L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Deux morts et dix-sept blessés

Les manifestants « légalistes » se sont heurtés aux forces de l'ordre hier à Anosy, près du tribunal. L'affrontement s'est soldé par la mort d'un élément de la police, d'un manifestant et de 12 blessés.

Journée noire hier pour les opposants de la « prise du pouvoir par la force ». Leur marche vers la Haute cour constitutitonnelle à Ambohidahy et le Palais de justice à Anosy a dégénéré en échauffourées. Les affrontements avec les forces de l'ordre ont fait deux morts et dix-sept blessés. Un bilan enregistré à l'hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona à Ampefiloha vers 20 heures. Huit voitures ont été aussi incendiées dans la cour du ministère du Plan à Anosy et sur le parking du Sénat à Anosikely.

Celui qui est décédé lors de la mêlée est un policier en activité auprès du Service des renseignements généraux de la Police nationale. Il était parmi les individus attroupés en face du bâtiment de l'Instat à Anosy lorsque les forces de l'ordre à bord de leurs camions qui reculaient, ont tiré sur eux. Il était 16 heures.

Les pompiers agressés

Dix minutes auparavant, un homme a été grièvement blessé, touché par balle au ventre près du palais du Sénat. Il a rendu l'âme hier soir. Plus de la moitié des blessés l'ont été par balle. «Ils ont été transférés au Service de réanimation de l'hôpital », a confié hier un médecin de l'hôpital.

Les forces de l'ordre sont intervenues pour disperser les manifestants au niveau du Tribunal à Anosy. Une vingtaine d'hommes en uniforme ont tout de suite tiré en l'air tout en lançant des grenades lacrymogènes. Des manifestants portant les banderoles des étudiants de l'université ont pris la fuite et se sont réfugiés dans l'enceinte du HJRA après un face-à-face avec les forces de l'ordre.

Il était 16 heures et quart quand les sapeurs pompiers de la commune urbaine d'Antananarivo sont arrivés pour éteindre les flammes qui ravageaient une voiture Laguna parquée au ministère du Plan. Mais ils ont été repoussés par des jets de pierres. Ce n'est qu'au bout d'une heure environ qu'ils ont pu investir les lieux. Les dégâts étaient déjà énormes.

Au Sénat, les forces de l'ordre ont dû également intervenir pour faire sortir quelques personnes, dont le vice-président de la Haute autorité de la transition Hary Naivo Rasamoelina.

Les manifestants d'Ambohijatovo, dirigés entre autres par le porte-parole du TIM Raharinaivo Andrianatoandro, le président du Teza Jean Louis Rakotoamboa et quelques parlementaires sont arrivés à Anosy à 14 h 40. Ils envisageaient de déposer une demande de restitution du matériel saisi dimanche au siège de la Radio Mada à Faravohitra, auprès du procureur de la République du tribunal de première instance d'Antananarivo.

Face à la situation, le « Premier ministre des légalistes » Manandafy Rakotonirina s'est adressé aux forces de l'ordre « afin qu'elles mettent fin à la violence ». Selon lui, les diplomates étrangers ont dû suspendre leur projet de s'entretenir avec lui par mesure de sécurité.

Encadré

Roindefo accuse les "légalistes"

Le Premier ministre Monja Roindefo n'a pas tardé à réagir face aux échauffourées qui se sont produites dans la capitale, hier. Il a déclaré que les « légalistes » sont, à partir de maintenant, interdits de sortie de la Place de la démocratie à Ambohijatovo pour parer à toute éventualité. Selon lui, les manifestants endossent toute la responsabilité de ce qui s'est produit hier. « Les soi-disant légalistes sont à l'origine du décès du policier et de la destruction de biens publics (...) Le tir sur le policier venait des manifestants », a-t-il soutenu lors d'une conférence de presse au palais de Mahazoarivo, dans la soirée.

Le chef du gouvernement a évoqué l'intention des « légalistes » d'introduire des mercenaires angolais dans le pays. Il a annoncé à cette occasion l'organisation d'une journée nationale contre la dictature le 22 avril.


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