César Ebrokié
4 Avril 2009
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C'est le plus gros cheptel d'Afrique. Et nous, nous importons de la viande congélée d'Argentine. Le handicap, c'est que, pour importer de la viande d'Ethiopie, il faut le faire par cargo. Résultat, cette viande arrive à Port-Bouët, au même prix que la viande qui vient d'Argentine par bateau, sinon plus chère. C'est l'un des gros handicaps des échanges, général à toute l'Afrique.
Depuis quelques années, l'Ethiopie s'intéresse à l'hévéaculture. Plusieurs délégations sont venues en Côte d'Ivoire, pour étudier l'expertise ivoirienne auprès des sociétés privées, qui pratiquent l'hévéaculture. Le projet est au stade des études de faisabilité. Nous fournissons une assistance technique aux Ethiopiens. En tant qu'ambassadeur, nous avons facilité le contact entre les différents acteurs.
Il est bon de savoir que l'Ethiopie fait partie des pays les plus pauvres d'Afrique. Elle a connu 35 ans de guerre civile. Le pays a dépensé ses ressources et ses forces dans ces 35ans de guerre. C'est maintenant seulement, depuis cinq ans que le pays est fortement assisté par les institutions financières d'aide au développement et que l'économie commence à être structurée.
Le taux de croissance cette année a été de 8%. Et donc le pays d'engager une coopération très déséquilibrée, où elle craint ne pas avoir d'échanges égaux avec ses partenaires. Les Ethiopiens sont très nationalistes, à cause de la guerre.
Que faites-vous pour faciliter l'exportation de la viande de l'Ethiopie vers la Côte d'Ivoire ?
Nous avons demandé aux opérateurs économiques ivoiriens de venir visiter l'Ethiopie afin de pouvoir discuter avec les Ethiopiens. Certains sont venus effectivement, mais, ils ont relevé des obstacles à l'importation de la viande. Notamment, le coût du fret aérien et le conditionnement de la viande.
Est-ce que les politiques ne peuvent pas faire quelque chose à ce niveau ?
En Côte d'Ivoire, très souvent, les gens ont une fausse idée de ce que l'Etat doit faire. Ce que les fonctionnaires font, c'est de mettre les gens en contact. Quand les opérateurs économiques font des affaires, ils paient des impôts à l'Etat, mais les bénéfices sont pour eux.
Les hommes d'affaires savent quoi faire pour lever les obstacles. Il faut dire que les hommes d'affaires ivoiriens ne se battent pas suffisamment. C'est le handicap que présente notre économie. L'Etat ne fait pas les affaires, il crée les conditions d'affaires. Il appartient aux opérateurs économiques de se mettre en rapport avec les banques et autres structures financières, pour pouvoir réaliser leurs affaires.
Quels sont les autres secteurs susceptibles d'intéresser les opérateurs économiques ivoiriens ?
Au niveau des cultures vivrières, les deux pays produisent les mêmes choses. En Ethiopie vous trouverez de l'ananas, de la banane, etc. Dans le domaine des cultures pérennes, ils produisent moins de café que nous, bien que le café soit une plante originaire de l'Ethiopie. Ils cultivent l'arabica. Un arabica qui est prisé sur le marché international. De plus en plus, ils s'intéressent à des cultures comme l'hévéa, le palmier à huile.
C'est pour cela qu'ils s'intéressent à la Côte d'Ivoire. Je dois dire que l'Ethiopie est un pays qui est tourné vers les Etats-Unis. Parce qu'il y a une grosse population expatriée dans ce pays. Tous leurs partenaires s'y trouvent.
Cependant, et comme je l'ai relevé plus haut, l'Ethiopie est plus présente en Afrique de l'Est ou elle approvisionnent les voisins en viande mais aussi en matériel de construction. Le sous-sol produit du marbre de très bonne qualité. Je voudrais ajouter que l'Ethiopie a un climat qui lui permet de produire des cultures comme le blé, la vigne, la pomme de terre, etc, qu'on trouve sur les marchés européens.
Quel est l'évaluation du volume des échanges entre les deux pays ?
Pour le moment, nous ne pouvons pas avancer de chiffres, parce que nous sommes en train de faire le point.
Qu'en est-il de la coopération avec les autres pays ?
Il y a une forte communauté d'hommes d'affaires indiens qui s'intéressent à la Côte d'Ivoire, à partir de Nairobi. Ils investissent dans l'exportation du poisson, à partir de Mombassa. Ils veulent ouvrir une représentation, à Abidjan. C'est au moment où les démarches avaient été engagées que la crise a éclaté, le 19 septembre 2002.
En ce qui concerne l'Ouganda, je dois dire que je n'ai pas les moyens d'y aller. La Mission n'a pas les moyens pour cela. J'ai été envoyé en mission, à Addis-Abeba, au moment où le pays était pestiféré. Mon attitude a été de tirer la Côte d'Ivoire du filet dans lequel, elle a été prise.
Nous l'avons fait en coordonnant nos efforts avec New York, Génève et Bruxelles. Cela dit, je voudrais lancer un appel aux hommes d'affaires ivoiriens, afin qu'ils bougent pour faire de la prospection.
Je demande à la chambre d'industrie et de commerce, la chambre d'agriculture, au patronat de réagir aux différentes informations que les missions à l'étranger leur apportent. On achemine des documents vers ces structures, mais parfois, il n' y a pas de réactions.
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