Kinshasa — Une chronique a fait état de la saisie des comptes de la Gecamines par la Direction des grandes entreprises de la DGI. Paul Fortin, administrateur délégué général de la Gecamines décrypte la question et propose la tenue d'une concertation ministère des Finances-Gecamines-DGI pour dénouer la crise.
Il y a quelques jours, la presse nationale a fait état de la saisie des comptes de la Générale des carrières et des mines (Gecamines) par la Direction des Grandes entreprises de la Direction générale des impôts (DGI). Cela pour des arriérés fiscaux évalués à près de 10 millions de dollars américains.
Réagissant à cette décision, Paul Fortin, administrateur délégué général de la Gecamines, a circonscrit les faits dans leur contexte. Pour lui, cette créance résulte d'arriérés fiscaux que la Gecamines a perçus pour le compte du Trésor public, mais qu'elle n'avait jamais remis à l'Etat à la suite de ses problèmes de trésorerie. Ces fonds ont donc été utilisés pour des impératifs de fonctionnement, quitte à les rembourser rapidement.
Si c'est un manquement que l'Adg de la Gecamines regrette, mais il estime que son entreprise mérite bien indulgence au regard des contributions significatives qu'elle a réussi à faire en faveur de l'Etat congolais. Surtout par le biais des partenariats chinois, la Gecamines contribue de façon significative au développement du pays.
Alléger le fardeau fiscal de la Gecamines
Paul Fortin explique l'attitude de la DGE de la Direction générale des impôts qui, a-t-il dit ne fait que son travail. «Je comprends la décision, la DGI a un travail à faire. Elle est régie par la loi et elle doit rendre compte au gouvernement. Il revient maintenant à ce gouvernement d'évaluer les palliatifs qui peuvent être apportés compte tenu des contributions significatives réalisées par la Gecamines en faveur du pays», a dit en substance Paul Fortin.
Mais de quelle manière entend-il résoudre le problème? L'ADG de la Générale des carrières et des mines propose que cette question soit débattue entre le ministère des Finances, le comité de gestion de la Gecamines et les dirigeants de la DGI. Ce, pour qu'un moratoire soit accordé à son entreprise et qu'on pense alléger son fardeau fiscal dans ce contexte de marasme économique. Ceci aurait l'avantage de hâter sa remise sur pied
«C'est un problème que je ne conçois pas dans une relation DGI-Gecamines, mais il doit se discuter au niveau des gouvernants qui ont le pouvoir de décision sur la DGI et la Gecamines pour décanter la situation».
A l'heure actuelle, la santé de la Gecamines reste encore précaire à cause de la crise qui a duré plusieurs mois, malgré la reprise des cours du cuivre observée depuis quelque temps sur le marché mondial. «La Gecamines n'est pas encore le fleuron de l'économie congolaise qu'elle était dans les années soixante-dix, il faudrait l'aider à reprendre ce statut par des considérations fiscales», a mentionné l'ADG Fortin.

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