous n'arrivons même pas souvent à satisfaire la clientèle.

Propos recueillis

par François Kaboré

Lancement des travaux du périmètre irrigué du barrage de Soum

Un pas vers l'abondance

Le ministre en charge de l'Agriculture, Laurent Sédogo a procédé, samedi 14 mars 2009 à Soum, dans le Boulkiemdé, au lancement des travaux d'aménagement du périmètre irrigué du barrage de cette localité d'une capacité de 103 millions de m3.

Un projet d'aménagement hydroagricole a cours à Soum dans la région du Centre-Ouest. Son barrage de 103 millions de m3 d'eau va favoriser l'aménagement et la mise en valeur de 1008 ha de périmètres irrigués. D'un coût global de 16, 287 milliards de F CFA, ce projet sera bénéfique pour quatre départements

Le ministre chargé de l'Agriculture et le gouverneur Banworo Seydou Sanou procédant au lancement des travaux.

limitrophes du site (Nanoro, Pilimpikou, Samba et Kordié). Il vise à accroître la production animale, agricole et halieutique. Environ 7500 tonnes de riz et 2500t de maïs seront produits dans ce périmètre irrigué. Il est prévu la réalisation de 20 km de pistes rurales pour faciliter l'accès au périmètre, sept forages et un parc de vaccination et 10 km de couloirs de passage pour bétail. Le plan de gestion environnemental et social prévoit construire également un centre de santé, une école et deux marchés ruraux pour faciliter l'écoulement des productions et les transactions commerciales.

De plus, la zone pourrait connaître un rayonnement de la production maraîchère. Ce qui fait dire au ministre Sédogo "j'espère que Soum deviendra une des capitales de la tomate (...)" ajoutant que le lancement des travaux de la première tranche du périmètre irrigué constitue une réponse à la diversification. Démarrée en 2005, la construction du barrage de Soum a connu d'énormes difficultés. "Nous avons eu un problème technique à savoir une insuffisance au niveau de l'étude. Il y a donc des quantités supplémentaires nécessitant d'autres coûts", a expliqué Yacouba kanazoé de l'entreprise OK chargée de construire le barrage. Estimant le taux d'exécution des travaux du chantier à 80 %, il a indiqué que la reprise des décaissements rassure son entreprise pour la reprise des travaux. Il reste à achever les travaux de finition du barrage et de renforcement de la digue et du déversoir. Une reprise qui redonnera espoir aux populations de Soum qui attendent cet ouvrage hydroagricole depuis des décennies. Pour le maire de Nanoro, le barrage de Soum annonce l'abondance en riz, en maïs et en poisson dans la région. "C'est le plus grand cadeau offert au monde rural. Les producteurs s'engagent à faire en sorte que dans deux ans les objectifs soient atteints", a rassuré Anatole Conombo, maire de Nanoro, ajoutant que le projet conduira à l'autosuffisance. En attendant la mise en eau du barrage courant saison des pluies prochaine, le ministre Sédogo semble donner le ton en lançant la première tranche d'aménagement de 508 ha exécutée par l'Africaine de travaux publics (ATP)pour un délai d'exécution de 17 mois. Pour le directeur des grands travaux de ATP, Tahar Boughattas, il s'agit d'aménager 508 ha, de construire un canal principal de la prise du barrage. "L'eau va bifurquer par des canaux secondaires et tertiaires. Nous avons l'expertise pour ce genre des travaux", a-t-il rassuré. En effet, ATP une société de droit burkinabè au capital de 100 millions de F CFA a des compétences pour la réalisation de bâtiments, d'infrastructures hydrauliques et routières.

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