L'Autre Quotidien (Cotonou)

Afrique: Sommet Africain sur l'ulcère de Buruli-Des engagements fermes pour lutter contre la maladie

Les différents acteurs institutionnels de lutte contre l'ulcère de buruli venus de onze pays ont pris des engagements pour mieux s'attaquer au mal dans une déclaration publiée hier à cotonou.

C'est au cours d'une réunion de haut niveau sur l'ulcère de buruli qui se déroule au palais des congrès à cotonou. Elle est une initiative de l'organisation non gouvernementale Wafac-Africa avec l'appui du gouvernement béninois et de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le chef de l'Etat, a présidé la cérémonie d'ouverture hier en présence du président Faure Gnassingbé du Togo, des autorités politiques et des sommités médicales nationales et internationales. La réunion s'achève le 3 avril prochain.

A travers la déclaration de Cotonou sur l'ulcère de Buruli, les chefs d'Etat se sont engagés à prendre les mesures nécessaires pour appliquer pleinement la stratégie recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (Oms) pour lutter contre cette maladie. Cette stratégie consiste à :

- évaluer l'ampleur effective de l'ulcère de Buruli dans les pays, renforcer les capacités de laboratoires nationaux pour confirmer les cas, conformément aux recommandations ;

- renforcer les capacités des laboratoires nationaux pour confirmer les cas, conformément aux recommandations de l'oms ;

- intensifier à tous les niveaux, l'éducation sur l'ulcère de Buruli, en particulier dans les communautés affectées, afin de promouvoir la détection précoce des cas ;

- assurer le dépistage des cas à un stade précoce de la maladie afin de réduire la fréquence des incapacités ;

- garantir aux personnes atteintes par l'ulcère de Buruli un accès gratuit ou à un coût réduit au traitement antibiotique spécifique, ainsi qu'aux services de chirurgie et de réadaptation ;

- améliorer la cartographie et la surveillance de la maladie dans les pays affectés et encourager les échanges transfrontaliers d'informations ;

- soutenir la recherche par des coopérations internationales actives, sur l'épidémiologie, les déterminants et les effets socio- économiques, la prévention la mise au point de nouveaux outils de diagnostic et la simplification du traitement avec des médicaments par voie orale ;

- mobiliser des ressources additionnelles pour la lutte contre l'ulcère de Buruli ;

- promouvoir une collaboration efficace avec les autres secteurs de lutte contre la maladie ; - promouvoir la réinsertion socio- économique des personnes affectées par la maladie ;

- renforcer davantage le système de soins de santé primaires, notamment dans les zones affectées, afin de permettre une meilleure intégration et mise en oeuvre des activités de lutte et de prévention des incapacités.

Les raisons de la réunion

Des millions de personnes, surtout démunies souffrent de maladies tropicales négligées dont l'ulcère de Buruli. Au Bénin, depuis 1997 plus de 11.000 cas ont été dépistés et traités. Chaque année, plus de 1000 nouveaux cas sont reçus dans les formations sanitaires. Une conférence internationale a été organisée en 1998 à Yamoussokro en Côte d'Ivoire sous l'impulsion du Bénin et sous l'égide des chefs d'Etats du Bénin, du Ghana et de la Côte d'Ivoire pour l'organisation de la lutte et de la recherche sur l'ulcère de Buruli. Mais dix années après cette conférence cette maladie demeure encore peu connue des décideurs et du public. Elle pose ainsi le problème de l'insuffisance du plaidoyer et de la mobilisation sociale en faveur de cette maladie.

Pour ce faire, la réunion de haut niveau a pour objectifs de renforcer le partenariat en vue de la mobilisation des ressources en faveur de la lutte contre l'ulcère de Buruli et les autres maladies tropicales négligées. En outre, de susciter l'engagement politique en faveur de la recherche et de la lutte contre la maladie et les autres maladies tropicales négligées. Enfin, faire le bilan des progrès accomplis dans la lutte contre les maladies tropicales négligées et la recherche des dix dernières années sur l'ulcère de Buruli.

La présidente de l'Ong Water for all children-Africa (Wafac- Africa), Solange Yayi Allechi dans son mot de bienvenue a déclaré qu'elle fonde un grand espoir sur la déclaration issue de cette réunion. A tour de rôle, les présidents de la Fondation Raoul Follereau du Luxembourg et de France, respectivement Robert Kholl et Michel Récipon ont rappelé les actions concrètes menées au Bénin grâce à l'appui financier de la Fondation dans le cadre de la lutte contre l'ulcère de Buruli.

Au nombre de ces actions, on citera la construction des centres de prise en charge des malades. A l'unanimité, ils se sont engagés à apporter leur contribution dans la lutte contre l'ulcère de Buruli. Pour Robert Kholl en particulier, la fondation Raoul Follereau de Luxembourg est prête à s'investir entre autres, dans la recherche des méthodes préventives et dans la réinsertion des malades. Pour sa part, le directeur régional de l'Oms pour l'Afrique, Luis Gomes Sambo, invite les pays à travailler ensemble contre cette maladie responsable de souffrances humaines importantes. En effet, l'ulcère de Buruli engendre de vastes délabrements cutanés pouvant aller jusqu'à l'atteinte des os. Elle affecte les populations rurales pauvres, surtout les enfants et laisse parfois des handicaps importants pouvant aller jusqu'à l'amputation d'un ou de plusieurs membres. Selon le président de la république, Yayi Boni, la rencontre est symbole de la solidarité africaine et internationale autour de la maladie.


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