Le ministère de la culture, de l'alphabétisation et de la promotion de langues nationales a procédé le week-end dernier au lancement d'un projet intitulé «Décentralisation des activités culturelles». Rencontré hier dans les locaux du ministère de la culture, Eloi Amoussou, assistant du ministre et chargé de l'exécution du projet, parle de l'initiative et profite pour lancer une appel aux artistes, aux populations et aux opérateurs économiques afin qu'ils adhérent.
En quoi consiste la décentralisation des activités culturelles initiée par le ministère de la culture ?
Le projet relatif à la décentralisation des activités culturelles initié par le ministre de la culture est une initiative qui vise à permettre aux artistes d'aller à la rencontre de leur public des quartiers et des arrondissements des différents départements du Bénin. Il s'agit d'une opération de charme qui consiste à installer dans chaque arrondissement, un dispositif d'accueil d'une animation culturelle. Au cours de ces rencontres de convivialité, les artistes rencontrent leur public qui certainement est différent de celui qui effectue souvent le déplacement vers les lieux de spectacle traditionnels. Il s'agit d'un concept que nous sommes entrain d'expérimenter afin de permettre aux populations de connaître leurs artistes et de pouvoir se familiariser avec eux. C'est en cela que dans chaque quartier, nous identifions des artistes locaux, des artistes en herbe qui font du bon travail mais manquent de moyens pour leur promotion. A chaque étape du projet, nous serons donc en compagnie d'artistes confirmés mais aussi de jeunes talents. Au terme de la tournée à travers les arrondissements de Cotonou, il y aura un méga concert au stade de l'amitié avec les artistes qui se seront faits remarquer au cours de l'opération. Après cette étape, le concept se déplacera vers les autres départements afin de donner à tous, les mêmes chances. L'expérience nous permettra à coup sûr de détecter des talents qui bénéficieront d'un appui technique du ministère dans la production et la promotion de leurs oeuvres artistiques.
Votre initiative vise la décentralisation des activités culturelles. Mais à vous entendre parler, on a comme l'impression que les activités culturelles se limitent à la musique. N'avez-vous pas peur de léser les autres secteurs culturels ?
Vous avez raison, la culture c'est un ensemble de disciplines, tels que le cinéma, la peinture, la dramaturgie et bien d'autres. Nous en avions conscience, mais vous n'êtes pas sans savoir que dans pareilles circonstances, la musique prend souvent le pas sur les autres disciplines. Néanmoins, nous travaillons à élargir le champ aux autres disciplines. Pour le moment, nous travaillons sur le projet avec certes des musiciens mais aussi avec des groupes de ballet, de chorégraphie, de théâtre et bien d'autres. Nous n'allons pas nous limiter à eux. Progressivement, nous allons initier une stratégie qui nous permettra d'intéresser aussi les autres rubriques.
Comment est financé ce projet, le ministère dispose t-il de fonds particuliers pour son exécution ou, il sera toujours question de puiser dans la caisse du fonds d'aide à la culture ?
Pour l'instant, le projet est financé par le fonds d'aide à la culture. Mais l'idéal pour nous est que les opérateurs économiques s'approprient l'initiative et y adhèrent, car il s'agit d'un véritable outil de communication et surtout de promotion. C'est une stratégie de marketing qui vise un public réel et quantifiable. Les opérateurs économiques auront tout à gagner, car l'enjeu est de taille. La première édition de cette initiative qui a eu lieu le week-end dernier a drainé un grand monde, un résultat qui augure d'un lendemain meilleur pour l'initiative. Je conclus en insistant qu'il s'agit d'un projet pour la promotion des artistes, le divertissement des populations et aussi, une tribune de promotion et de visibilité pour tout opérateur économique désireux d'adhérer au concept.
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