Le Patriote (Abidjan)

Cote d'Ivoire: Mme Touré Aya Virginie :"Comment les femmes préparent la victoire d'ADO"

interview

Mme Touré Aya Virginie est la présidente du Rassemblement des femmes républicaines (RFR). Elle est également Directrice nationale de campagne adjointe (DNCA) du Dr Alassane Dramane Ouattara chargée des femmes. C'est à ces deux titres qu'elle a bien voulu s'ouvrir à nos lecteurs. Entretien.

Madame la présidente, vous étiez récemment en mission de sensibilisation dans le département de Oumé. Que retenez-vous de cette tournée ?

Il faut dire qu'avant, le département de Oumé était un terrain difficile pour le RDR. Mais au fil du temps, nous avons réussi à convaincre les populations. Cela, jusqu'au point où des jeunes ont décidé de mettre en place un club de soutien pour la victoire du président Alassane Dramane Ouattara.

Il s'agit de plus d'un millier de jeunes, provenant tous du FPI (Front populaire ivoirien - parti au pouvoir, ndlr). Ce club de soutien a d'ailleurs fait, durant notre tournée, sa sortie officielle. Cette cérémonie était parrainée par le ministre Hamed Bakayoko, qui est le Directeur national de campagne du Dr. Alassane Dramane Ouattara chargé de la jeunesse.

 Pour vous qui revenez de Oumé, quelles sont les aspirations exprimées par les populations dans ce département ?

A Oumé, les aspirations des populations sont à l'image de celles de tout le peuple ivoirien. C'est-à-dire que les populations sont fatiguées. Elles sont déçues des promesses non tenues par le parti au pouvoir.

Nos populations ont faim et elles veulent le changement. Pour cela, elles veulent qu'on aille très vite aux élections, parce qu'elles sont pressées de porter quelqu'un d'autre au pouvoir. Et cette personne, pour elles, c'est le Dr Alassane Ouattara.

 La Côte d'ivoire toute entière, comme vous le dites, attend des élections. Mais aujourd'hui, dans quel état d'esprit se trouvent les femmes du RDR ?

Les femmes du RDR sont mobilisées. Elles le sont depuis le début. Elles se sont préparées pour ce combat. C'est pourquoi elles se sont faites enrôler massivement. Et aujourd'hui, elles sont prêtes pour donner la victoire à leur président.

Elles n'attendent que la date de ces échéances pour démontrer, aux yeux de tous, leur force de frappe. Nos femmes ne manquent donc pas d'occasion pour nous exprimer toute leur impatience. Vu tout cela, nous avons initié une tournée de remobilisation, pour leur dire de ne pas se décourager et que les élections arriveront bel et bien.

 Croyez-vous sincèrement à la tenue des élections en cette année 2009 ?

Absolument. On ne peut aller à un combat lorsqu'on ne croit pas. Je crois fermement et je pense d'ailleurs que les élections doivent se tenir effectivement cette année. Parce que les populations sont fatiguées. Le peuple de Côte d'Ivoire réclame, à corps et à cri, ces élections. Les dirigeants n'ont donc pas le choix. Ils doivent organiser ces élections.

 Mais il se trouve que jusqu'aujourd'hui, la CEI peine à fixer une date. Alors, quel commentaire ?

Sur cette question, franchement, nous ne savons plus quoi dire. Personnellement, je ne sais pas ce qui bloque. On a parlé de l'enrôlement. Il est vrai que l'opération n'est pas finie, mais elle tend progressivement vers sa fin. Je pense donc qu'on devrait pouvoir, en principe, fixer une date maintenant. Parce que restant dans cette situation les Ivoiriens ont l'impression que nous nageons dans le flou.

 Parlant des élections, vous êtes aussi Directrice nationale de campagne adjointe du Dr. Alassane Dramane Ouattara chargée des femmes. A votre niveau, comment préparez-vous la prochaine campagne électorale ?

Au niveau des femmes, nous avons établi un organigramme dirigé par Mme Kandia Camara, qui est la Directrice nationale de campagne chargée de la gente féminine. Avec elle, nous avons compartimenté les femmes. Nous avons commencé par mobiliser toutes les militantes.

Nous avons aussi nommé une responsable qui ira vers les nouvelles électrices. Parce que, comme vous le savez, au RDR nous ne comptons pas seulement sur nos militants pour faire gagner le président Alassane Ouattara.

Nous avons donc décidé d'aller vers d'autres personnes qui ne sont pas militants du RDR mais qui aspirent au changement. Nous avons également une autre structure qui s'occupe de la société civile, des ONG et des clubs de soutien. Et enfin, une autre pour la mobilisation des jeunes filles. C'est à partir de toute cette organisation que nous envisageons organiser des séances de formation.

A quoi va consister ces formations ?

Pour ces formations, notons qu'il y aura deux thèmes principaux. D'abord, comment mobiliser les femmes le jour des élections. Secundo, comment voter et bien voter le Dr Alassane Dramane Ouattara.

Au cours donc des tournées et des séances de formation, nous dirons aux femmes que le premier critère à observer dans cette bataille, c'est la détermination. Et qu'il faut que nous restions sur le terrain de façon permanente jusqu'au jour-j, c'est-à-dire le jour des élections.

 Vous semblez bien déterminée. Mais selon vous, quelle serait la part des femmes en cas de victoire du Dr Alassane Ouattara à la prochaine présidentielle?

La part de la femme sera déterminante. Tout homme politique, lorsqu'il a derrière lui les femmes, est automatiquement sûr de sa victoire. Parce que la femme, de par sa nature, est un être déterminée. Et quand la femme veut, elle se bat sans intérêt et sans calcul pour obtenir, à tout prix, ce qu'elle veut. Et c'est là la richesse du RDR. Les femmes du RDR veulent d'Alassane Ouattara.

Elles feront donc de lui Président de la République, à tout prix. Parce qu'elles savent que c'est par lui qu'il y aura le vrai changement en Côte d'Ivoire. Nous disons que la victoire d'ADO partira des femmes. Et qui dit la femme, dit le mari et les enfants. La femme est la locomotive de toutes les familles. C'est nous qui allons donc orienter nos maris, nos enfants, nos neveux et tous les autres.

 A quand la prochaine étape de votre tournée ?

A Oumé, nous irons bientôt à la conquête du canton Da, d'où est originaire un cadre du FPI en la personne de Mme Odette Sauyet. J'y ai effectué deux tournées déjà. Celles-ci ont été très chaleureuses. Là-bas, les populations nous réclament.

Elles veulent que nous allions leur parler du Dr. Alassane Ouattara. Elles ont soif des bonnes nouvelles. Entre temps, nous sommes en train de travailler sur les allogènes baoulé du département. Nous pouvons donc dire, aujourd'hui avec fierté, qu'à Oumé, nous sommes sur la bonne voie.

Dans le cadre de la Direction de campagne, nous serons ce week-end à Bouaké. Cela, pour les mêmes raisons de mobilisation et de sensibilisation.

 Justement, pourquoi avoir choisi Bouaké cette fois-ci ?

Bouaké est quand même la deuxième ville du pays. Nous allons profiter d'un séminaire de femmes pour informer, remobiliser et former les femmes afin qu'elles se lancent, elles aussi, dans la campagne. Dans le cadre de la direction de campagne, nous avons commencé à Abidjan.

Et il était logique que la deuxième étape soit Bouaké. Et c'est toute la grande équipe conduite par Mme Kandia Camara qui sera à Bouaké ce week-end. Et après Bouaké, le RFR entreprendra une tournée nationale. Cette tournée nous mènera d'abord dans l'Ouest montagneux. De là, nous irons dans le Centre-ouest.

Après, nous partirons à l'Est, à Bondoukou et Bouna. Ce sera une tournée qui durera près d'un mois et qui démarre juste après les fêtes de Pâques. Nous irons dans ces localités pour rassurer nos militants et la population toute entière. Cette population qui a été fortement traumatisée par la crise. Nous irons également dire à nos militants de se mettre au travail et de préparer les prochaines tournées du président ADO.

 Autre sujet, en tant que présidente du RFR, quels sont aujourd'hui vos rapports avec vos soeurs des autres partis politiques ?

Avec les autres soeurs, nous maintenons de très bons rapports. Que ce soit au sein du RHDP et même au-delà, avec la présidente de l'OFFPI, nous avons des rapports de fraternité. C'est d'ailleurs dans ce cadre qu'une structure, groupant les présidentes des femmes des parties signataires des Accords de Linas-Marcoussis, a été créée par la Primature. Nous nous retrouvons régulièrement dans ce cadre.

Envisagez-vous des actions communes avant les élections ?

Dans le cadre des activités nationales, nous nous retrouvons toutes dans cet observatoire mis sur pied. Certainement que c'est dans ce cadre que nous ferons des activités communes. Cela, comme ce fut le cas récemment, à l'occasion de la célébration de la journée internationale de la Femme.

Toutes les présidentes des femmes des partis politiques, nous avons défilé ensemble, main dans la main et dans une ambiance fraternelle. Cependant, pour ce qui est des actions politiques, vous conviendrez avec moi que c'est peut-être au sein du RHDP que nous allons mener des activités communes.

Nous sommes au terme de cet entretien. Un mot à l'endroit de vos militants.

A l'endroit de nos militants et militantes, c'est toujours l'appel à la mobilisation et surtout à la détermination. Je dis à nos militants qu'il faut qu'elles restent toujours déterminées comme les tous premiers jours. Qu'elles se mettent ensemble, comme une seule femme, pour assurer la victoire du président Ouattara. Qu'on taise nos petites querelles qui, en réalité, n'ont pas leur place au RDR, pour nous mettre au travail.

Notre candidat est là. Il est prêt. Il a accepté notre invitation. C'est maintenant à notre tour de le mettre au pouvoir. Il nous faut donc travailler dans ce sens. Et j'insiste pour dire aux femmes qu'il faut qu'on aile au-delà des militantes, en allant vers nos soeurs non militantes du RDR. Il faut faire une ouverture envers toutes les femmes de Côte d'Ivoire. C'est ainsi qu'on fera du Dr Alassane Dramane Ouattara, le président de toutes les femmes de Côte d'Ivoire.

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