L'impossibilité de l'Etat ivoirien de payer les factures des Pme et de plusieurs grandes entreprises en 2008, n'a pas du tout facilité la tâche à celles-ci. Nous avons rencontré quelques responsables de ces Pme qui broient du noir. Ils espèrent que le paiement des factures se fera le plus rapidement possible pour leur éviter l'agonie.
L'entreprise MCI à Abobo çant dans la fourniture de bureau et de matériel informatique a été délogée, faute de pouvoir payer ses loyers. «Je ne peux plus mener mes activités. Sur les 20 millions Fcfa que l'Etat me doit, seulement 2,9 millions seront payés s'il honore son engagement. Pour le reste, les factures sont retournées dans les directions des affaires financières des ministères concernées. Nous ne pouvons plus payer nos fournisseurs ni l'impôt», a déploré, M. Konan Koffi, le Directeur général. Pire, il a perdu son bébé d'une semaine, le 30 mars dernier, faute de moyens financiers pour résoudre les problèmes cardiaques auxquels le nouvveau-né était confronté. «Ma femme est actuellement malade. J'espère que le paiement des factures va se faire rapidement pour que je puisse la soigner et aussi relancer mes affaires», a-t-il conclu.
Le patron de Bethsaida Production (structure spécialisée ne menuiserie), sise à Yopougon, N'Guessan Lath Albert, est obligé de s'adonner aux bricoles. «J'ai livré environ 1000 tables bancs au lycée Nandjui Abrogoua d'Adjamé en 2005. Aujourd'hui, faute de moyens, ma femme m'a abandonné. Elle se retrouve à Koumassi avec mes deux enfants dont l'aîné reprend la classe de terminale compte tenu des conditions sociales difficiles», a-t-il confié.
L'entreprise Le N'Zi, pour sa part, a été obligée d'arrêter les travaux de son grand chantier de construction d'un immeuble moyen au Plateau Nord, pour le compte d'un ministère ivoirien, parce que la somme de 1,740 milliard Fcfa que l'Etat doit à la société est titrisée. Et c'est à partir du 15 février 2010 que le remboursement va débuter. Les travailleurs du chantier sont au chômage technique.
Quant à l'entreprise Gossanchim Technologies, qui fait, entre autres, l'entretien au Chu de Cocody et la Cité financière au Plateau, elle est préoccupée par la grogne de ses agents qui réclament leurs salaires. L'Etat doit des centaines de millions Fcfa à cette entreprise.
Au niveau du projet de recensement des bénéficiaires de la Caisse sociale agricole (CSA) de l'Assurance maladie universelle (AMU), certains prestataires de services ne savent même pas à quel ministère s'adresser pour le paiement de leurs factures. Ils sont menés en bateau par les ministères de l'Agriculture, de l'Economie et des Finances, et l'Inspection générale des Finances. Ce sont 27,658 millions Fcfa, 18,493 millions Fcfa et 6,439 millions Fcfa que l'Etat doit respectivement à Pak Technology, Imprimerie Saint Bernard et 2SI informatique. Les activités de ces entreprises sont au ralenti.
Le président du Syndicat national des fournisseurs de l'Etat de Côte d'Ivoire (SYNAFECI), Gré Faustin, estime qu'avec ces difficultés que les entreprises rencontrent, il n'est pas surprenant que les Ivoiriens aient une préférence pour la Fonction publique alors que le Président Laurent Gbagbo prône l'entreprenariat. Il pense que l'Etat gagnerait prendre les dispositions nécessaires pour honorer ses engagements pour éviter la catastrophe, en ce sens que les entreprises se meurent.
L'Etat de Côte d'Ivoire doit plus de 243 milliards Fcfa aux fournisseurs au titre de la dette intérieure depuis 2000.

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