Des masques anciens de Guèlèdè, le trône original du roi Béhanzin, des sculptures anciennes et plusieurs objets d'art contemporain sont exposés à la Fondation Zinsou. Ces objets proviennent de 5 collectionneurs béninois soucieux de transmettre la richesse culturelle africaine aux générations futures d'une part et de conserver certains objets anciens afin d'éviter leur exportation ou disparition d'autre part. Ces collectionneurs ont pour noms Kouas de Ouidah, Gabin Djimassé d'Abomey, Marie-Christine et Lionel Zinsou Romuald Hazoumè et maître Adrien Houngbédji.
A travers une conférence de presse animée hier dans les locaux de la Fondation Zinsou, Marie-Cécile Zinsou, Présidente de ladite structure a exposé les démarches et les motifs de chaque collectionneur. Kouas collectionne les objets anciens afin de les transmettre aux générations futures "L'identité se situe au niveau du rapport que les vivants ont avec ces objets anciens. Il ne faut pas chercher loin, il ne faut pas chercher ailleurs", a déclaré le collectionneur. Concernant Gabin Djimassé, il collectionne les objets du vodoun afin d'empêcher qu'ils soient vendus hors du continent et d'éviter leur disparition.
"Nos aïeux se sont battus pour nous laisser un héritage, nous devons le conserver pour ceux qui vont venir et pour ceux qui sont avec nous aujourd'hui. Je me suis lancé comme défi de démontrer à ceux qui ne croient pas que c'est possible. Et comme on le dit, une volonté forte ne désespère jamais", a-t-il précisé. Quant au couple Zinsou, il achète les objets africains hors du continent dans le seul but de les faire revenir en Afrique. "Collectionner l'art africain est un engagement très fort pour notre famille. Il est esthétique, intellectuel et patriotique. Nous collectionnons pour montrer, présenter et expliquer les oeuvres.
Dans toutes les civilisations, la collection privée est la pionnière des collections publiques", confie-t-il. Maître Adrien Houngbédji quant à lui, collectionne des objets anciens, particulièrement des masques Guèlèdè de son origine à savoir le Yoruba et le Fon car, il compte finir ses jours, entouré de ces objets. "Je rêve de finir ma vie entouré d'objets que j'aime. Quand je suis face à une oeuvre d'art, je me concentre sur l'émotion qu'elle suscite en moi. Les objets existaient avant moi, je ne suis que leur gardien pour un temps donné et je les transmettrai aux générations futures", précise le collectionneur. Romuald Hazoumè est à cheval entre les objets anciens, précisément les masques Guèlèdè non sacralisés et les objets d'art contemporain.
Son objectif est de les conserver pour les transmettre aux générations futures. "J'ai besoin d'être protégé par ces objets. C'est eux qui m'apportent la force dont j'ai besoin pour poursuivre une tradition, la développer et la mettre au goût du jour". Cinq collectionneurs, cinq démarches, cinq objectifs pour en faire une exposition publique dans la structure privée qu'est la Fondation Zinsou. Cette exposition sera officiellement ouverte au public du 30 mars au 30 juin prochains. Comme d'habitude, elle est gratuite et réservée aux enfants de moins de 15 ans avec des visites guidées. Des formations sont prévues à l'intention des enseignants afin de les amener à mieux comprendre le contexte de l'exposition.

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