Baaba Maal s'est produit pour la première fois à l'Institut français de Dakar, mardi soir. Une prestation électrique et réussie qui a dévoilé tout l'arsenal culturel du Fouta.
Pour ne pas se faire raconter l'événement, un public nombreux et cosmopolite a rallié, mardi soir, le Théâtre de verdure de l'Institut français de Dakar. Ponctuel, Baaba Maal est sur scène sur les coups de 21 heures. En boubou blanc immaculé, le 'roi du Yela', guitare en bandoulière, a démarré sa prestation sur des notes acoustiques. Avec le titre Miyabélé (L'Unité africaine, en bambara), il fait une entrée en matière calme et engagée. Le morceau d'ouverture est en effet un appel lancé aux 'Africains à se mettre debout, car le soleil s'est levé'.
Le lead vocal du Dandé Lé-ol enchaîne alors les morceaux sur un registre purement folk. Il dédie le titre Njarabi (L'Amour) à la Guinée Conakry et à ses idoles de jeunesse : Sory Kandia Kouyaté, Fodé Ba Keïta et l'orchestre mythique du Bembeya Jazz national, qui l'a beaucoup influencé au début de sa carrière. Son fidèle compagnon à ses côtés, le griot Mansour Seck, Baaba Maal s'est employé à sensibiliser à l'importance de l'environnement dans sa chanson écologique Lekki-lekki (L'arbre). C'est alors le moment choisi par lui pour parler directement avec son public. Sur un air de flamenco, le morceau Dakar Moon, tiré du prochain album à sortir au mois de mai, incite le public à la danse.
Dans cette première partie, entièrement folk, s'est particulièrement illustré Barou Sall, joueur de 'guitare africaine'(xalam, ndlr). Le musicien a montré toute l'étendue de son talent sur le titre Kulanjan, qui rend hommage aux guerriers mandingues, à l'empereur Soundjata, à l'écrivain et traditionaliste malien Amadou Hampaté Bâ. La deuxième partie du concert sera nettement plus rythmée. Invité par Baaba Maal, le percussionniste sénégalais basé à Londres, Mamadou Sarr, s'est fait découvrir par le public dakarois. Il manie avec une surprenante habileté djembé et calebasses, ses instruments de prédilection. Batteur, lui aussi, Bakane Seck s'est adonné à la danse, au son du tama (tambourin d'aisselles) de Massamba Diop, le virtuose du Dandé Le-ol. Sur scène, de jeunes danseurs reproduisent la chorégraphie des éleveurs peulh. Les chansons Ngalu, African woman et Thiaroye rythment alors leurs pas. Séduit par le public, Baaba Maal a presque regretté d'avoir négligé la scène dakaroise au profit des concerts à l'étranger. Ce premier concert à l'Institut français de Dakar annonce aussi la couleur du prochain album, attendu au mois de mai prochain.
Programme en décembre: 'Les Blues du fleuve', pièce jointe au Fesman
Le festival 'Les Blues du fleuve' sera désormais organisé en décembre, a annoncé, mardi, Baaba Maal, après son concert à l'Institut français de Dakar. Cette période est plus propice, 'il fait un peu plus frais', a estimé le chanteur, promoteur de l'événement, qui se tenait habituellement au mois d'avril de chaque année. La quatrième édition des 'Les Blues du fleuve' devrait en fait coïncider avec le troisième Festival mondial des arts nègres, Fesman III, prévu du 1er au 21 décembre 2009, a révélé l'artiste qui a été fait ambassadeur de bonne volonté du Fesman. Autre innovation : cette année, à la demande des populations du fleuve Sénégal, le festival aura lieu simultanément à Podor, Dagana et Richard Toll, contrairement aux éditions antérieures, où le département de Podor et la région de Matam accueillaient de façon alternative la manifestation.
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