La souffrance de centaines de concitoyens victimes des essais nucléaires effectués par l'Etat français en 1960 à Reggane, dans le Sud ouest algérien, va enfin être prise en considération. La France a présenté hier son premier plan d'indemnisation de toutes les victimes algériennes et également polynésiennes. Doté de 10 millions d'euros, ce plan va servir aux personnes atteintes d'un cancer dû aux radiations.
Le ministre français de la Défense, Hervé Morin, a reconnu dans une déclaration faite à l'AFP qu'il «était temps que notre pays soit en paix avec lui-même». C'est donc une réponse qui va assurément réconforter les associations des victimes qui bataillent depuis des années pour faire valoir leurs droits. C'est le cas de l'Association algérienne des victimes des essais nucléaires français, qui, par la voix de son président Abderrahmane Laksaci, a salué ce premier pas.
M. Laksaci a réagi positivement à la présentation par le ministre français de la Défense du projet de loi incluant les Algériens parmi les listes de personnes à indemniser. Joint par téléphone par une agence de presse, il a expliqué que «c'est un premier pas positif dans le sens de notre combat, qui vise à reconnaître le droit des victimes des essais que nous considérons comme un crime contre l'humanité».
Le président de l'association ajoutera que «le plus important n'est pas d'indemniser les victimes avec une petite pension, l'essentiel pour nous est la prise en charge sanitaire des malades et ce, en érigeant un hôpital spécialisé pour le traitement des pathologies issues de ces essais, et de décontaminer la région».
A propos du nombre de victimes, le président de l'association des victimes du 13 février 1960 a avoué son incapacité à donner des chiffres exacts mais il précisera que «c'est aux experts français et algériens de venir sur place pour déterminer les sites contaminés et les personnes irradiées».
Il tiendra a insister par contre à dire qu'au-delà de l'annonce du ministre français de la Défense, le combat de l'Association du 13 février 1960 continuera «tant que la France coloniale ne reconnaîtra pas ces essais nucléaires comme étant des crimes contre l'humanité». Rappelons enfin que l'association a été créée en 2000. Son objectif premier est la revendication de «l'indemnisation des victimes des essais nucléaires et la décontamination des zones affectées».
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