Kinshasa — Avril 2009. La RDC peut s'estimer plutôt proche de la paix que de la guerre dans maintes provinces jadis troublées par des rébellions internes ainsi que des groupes armés, nationaux et étrangers.
Récent témoignage du ministre de la Coopération régionale: «le climat s'est globalement amélioré entre, d'une part, le gouvernement central et, d'autre part, les groupes ainsi que les mouvements armés nationaux, signataires de l'Acte d'engagement en date du 23 mars 2008 à Goma».
Il est attesté que les canons se sont tus et que des milliers de Congolais, autrefois jetés sur les routes de l'errance, à la recherche d'un asile, ont débuté le voyage de retour vers leurs villages d'origine. Quelque chose a donc bougé dans le sens positif.
Le gouvernement se félicite du fait que se poursuivent le processus de normalisation avec les groupes armés nationaux, ainsi que le processus de leur intégration. Et ce, reconnaît-il, «en dépit de quelques difficultés inhérentes à tout processus dans un pays post conflit».
Sûr de sa logique, Kinshasa rassure que «la machine est lancée et la démarche paraît irréversible». Le ministre de la Coopération régionale réaffirme que «nous progressons, conformément aux prévisions et au calendrier».
Sur le terrain, il y a un bémol. Les assurances du gouvernement sont relativisées par l'activisme des poches résiduelles d'insécurité dans la province Orientale, dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
La persistance de l'insécurité a des origines bien établies. Le gouvernement, la MONUC et les ONG pointent du doigt les mouvements rebelles étrangers, en particulier ougandais (LRA) et rwandais (FDLR). A eux s'ajoutent quelques trublions locaux qui tentent de troubler l'ordre public. Surtout en Ituri.
Chaque jour, les médias nationaux et étrangers ne cessent d'inonder lecteurs, auditeurs et téléspectateurs d'informations alarmantes sur ce qui se passe encore dans l'Est. Notamment: affrontements entre les Forces armées nationales de la RDC et les FDLR dans les Kivu. Représailles de ces derniers contre la population civile. Attaques des rebelles ougandais contre les populations de la province Orientale.
Enlèvements des autochtones, incendie de leurs maisons, pillage de leurs biens, viols, corvées au profit des rebelles étrangers, déplacements forcés des villageois, enrôlement des élèves dans des écoles, etc. Tel est le dramatique sort que continuent encore de subir des Congolais de l'Est.
Ils sont fort des millions de citoyens congolais qui vivent, malgré eux, la terreur des rebelles étrangers et de quelques récalcitrants locaux. Ils désirent plus que quiconque la présence d'un Etat qui les sécurise. En définitive, il revient au gouvernement de la République de stabiliser l'Est. Sans, en matière sécuritaire, se passer du concours des partenaires extérieurs fiables.

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