Tonrébsom Boniface
2 Avril 2009
L'Union des patriotes pour le développement (UPD) a tenu, le 28 mars 2009, sa session ordinaire. Entre autres points inscrits à l'ordre du jour de cette rencontre, les 4 propositions de loi sur les réformes politiques et institutionnelles en examen à l'Assemblée nationale. En voici les observations faites par le parti.
"Le Secrétaire permanent de l'Union des patriotes pour le développement (UPD) a tenu sa rencontre ordinaire le 18 mars 2009 et s'est penché sur des sujets d'intérêt national. En effet, après avoir fait un tour d'horizon sur la vie du parti qui demande à être redynamisé, les participants ont porté une attention particulière sur les quatre propositions de loi relatives aux réformes politiques et institutionnelles qui sont présentement en examen à l'Assemblée nationale et fait des appréciations suivantes :
1 - De la proposition de loi portant modification de la loi portant code électoral
L'UPD approuve les propositions de modifications relatives au vote des Burkinabè de l'étranger, l'adoption de la carte d'électeur numérisée, la suppléance des conseillers municipaux, la non-utilisation des gadgets pendant les campagnes électorales. Notre parti insiste pour que des mesures soient prises à tous les niveaux au plan administratif, organisationnel et financier pour une mise en Å"uvre efficace de ces nouvelles dispositions afin de minimiser les risques d'échec ou de distorsion.
En outre, l'UPD recommande le maintien des mouvements des Droits de l'homme dans la composante société civile dans la composition tripartite de la CENI. Notre parti estime que les raisons invoquées ne sauraient justifier la mise à l'écart de ce groupe d'acteurs qui constituent un des ferments de notre démocratie en construction.
Par ailleurs, la formule du parrainage de 200 élus répartis dans les 13 régions, envisagée comme solution aux candidatures jugées peu sérieuses à l'élection présidentielle, ne nous paraît pas opportune. C'est plutôt une barrière inutile qui, au surplus, remet en cause un consensus national sur les conditions d'éligibilité à la magistrature suprême.
Enfin, l'UPD regrette que les modifications envisagées n'aient pas pris en compte les propositions faites sur le mode de scrutin pour les élections locales (représentation proportionnelle au plus fort reste et non pas à la plus forte moyenne) et le retour à la région comme circonscription électorale pour les élections législatives pour des raisons évidentes.
2 - De la proposition sur les quotas
Sous d'autres cieux, la discrimination positive a permis à des groupes spécifiques de prendre leur destinée en main et de participer efficacement au développement de leur pays. L'UPD reconnaît que la faible participation des femmes relève de contingences sociales, culturelles et économiques défavorables depuis la nuit des temps. Cependant, jusque-là, rien non plus n'a été entrepris pour l'élimination de ces entraves.
S'il est donc regrettable que l'on en soit réduit à légiférer sur la question pour espérer une meilleure représentativité des femmes en politique, faute d'y arriver par d'autres moyens, notre parti est tout de même déterminé à atteindre ce quota de 30% de femmes sur les listes de candidatures lors des consultations futures, si et seulement si les femmes nous en donnent la possibilité.
3 - Du statut de l'opposition
L'UPD invite la classe politique burkinabè à transcender les égoïsmes partisans et à travailler à doter notre processus démocratique d'outils performants et pérennes. La querelle que se livrent certains partis sur la question de l'opposition et de son chef de file est indécente. Elle met à nu la laideur de la politique lorsqu'elle n'a d'objectif que de servir des intérêts inavoués.
L'UPD affirme avec force que même en politique, on peut être honnête et loyal, on peut être fair-play. La présente proposition de loi doit, par conséquent, être débarrassée de toute disposition pouvant prêter à confusion dans l'interprétation, afin que son application ne puisse pas faire l'objet de dispute de la part des toxicomanes du « naam ».
4 - Du financement des campagnes électorales
L'UPD rappelle que conformément à la loi en vigueur, seuls le CDP et l'ADF/RDA se sont partagé les 500 millions de subvention de 2008. Dura lex, sed lex ! La loi en gestation exige à tout parti d'obtenir au moins 3% des suffrages exprimés lors des dernières élections pour bénéficier de la subvention de l'Etat hors campagne.
La raison invoquée serait la nécessité de lutter contre les partis qui n'ont d'existence qu'à l'approche des élections, juste pour empocher leur part de subvention. Chercher à résoudre le problème par cette mesure reviendrait à pénaliser des partis politiques qui jouent leur rôle et participent effectivement à l'animation de la vie politique. Il faut faire la part des choses, séparer le bon grain de l'ivraie.
Un non-dit, susurre-t-on, serait également de contraindre par cette mesure les petits partis à se regrouper pour constituer de grands ensembles viables. Si tel est le cas, l'UPD suggère de revisiter plutôt la charte des partis politiques pour y ajouter les dispositions qui permettent d'atteindre les résultats recherchés.
En conclusion, l'UPD salue l'initiative de ces projets de loi et adresse ses vives félicitations aux auteurs. Cela démontre à souhait que loin d'être une caisse de résonance ou la voix de son maître comme on est enclin souvent à le penser, la représentation nationale entend jouer pleinement son rôle pour un plus grand ancrage de la démocratie. La stabilité dont jouit notre pays doit être renforcée par la prise en compte de toutes les opinions constructives.
Pour le Secrétariat permanent
Le président
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2009 L'Observateur Paalga. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.