Le Phare (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Plaidoyer pour la libération des enfants soldats

Radhika Coomaraswamy, Secrétaire Générale Adjointe et Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés, a clôturé son séjour par un point de presse, hier mardi 21 avril 2009 au Quartier général de la Mission des Nations Unies en RDC (Monuc).

En substance, faisant le bilan de son séjour de 8 jours en RDC, dont 4 passés à l'Est du pays, elle a remarqué que «les récents développements politiques majeurs offrent des opportunités pour la libération des enfants associés aux groupes armés».

Ainsi, depuis janvier 2009, 1.300 enfants ont été libérés au cours du processus d'intégration accéléré du CNDP (Congrès National pour la Défense du Peuple) et d'autres groupes armés dans les FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo).

A la suite de sa rencontre avec le ministre de la Défense, Charles Mwando Simba, elle a obtenu son accord pour que les représentants de la section de la Protection de l'Enfance de la Monuc et aussi d'autres agences onusiennes, notamment l'Unicef, soient présentes dans les sites d'intégration des FARDC, afin de vérifier la présence des enfants.

«La nouvelle armée congolaise ne peut pas se permettre d'avoir des enfants dans ses rangs, et le processus d'intégration est une opportunité unique pour les identifier et les libérer», a-t-elle insisté.

Quant au problème des violences sexuelles, elle a révélé que 48% des victimes sont des mineurs et que 67% des présumés responsables sont des hommes en uniforme. D'où, sa demande au Représentant spécial du Secrétaire général en RDC, Alan Doss, de plaider auprès du Président de la République, Joseph Kabila, pour la création d'un poste d'Envoyé spécial pour s'occuper de la lutte contre les violences sexuelles au sein de la Présidence.

Par ailleurs, elle a aussi indiqué que le ministère de l'Intérieur, avec le soutien de l'Unicef, va donner un entraînement spécial aux policiers concernant la lutte contre les violences sexuelles.

La Représentante spéciale a soulevé le problème de l'impunité qui « est une des priorités pour les populations civiles ». Dans ce sens, elle a reconnu le bon travail de l'auditorat militaire du Sud-Kivu mais noté qu'il y a encore beaucoup à faire pour en finir avec l'impunité.

Coomaraswamy a insisté sur le soutien dont doivent bénéficier les dépendants des militaires. Elle a suggéré ma création des casernes pour abriter ces familles et l'accès des enfants à l'éducation.

Les déplacés intéressent Coomaraswamy. Elle souligne qu'il faut inclure dans les programmes d'assistance des acteurs humanitaires l'éducation des enfants comme une des priorités. Elle a appelé de tous ses voeux l'émergence d'une armée moderne et professionnelle, sans enfants, et exhorté la communauté internationale à contribuer à la réintégration des enfants libérés des groupes armés.

En guise de conclusion, l'agent onusien a salué les nombreuses stratégies de lutte contre les violences sur les femmes et les mineures, mais stigmatisé le manque de volonté politique pour la concrétisation des projets sur terrain.


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