Yves Atanga
24 Mars 2009
Les chanteurs du pays ont trouvé un nouveau créneau dans les tournées, à la demande pressante de la diaspora. Les nouvelles vont vite. Et le succès grandissant de la jeune génération de chanteurs de bikutsi n'a pas longtemps échappé aux Camerounais de la diaspora. Notamment ceux d'Europe, qui ont vite constitué une grosse demande. C'est ainsi que l'on peut décrire le nouveau marché offert depuis quelque temps aux Majoie Ayi, Lady Ponce, Tonton Ebogo et autres Aï-Jo Mamadou en France, en Suisse et même en Allemagne.
A l'invitation de différents opérateurs, nos stars nationales se rendent régulièrement pour répondre à l'appel de ces autres fans. C'est justement à Paris qu'on tombe sur une Majoie Ayi en pleine tournée depuis le mois de février dernier. Invitée par une association camerounaise baptisée « Union » à l'occasion de la fête de la Jeunesse, la chanteuse a finalement dû prolonger son séjour pour participer à une série de spectacles live.
Pour l'auteur de « Panik à bord », ce genre d'opportunités est à saisir des deux mains : « Ça vaut le coup à plus d'un titre. D'abord par curiosité personnelle, ça me permet de découvrir un nouveau public. » Visiblement fatiguée par son spectacle de la veille à Lyon, la chanteuse se dit plutôt à l'aise dans l'exercice. Mieux, elle estime même que c'est une aubaine pour une artiste du pays : « Au Cameroun, il n'y a pas assez de spectacles live.
Pourtant, c'est d'abord de cela que se nourrit l'artiste musicien. Et pour les artistes, c'est une situation très difficile. Nous avons cette possibilité lors de nos passages ici et c'est tant mieux. » Sentiment partagé par Tonton Ebogo, et Véronik Facture, qui ont rejoint la tournée à la fin février et qui en profitent pour faire quelques piges avec des musiciens camerounais actuellement en studio.
La caravane est donc passée par Paris, Lyon, Nanterre, Sarcelles, Toulouse et Lausanne. Et il n'est pas exclu que d'autres étapes voient le jour. Normal, les Camerounais d'Europe ont eux aussi faim du bon bikutsi comme on en fait dans les cabarets de Yaoundé.
Et l'accueil est presque toujours à la hauteur des attentes. Majoie Ayi en est encore toute retournée : « Beaucoup de gens viennent aux spectacles par curiosité. Ils ont entendu parler de nous et ils viennent découvrir. Les fans sont décidément les mêmes.» Au même moment, Lady Ponce, Ama Pierrot et San Fan Thomas débarquaient dans la capitale française.
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