La décision prise par l'autorité préfectorale d'assainir les rues de Douala s'est rapidement avérée vaine. " Chassez le naturel, il revient au galop ". Cette maxime s'applique plus que jamais aujourd'hui dans certains points de la ville de Douala, comme le carrefour dit " j'ai raté ma vie ", les rues de la joie de Deïdo et de Bali, pour ne citer que quelques-uns.
Il y a quelques mois, le préfet du Wouri, Okalia Bilaï avait pris la décision de débarrasser les filles de nuit et les enfants de la rue de ces principaux points de la capitale économique réputés être le terreau de la dépravation des moeurs. Les débits de boissons étaient également sommés d'observer à la lettre la réglementation, en respectant les heures de fermeture et en limitant la pollution sonore à travers la musique.
La mesure a semblé marcher pendant quelques semaines, mais ces derniers temps, la situation est devenue pire. Au carrefour " j'ai raté ma vie ", le spectacle qui s'offre dès 19h est de nature à ébranler la foi du plus fervent croyant.
Des filles dont l'age ne dépasse pas visiblement la vingtaine, poitrine bien mise en exergue par un corsage qui laisse transparaître les tétons, jupes qui dépassent à peine la fente des jambes, les maquillages bien dosés sur les lèvres et des paupières, sont installées en grappes près des débits de boisson d'où pète une musique assourdissante. Le regard de ces jeunes femmes est très suggestif, et elles ne manquent pas de faire des clins d'oeil ou des gestes de la main quand le mâle qu'elle calcule semble ne pas les voir.
Impossible de se tromper. On est ici en plein coeur d'une jungle du sexe. L'agressivité est de mise chez ces filles, forcées à la compétition par la rareté de la gent masculine. Leur présence, presque envahissante, semble être un défi lancé à l'autorité préfectorale. On ne pourrait pas croire qu'au mois de décembre 2008, la présence de la police, sous l'instigation de l'autorité administrative, avait presque assaini le milieu.
Il était même question pour le préfet de ne plus entendre parler de " carrefour j'ai raté ma vie ", car il fallait rebaptiser ces points de repères qui donnaient plutôt une image négative de la ville. Comme dans ce carrefour, les habitudes combattues se sont réinstallées dans les " rues de la joie ", et tous les points dits " chauds ".
La police chargée de l'exécution de ces mesures s'est progressivement laissée noyer dans le liquide de Bacchus, et la décision du préfet semble aujourd'hui n'être autre chose qu'une épée dans l'eau. Impuissance de l'administration ou mauvaise suivi des mesures ? Voire.

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