«L'Angola n'est pas du tout intéressée par la querelle frontalière avec la République Démocratique du Congo. »Déclaration attribuée par des agences de presse à la Radio Nationale Angolaise.
Celle-ci aurait fait ce commentaire à la faveur de la visite effectuée hier à Luanda par le Premier Ministre congolais, Adolphe Muzito, à la tête d'une délégation de 11 personnes, dont le ministre de l'Intérieur et celui des Affaires Etrangères.
Dès son arrivée, le Premier Ministre congolais a eu des entretiens avec son homologue angolais, Paulo Kassoma. Des sources dignes de foi ont indiqué que les deux chefs de gouvernement sont tombés d'accord sur la nécessité de mettre en place une commission conjointe chargée de mener des enquêtes sur le conflit frontalier opposant les deux pays.
Cette annonce a été faite à la presse par le Premier Ministre angolais en personne. Côté congolais, Adolphe Muzito est allé dans le même sens : les deux pays, a indiqué le Premier Ministre, sont déterminés à mettre en place une grande commission conjointe chargée d'étudier les questions relatives à la démarcation de leurs frontières terrestres et maritimes.
On rappelle que ce développement survient après que le ministre congolais des Hydrocarbures, René Isekemanga, eut déclaré le mois dernier que la RDC souhaitait délimiter clairement sa frontière maritime avec l'Angola, deuxième grand producteur africain d'or noir. En 2007, la RDC avait estimé que sa production augmenterait considérablement après que l'Angola eut accepté en juillet de la même année d'établir une zone maritime d'intérêt commun et d'en partager les réserves.
Au mois de mars dernier, l'Angola a produit 1.6 millions de barils par jour contre 25.000 seulement pour la RDC.
Rappelons qu'un lourd contentieux frontalier oppose régulièrement, depuis quelques années, la RDC à son puissant voisin du sud. Il y a d'abord le litige sur le territoire de Kahemba, ensuite le dossier de la zone maritime d'intérêt commun. Récemment, l'occupation de quelques localités du territoire de Mbanza Ngungu, dans le Bas-Congo, par des éléments de l'armée angolaise avait suscité une vive émotion au sein de la population, obligeant le Premier Ministre Adolphe Muzito à faire personnellement le déplacement de cette partie du territoire national pour exiger le retrait des Angolais et promettre des discussions au niveau des gouvernements des deux pays.
Se sentant humiliés par l'activisme de leurs voisins du Sud, beaucoup de Congolais s'étaient posé la question de savoir pourquoi l'Angola ne s'était jamais permis de réclamer les pans du territoire congolais qu'elle convoite aujourd'hui du vivant du Maréchal Mobutu. Entre vrai contentieux territorial, opportunisme consécutif à l'affaiblissement historique de la RDC et facture du soutien militaire tout au long des années de rébellion post-Afdl, les spéculations n'ont toujours pas fini de faire des ravages dans les coeurs et les esprits.

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