Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Brazzaville: Les Bantous de la Capitale ont célébré leur cinquantenaire à Paris

20 Avril 2009


Kinshasa — Les pionniers de la musique Congolaise de l'orchestre «Les Bantous de la Capitale», ont quitté Brazzaville le 26 mars pour se rendre en France où deux moments forts les attendaient à l'occasion du cinquantenaire de leur groupe. Dès le 27 mars ils se sont produit au Show case de Babel Med à Marseille, avant de créer la sensation le 12 avril à l'Olympia, la célèbre salle parisienne.

Deux moments importants donc pour ce groupe musical le plus légendaire du Congo, qui a su séduire les organisateurs des différents festivals occidentaux, notamment lors de sa dernière tournée européenne en mai 2007.

En effet, «Les Bantous de la Capitale» ont participé consécutivement à la 32e édition du Festival «Musiques métisses d'Angoulême» et au Festival jazz sous les pommiers de Coutances en France, ainsi qu'au centre des cultures du monde Zuiderpershuis à Anvers en Belgique, et au «Music meeting de Nijmegen» en Hollande.

Comme l'indique Clément Ossinonde, qui a consacré un ouvrage sur l'historique de cet orchestre, «leur retour en France, dans une trajectoire de longue durée, leur vaudra d'être honorés par l'Unesco au cours d'une manifestation qui se déroulera très prochainement à Paris pour les 50 ans de l'orchestre. Pour la petite histoire, le premier chef d'orchestre de ce groupe, Jean Serge Essous, a été désigné le 11 octobre 2006, Artiste de l'Unesco pour la paix, par le directeur de l'Unesco, le Japonais Koïchiro Matsura».

Leur présence à Marseille n'a pas manqué d'intérêt pour le Babel Med qui ne tarit pas d'éloge sur Les Bantous. «L'orchestre mythique de la rumba congolaise, les Bantous, sont de véritables légendes de l'Ouest-Africain, ils secouent les foules depuis 1959 au son d'une désormais fameuse rumba congolaise. A la richesse des rythmes ancestraux des provinces de Kinshasa, les doyens des Bantous ont ajouté au fil des décennies les influences latines et outre-Atlantique de la Rumba, du cha-cha-cha, de la patchanga et de la biguine, qu'ils ont croisées avec le soukouss, le yéké-yéké, le kwasa-kwasa ou plus tard le ndombolo et même le coupé décalé», pensent les organisateurs de cette prestation marseillaise.

Et d'ajouter : «Ce vent festif et dansant au souffle Cubain a façonné la réputation des bouillonnantes nuits Congolaises et érigé cette bande de septuagénaires en héros du patrimoine musical Africain. Ils fêtent leurs 50 ans de carrière, un demi-siècle fiévreux à transcender l'histoire tumultueuse de leur région et à faire rayonner leur Rumba endiablée par delà les deux rives du fleuve Congo».

C'était donc une occasion pour les mélomanes qui reconnaissent le talent de ce groupe d'aller applaudir Les Bantous qui demeurent une grande école de la musique Congolaise de tous les temps. L'orchestre «Les Bantous de la Capitale» a été créé en 1959 à Brazzaville par Jean Serge Essous, Dieudonné Nino Malapet, Saturnin Pandy, Édouard Ganga alias Edo, Célestin Célio Kouka, et Daniel Loubelo dit «De la lune». Ils choisirent unanimement le nom de l'orchestre Bantou. Leur première sortie au bar Faignand au coeur de Poto-Poto fut un test le 15 août 1959, à l'occasion de la fête de l'indépendance du Congo.

Le talent artistique des guitaristes Dicky Baroza et Jacques Dinos, auxquels s'ajoute le Capverdien André Arogot à la batterie, avait merveilleusement porté un impact au groupe. Leur renommée ne se fera point attendre avec notamment leur maîtrise de l'instrumentation, et l'harmonisation de l'originalité tant mélodique que vocale. Ils seront considérés à juste titre comme les meilleurs interprètes tant de la Rumba Congolaise moderne, que de la salsa Afro-Cubaine aux rythmes ancestraux. Des musiques et des danses seront ainsi lancées à travers le monde tel que la danse des boucheurs, le soukous, le yeke-yeke ou même le ki-kiri.

Cet orchestre a été pendant plusieurs décennies, l'ambassadeur de la musique Congolaise qu'il a dignement représentée à travers l'Afrique et le monde. Il a raflé de nombreuses distinctions honorifiques. Aujourd'hui plus qu'hier, ce groupe est soutenu par autant de projets à l'instar du Femoca, Festival de musiques originaires du continent africain

PATRICK ERIC MAMPOUYA (CORRESPONDANCE PARTICULIERE)

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