Fraternité Matin (Abidjan)
Pascal Soro
2 Avril 2009
(Page 2 of 2)
Ici, le policier, entre autres fonctionnaires de l'Etat, ne connaît pas le racket. Quand l'entrée à un endroit est soumise à une fouille, alors, on fouille tout le monde. Ainsi, à l'hôtel où nous étions logés, quiconque y entre passe au scanner. Un contrôle dont les agents commis vous accueillent avec le sourire. Un contrôle qu'ils effectuent avec amour, courtoisie, respect pour les hommes et les femmes qui y passent.
A Addis-Abeba, il y a certes des mendiants. Comme dans bien des villes du continent noir. Mais on ne les rencontre pas à tous les coins de rue. Dans cette ville, la sécurité est de mise. Elle n'est certes pas assurée à 100%. Mais les braquages, les vols à main armée, les cambriolages etc. y sont rares.
Seulement, l'Ethiopie positive, l'Ethiopie qui est en train de renaître au plan économique reste inconnue du monde extérieur. Parce que justement le pays est encore replié sur lui-même. Certes, des efforts sont accomplis en matière d'ouverture par le Premier ministre Méles Zénawi auquel l'on attribue volontiers la mise en chantier de la capitale éthiopienne.
Mais beaucoup reste à faire. Notamment l'ouverture de l'investissement aux étrangers : le transport, le commerce, l'hôtellerie, la restauration, par exemple. Pour l'heure, tout ou presque tout, est entre les mains de quelques nationaux. Si cette ouverture n'est pas effective, si, en outre au plan social, les Ethiopiens ne s'ouvrent pas, davantage aux autres peuples qui ont accepté de vivre avec eux, le boom immobilier auquel l'on assiste à Addis-Abeba risque de ne pas atteindre les résultats escomptés.
Les Ivoiriens d'Addis-Abeba
Selon le premier conseiller de l'ambassade de Côte d'Ivoire en Ethiopie, Paul Kpehe Djoh, la communauté ivoirienne à Addis-Abeba compte environ 60 familles. Ces Ivoiriens, poursuit-il, travaillent pour la plupart dans des organismes internationaux tels que l'Union africaine (Ua), la Commission économiques des Nations unies pour l'Afrique (Cea), la Croix rouge internationale, etc.
Depuis avril 2007, souligne le diplomate que nous avons rencontré à l'ambassade, à Bolé, quartier administratif d'Addis-Abeba, cette communauté a créé l'Association des Ivoiriens résidant en Ethiopie (Aire). Une organisation en parfaite entente avec l'ambassade, se réjouit Paul Kpehe Djoh. Qui, plus est, l'Aire travaille à la promotion de la culture ivoirienne en Ethiopie.
Ainsi, se souvient le chef de l'administration qui coordonne les activités de l'ambassade, la communauté ivoirienne a organisé, en avril 2008, une journée culturelle dans la capitale éthiopienne. Cela lui a permis de présenter les danses et l'art culinaire ivoiriens. La journée, au dire du diplomate, a été bien accueillie par les Ethiopiens et les autres communautés étrangères.
Les principales difficultés auxquelles les Ivoiriens (aussi bien ceux travaillant à l'ambassade que les autres) sont confrontés, ont trait à la santé du fait du climat de la ville (environ 2 800 mètres d'altitude) et au transport. Pour Paul Kpehe, le transport reste à développer. Ce qui fait que le déplacement n'est pas facile dans la capitale. Mais, relève-t-il aussitôt, cette difficulté est en train de trouver solution parce qu'il commence à avoir des ouvertures en matière de transport dans le pays.
Le diplomate pense que l'Ethiopie présente d'énormes opportunités pour la Côte d'Ivoire. Notamment, souligne-t-il, en matière d'agriculture, de tourisme et de culture. Avec insistance, notre interlocuteur précise que l'Ethiopie s'intéresse surtout à l'hévéaculture et au beurre de cacao où la Côte d'Ivoire excelle. Aussi, pense-t-il, «il faut donc des promotions commerciales de la Côte d'Ivoire à l'endroit de l'Ethiopie».
L'ambassade de la Côte d'Ivoire en Ethiopie couvre également le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie et le Djibouti. Selon le premier conseiller, cette mission est également accréditée auprès de l'Union africaine, de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique et du Programme des Nations unies pour l'environnement basé à Nairobi (Kenya).
Si le diplomate salue le volume des activités multilatérales, il estime que celui des activités bilatérales (avec l'Ethiopie) reste insuffisant. Pour Paul Kpehe Djoh donc, il faut donner un coup de fouet aux relations bilatérales par «une volonté politique».
La Côte d'Ivoire a ouvert son ambassade en Ethiopie depuis 1963. C'est à cette même date que l'Ethiopie a ouvert sa représentation diplomatique à Abidjan. Le plus ancien travailleur à la représentation diplomatique ivoirienne à Addis-Abeba est Mme Merskerem. Une Ethiopienne qui y travaille il y a maintenant 25 ans.
Focus : Les meilleures agences à l'honneur
La compagnie aérienne éthiopienne, Ethiopian Airlines, a organisé un voyage touristique à Addis-Abeba, du 17 au 20 mars dernier. Pour marquer sa reconnaissance et ses félicitations à une quinzaine d'agences de voyage de Côte d'Ivoire, de Guinée (Conakry) et du Kenya qui lui ont fourni le plus de clients en 2008.
Un voyage de découverte auquel ont été associés la Rti (Télévision Première Chaîne) et Fraternité Matin. La totalité des agences de voyage a reçu des certificats tandis que les meilleures ont reçu des chèques en plus. La cérémonie de remise des prix s'est déroulée le 19 mars dans un grand hôtel de la capitale éthiopienne.
A cette occasion, Busera Awel, le vice-président commercial de la compagnie, a expliqué aux heureux récipiendaires qu'Ethiopian Airlines est à leur écoute et ne ménagera aucun effort pour satisfaire à leurs requêtes. Car, a-t-il argumenté, ce sont eux qui sont en contact avec les clients et qui sont donc au parfum de leurs exigences. Il leur a même rassuré que la compagnie n'ira pas sans eux. La soirée des awards a été meublée par des danses traditionnelles autour d'un copieux dîner.
Pendant son séjour à Addis-Abeba, la délégation ivoirienne a visité les installations de la compagnie aérienne sises sur le site de l'ancien aéroport de la ville. Cette visite guidée a permis aux hôtes de découvrir l'école de formation des pilotes, celle de la maintenance et bien d'autres ateliers. De février 1964 à janvier 2007, Ethiopian Airlines a formé 770 pilotes venus de 36 pays d'Afrique.
Puis de février 1967 à janvier 2007, ce sont 2 218 agents de maintenance (ou mécaniciens d'avions), dont un Ivoirien, qui y ont été formés. Les visiteurs ont également vu et touché le premier avion de la compagnie qui assure le transport aérien du pays depuis 1946. Un DC 3 immatriculé ET-T-1 dont le premier vol a été de rallier Addis-Abeba au Caire (Egypte) en 1946.
Depuis le 20 avril 1996, date de la commémoration du jubilée d'or de la compagnie, l'appareil est exposé dans la cour de la direction de la compagnie. La délégation ivoirienne a appris non seulement l'histoire de ladite compagnie. Mais aussi ses perspectives et ses ambitions. Le personnel au siège, estimé à 4 000 travailleurs, est exclusivement composé d'Ethiopiens.
Read comments. Write your own.
Copyright © 2009 Fraternité Matin. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.
essai