Ghada Hamrouche
15 Avril 2009
Le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Ban Ki-moon, recommande au Conseil de sécurité de «demander à nouveau aux parties (...) de négocier sans conditions préalables et de bonne foi et de faire preuve de volonté politique pour engager un débat de fond et assurer le succès des négociations». Cet appel de Ban Ki-moon intervient au lendemain des accusations marocaines de violations de cessez-le-feu et de démentis formels des Sahraouis d'un tel désengagement.
Les conditions de cette reprise des pourparlers, estime encore le secrétaire général de l'organisation onusienne dans un rapport rendu public hier, entre le Maroc et le Front Polisario sur l'avenir du Sahara occidental ne sont toujours pas réunies tant leurs positions sont éloignées. «Comme il semblerait, au vu des consultations tenues jusqu'ici, que la situation ait peu évolué depuis le dernier cycle de négociations, il faudrait, pour qu'un cinquième cycle de pourparlers aboutisse, procéder à des préparatifs minutieux», relève M. Ban dans son rapport au Conseil de sécurité. Concernant la mission de son nouvel émissaire dans la région, le secrétaire général de l'ONU a indiqué que ce dernier aurait proposé aux deux parties une réunion informelle qu'elles auraient tout de même approuvée.
M. Christopher Ross, a affirmé M. Ban, «a proposé aux parties qu'au moins une petite réunion préparatoire informelle soit organisée, ce à quoi elles ont consenti». Des sources diplomatiques ont, toutefois, révélé que cette réunion ne se tiendra pas aux Etats-Unis comme les premiers rounds de pourparlers mais que l'Autriche pourrait bien abriter cette rencontre. Estimant que la présence sur le terrain de la Minurso (Mission de l'ONU pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental) reste indispensable, M. Ban recommande au Conseil de sécurité de proroger son mandat jusqu'au 30 avril 2010.
Pour rappel, M. Ross a effectué sa première tournée d'information dans la région en février en tant qu'émissaire spécial du secrétaire onusien dans la région. Cette mission lui a permis de souligner que «les positions des parties demeuraient très éloignées sur les moyens de parvenir à un règlement politique juste, durable et mutuellement acceptable prévoyantl'autodétermination du peuple du Sahara occidental». Les pourparlers directs Maroc-Polisario sur le Sahara qui se tiennent, notons-le, sous l'égide de l'ONU à Manhasset, dans la banlieue de New York aux Etats-Unis, sont dans l'impasse.
Une impasse qui s'explique par la position de la partie marocaine qui refuse de discuter une autre issue que son plan d'autodétermination. Le Polisario, quant à lui, réclame l'organisation d'un référendum d'autodétermination, sous l'égide de l'ONU, qui laisserait aux électeurs sahraouis le choix entre trois options, à savoir le rattachement au Maroc, l'indépendance ou l'autonomie sous souveraineté marocaine. Quatre séries de négociations se sont ainsi heurtées à l'obstination marocaine et n'ont pas permis de rapprocher les points de vue. A l'issue de la dernière, en mars 2008, les deux parties étaient convenues en principe d'en tenir une cinquième partie de négociations, à une date qui demeure non précisée.
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