«Nous refusons que les richesses du pays soient dilapidées. Il faut absolument mettre un terme à la politique consistant à faire appel aux investisseurs étrangers sous prétexte que ces derniers vont ressusciter l'économie nationale.
Il ne faut être dupe ou faire preuve de naïveté : si ces étrangers viennent, ce n'est que pour se remplir les poches. Pour eux, la consolidation de l'économie de notre pays n'a pas droit de cité. S'agissant du FMI, nous nous opposons avec énergie aux appels lancés çà et là à l'Etat algérien pour que les 140 milliards de dollars de l'Algérie (dont une bonne partie se trouve dans les banques étrangères, notamment américaines) contribue à atténuer la crise financière et économique mondiale et ce, par l'octroi de sommes d'argent à cette institution financière. Non, que celui qui veut aider le FMI le fasse avec l'argent que son père lui a légué, non pas avec l'argent de la nation. Au niveau de notre parti, nous sommes prêts à faire ce que Hugo Chavez a fait [nationalisation des terres, NDLR]. Nous, nous irons plus loin, nous rouvrirons les 1 500 entreprises fermées. Ce serait un crime que d'ouvrir le capital aux étrangers de sociétés telles que Naftal, Sonelgaz, Sonatrach...»
C'est là l'une des déclarations phares faites par Louisa Hanoune, secrétaire général du Parti des travailleurs, lors de son meeting tenu, mardi dernier, à la salle omnisports de Blida, à la faveur de la sixième journée de la campagne électorale pour la présidentielle du 9 avril prochain. C'est d'ailleurs sur l'aspect économique que se focalisera l'essentiel du discours de la N° 1 du Parti des travailleurs. Pour l'oratrice, il ne fait pas de doute que ce sont les politiques suicidaires des différents gouvernements qui se sont succédé, qui sont à l'origine de l'hécatombe actuelle que nous vivons. «Le chômage, les harraga et bien d'autres phénomènes ne peuvent attester que de manière tangible l'incapacité de nos gouvernants», soulignera-t-elle. Elle insistera pour dire que son intime conviction réside dans la nécessité d'une réelle rupture avec toutes les pratiques qui ont été à l'origine de ce que nous vivons aujourd'hui. Parlant de la situation actuelle du pays, Mme Hanoune indiquera que cette dernière se caractérise par des blocages à tous les niveaux. «En dépit des richesses que recèle le pays, le développement tant escompté n'a pas eu lieu. A cela, il n'y a qu'une seule explication : l'absence d'une réelle démocratie», martèlera-t-elle.
Elle réitérera la position de son parti consistant en la réalisation d'une véritable rupture. Parlant de l'actuelle Assemblée populaire nationale, l'intervenante appellera à sa dissolution, d'autant qu'elle est loin d'être à la hauteur des attentes des citoyens. Parlant des députés de son parti, elle dira qu'à la moindre preuve attestant leur dérive, ils seront sanctionnés et radiés du parti. S'adressant aux jeunes, elle leur fera l'engagement de prendre à bras-le-corps leurs préoccupations si jamais elle est élue à la magistrature suprême. «Le pays qui n'accorde pas l'importance qu'il se doit à ses jeunes ne peut faire long feu», soulignera-t-elle. Au sujet de l'élection du 9 avril prochain, elle la qualifiera de déterminante dans l'histoire du pays. «Nous sommes à la croisée des chemins : soit nous votons pour le renouveau, la rupture, soit ce sera le règne de l'anarchie et du tag ala man tag», insistera Mme Hanoune.
A signaler pour terminer que le meeting du leader du Parti des travailleurs a commencé avec une heure de retard. «J'étais au siège de l'ENTV dans le cadre de l'enregistrement pour les besoins de la campagne. Des contraintes d'ordre technique ont fait que je n'ai pu enregistrer à temps», justifiera Mme Hanoune.

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