Mamadou Sarr
29 Avril 2009
A trois jours de la célébration de la fête internationale du travail du 1er mai, l'Organisation internationale du travail (Oit) a célébré, hier, son 90e anniversaire. Des responsables syndicaux, des membres du patronat ainsi que le directeur du bureau régional du travail à Dakar et le ministre de la Fonction publique, de l'Emploi, du Travail et des Organisations professionnelles ont pris la parole pour lancer un vibrant plaidoyer en faveur de l'aspiration des populations à un travail décent.
La question du travail décent est au coeur de la politique de l'Organisation internationale du travail (Oit) depuis 2008, date à laquelle cette campagne a été officiellement lancée. D'ailleurs, c'est sous le signe de l'atteinte de cet objectif qu'ont été célébrés, dans les 181 Etats membres de l'Oit, les 90 ans de cette organisme du système des Nations Unies qui a vu le jour au lendemain de la première guerre mondiale, à la suite de la signature du traité de Versailles en 1919. Le Sénégal qui abrite le Bureau régional pour le Sahel n'a pas été en reste. Pour marquer l'évènement, le bureau sous-régional de l'Oit à Dakar, en partenariat avec le ministère de la Fonction publique, de l'Emploi, du Travail et des Organisations professionnelles, a organisé une série de panels autour du thème : 'Dialogue social, facteur de paix sociale, de progrès social et de croissance'.
Venus prendre part à la cérémonie d'ouverture des travaux, les employeurs, les travailleurs, le directeur du Bureau sous-régional de l'Oit ainsi que le ministre de la Fonction publique, de l'Emploi, du Travail et des Organisations professionnelles ont lancé un vibrant plaidoyer en faveur de l'aspiration légitime des populations à un travail décent ainsi que du renforcement du dialogue social. Le directeur du bureau sous-régional de l'Oit à Dakar, François Murangira, est revenu d'abord et avant tout sur la portée de la célébration du 90e anniversaire de cette organisation onusienne tripartite, parce que regroupant les Etats, les travailleurs et le patronat du monde entier. Pour dire que c'est l'occasion de faire le bilan du passé de l'Oit, mais surtout de se tourner vers le futur avec les nombreux défis qui attendent dans les dix prochaines années menant au centenaire.
Le constat de François Murangira, c'est qu"au fil du temps, l'Oit s'est efforcée d'être la conscience sociale du monde'. Raison pour laquelle, en 1960, elle a reçu le prix Nobel de la paix. Mais malgré les belles réalisations, 'l'accès au droit à l'emploi, à la protection sociale et au dialogue social demeure limité', souligne le directeur du bureau régional à Dakar. Evoquant le contexte de la célébration marquée par une crise financière mondiale qui risque d'anéantir tous les efforts réalisés pour faire reculer la pauvreté, le directeur sous-régional de l'Oit a estimé que la priorité doit être accordée à la lutte contre la misère pour plus de justice sociale. Ce qui passe, à ses yeux, par la promotion de l'emploi décent productif dans des conditions de liberté, d'équité, de sécurité et de dignité. 'Dans l'avenir, l'Oit s'engage à ce que la norme ne puisse plus être un travail dur, dangereux et difficile, mais un travail salubre, sûr et satisfaisant', promet-il.
Des propos qui ont trouvé un écho favorable chez le ministre d'Etat, ministre de la Fonction publique, de l'Emploi, du Travail et des Organisations professionnelles. Innocence Ntap Ndiaye a dit l'adhésion du Sénégal à cette campagne de l'Oit pour la promotion du travail décent, tout en notant que c'est un idéal que l'on cherche à atteindre. 'Notre pays est adepte des principes fondamentaux de l'Oit', assure le ministre. Parlant de l'autre thème de la journée, c'est-à-dire le dialogue social, le ministre d'Etat, ministre de la Fonction, a marqué tout l'intérêt que le gouvernement accorde à cette question.
Même son de cloche entendu chez le représentant du Conseil national du patronat (Cnp), Abdou Diagne. ce dernier est revenu sur l'utilité de l'entreprise comme moteur de la croissance. 'La survie de l'entreprise dépend de son efficacité. Or c'est dans un contexte de concurrence loyale et déloyale que se débattent nos entreprises. L'heure est à la mobilisation pour trouver des solutions au chômage', dit-il.
Pour sa part Cheikh Diop de la Cnts/Fc qui a parlé au nom des travailleurs, a estimé que le dialogue social bien encadré est à même de permettre au Sénégal de s'intégrer dans la mondialisation. Mais pour ce faire, dit-il, 'le dialogue social doit prendre en compte les engagements de tous pour une répartition équitable des fruits de la croissance'.
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