Le Potentiel (Kinshasa)

Congo-Kinshasa: Human Rights Watch : «Le Congo devrait engager des poursuites contre Ntaganda et Biyoyo»

Kinshasa — Le Conseil de sécurité de l'Onu tiendra à New York un débat sur les enfants et les conflits armés ce mercredi 29 avril 2009. A cette occasion, Human Rights Watch a demandé aux Nations unies «d'imposer des sanctions à l'encontre des gouvernements et des groupes armés qui utilisent des enfants soldats, commettent des violences sexuelles sur des enfants et d'encourager de réelles poursuites judiciaires contre les commandants responsables».

Le 22 avril, le Secrétaire général Ban Ki-moon a identifié 56 gouvernements et groupes armés de 14 pays qui violent les lois internationales interdisant le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats. Le Conseil de sécurité envisagerait l'adoption de sanctions contre les gouvernements et groupes armés qui refusent de mettre fin à leur utilisation d'enfants soldats. Parmi les forces gouvernementales mentionnées dans six rapports consécutifs du secrétaire général au Conseil de sécurité figurent celles de Birmanie, du Tchad et de la RDC.

HRW a attiré l'attention sur plusieurs cas de commandants militaires de la RDC et du Sri Lanka, qui sont bien connus pour leur utilisation d'enfants soldats mais occupent aujourd'hui des postes supérieurs au sein du gouvernement ou de l'armée.

Selon le rapport de HRW, Jean-Pierre Biyoyo a été nommé colonel au sein des FARDC bien qu'en mars 2006, un tribunal militaire l'eût reconnu coupable d'avoir recruté des enfants soldats alors qu'il dirigeait la milice «Mudundu 40». Il a été condamné à 5 ans de prison mais s'est évadé 3 mois plus tard, en juin 2006.

Bosco Ntaganda a été promu au grade de général en janvier alors qu'il faisait l'objet d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crime de guerre; à savoir l'enrôlement d'enfants soldats et leur utilisation dans le cadre d'hostilités. Outre les chefs d'accusation prononcés par la CPI, Ntaganda a été accusé d'avoir commandé les troupes qui ont massacré 150 civils à Kiwanja, dans le Nord-Kivu, en novembre 2008.

«Qu'un État nomme une personne connue pour recruter des enfants à un poste élevé dans la hiérarchie gouvernementale ou militaire est tout simplement scandaleux », a dénoncé Jo Becker, conseillère de la division Droits de l'enfant à Human Rights Watch qui a regretté que « les gouvernements devraient engager des poursuites pour crimes de guerre contre ces individus plutôt que de les récompenser. »

C'est pourquoi,HRW a appelé le Conseil de sécurité à imposer des sanctions, des embargos sur les armes, des interdictions frappant les déplacements à l'étranger et le gel d'avoirs, à l'encontre des personnes et parties qui ont persisté à recruter et à utiliser des enfants soldats en violation du droit international. HRW a aussi demandé que des poursuites judiciaires individuelles soient engagées à l'encontre des recruteurs d'enfants devant des tribunaux nationaux ou devant la CPI.


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