S.N. Coulibaly
3 Avril 2009
Une lettre, un chiffre : le G20. Ce regroupement des pays les plus développés de la planète a annoncé hier jeudi à Londres une série de mesures et de compromis visant à réformer la finance mondiale et à relancer l'économie, confrontée à sa pire récession depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Parmi les engagements pris, une enveloppe de 1 100 milliards de dollars sera allouée à la relance et à l'aide aux institutions financières.
Les ressources du Fonds monétaire international (FMI) vont être multipliées par trois et portées à 750 milliards de dollars. 25O autres milliards iront à l'aide au financement du commerce pour doper les échanges mondiaux. Le G20 s'engage aussi à accorder 100 milliards de dollars aux banques de développement. Les dirigeants du G2O ont annoncé la publication par l'OCDE (l'Organisation de coopération et de développement économique) de la liste des paradis fiscaux, satisfaisant ainsi la France et l'Allemagne.
Les "maîtres du monde" ont convenu de mettre en oeuvre des contrôles accrus des agences de notation et des fonds spéculatifs ainsi que la fin du secret bancaire. En matière de rémunération dans le secteur financier, de nouvelles règles sur les salaires et les bonus sont envisagées pour éviter les prises de risques excessifs. L'Afrique, touchée de plein fouet par une crise dont elle n'est pas responsable, qui a longtemps réclamé une aide accrue et espéré que sa voix soit mieux entendue dans les instances internationales, vient d'essuyer un sérieux revers.
Les vingt pays qui totalisent à eux seuls 87 % de la richesse mondiale n'ont daigné prendre la moindre mesure en faveur d'une Afrique aux économies fragilisées et sous l'effet des facteurs lui échappant. Bien entendu, cette attitude du G20 risque de faire des grincements de dents sur le continent. Les plus riches ont préféré résoudre leurs problèmes plutôt que de se mettre au chevet d'un continent qui voit impuissant son commerce se briser à cause de la crise.
Outre les exportations, les flux de capitaux sont en chute libre. Dans ce vent de panique, 90 millions de personnes supplémentaires pourraient être réduites à la pauvreté d'ici à la fin de cette année. L'heure est grave. Il appartient aux africains de réfléchir, d'innover pour trouver des réponses endogènes en vue de minimiser les impacts de la crise.
Au lieu d'attendre une aide incertaine de l'extérieur, les dirigeants du continent feraient mieux de prendre le taureau par les cornes car pour la première fois depuis 2002, la croissance en Afrique pourrait tomber sous la barre de 3 % en 2009. Il faut une réponse africaine aux impacts de la crise financière inspirée de ce qui se fait en Occident. Les communautés régionales ont un grand rôle à jouer dans ce combat. Et ce serait tant mieux pour l'Afrique.
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