Cameroon Tribune (Yaoundé)

Cameroun: Les 30 bougies de Moni Bile

Le chanteur les célèbre le 17 avril prochain à Douala, avec des invités prestigieux. Quand on le voit, on a envie de lui crier «Bastos toujours jeune!» Parce que Moni Bile est toujours aussi pimpant, fringant, jeune. L'homme a pourtant derrière lui 30 ans de carrière. Qu'il célèbre le 17 avril à Douala, au cours d'un dîner spectacle auquel prendront part Pierre Akendengue, Jacob Desvarieux, Meiway, Henri Dikongue, Charlotte Dipanda et de nombreux autres artistes. La commémoration vise à démontrer qu'une belle carrière peut durer longtemps. Et c'est bien l'histoire de Moni Bile qui, très tôt, avait pris un abonnement au succès.

Au point où, dans les années 80, le chanteur décroche deux disques d'or avec « O si tapa lambo lam » et « Chagrin d'amour », puis un maracas d'or de la musique moderne africaine, prix décerné par Radio France Internationale, la Sacem et l'Académie de jazz de Paris.

Il n'y en avait pas encore pour la déferlante mandingue d'aujourd'hui sur la place de Paris. « O si tapa lambo lam », paru en décembre 1982, véritable phénomène, avait tellement bien marché qu'un dessinateur, dans ces colonnes, avait fait un dessin sur lequel on voyait un mélomane demander à un disquaire la chanson qui fait « inh ooh, inh ooh ».

Une époque que Moni Lobe évoque avec fierté. L'époque où, se souvient-il, la musique camerounaise dominait la scène d'Abidjan à Kinshasa. « On ne le sait pas, regrette-t-il, nous remplissions des stades au Congo.

Les gens dansaient « Bijou » ou «Tout ça c'est la vie» dans les boîtes de nuit à Lomé ou à Libreville. C'était important pour nous que notre musique domine les autres. Nous nous étions installés chez les autres et c'est notre musique que l'on écoutait. Aujourd'hui, ce n'est plus tout à fait cela ». Hélas !

Porte-flambeau d'un makossa moderne qui faisait la loi entre la fin des années 70 et le début des années 80, Moni Bile démarre avec « Ngand'a Tumba », en 1979 en Côte d'Ivoire, alors carrefour de la musique africaine.

Avec la touche de l'incontournable Aladji Touré. Les textes sont faussement naïfs, la musique dansante et le public, surtout féminin, en redemande. Et Moni Bilé, bête de scène, réussit le pari d'être un chanteur de variétés à la mise impeccable et à la réputation irréprochable. Ah, le noeud pap !

Le spectacle du 17 avril sera retransmis par une ou deux chaînes de télé locales. Rien à voir avec le 20e anniversaire célébré, lui, à Paris. Le reproche lui avait d'ailleurs été fait de n'avoir pas pensé au Cameroun natal.

Ce sera donc fait et les 30 ans sont également l'occasion de faire paraître « Moni Bile Story » avec dedans, un Dvd et cinq CD. Et même un nouvel album, le 20e, « Amour et Divinité ». C'est son anniversaire et c'est lui qui offre des cadeaux.


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